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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 08:00

dc-affiche-1.jpgStephen King est un auteur prolixe, il n’y a pas de doute. Nombre de ses œuvres ont adaptées au cinéma et à la télévision pour le meilleur (Un élève doué, Stand by me, La ligne verte, La tempête du siècle….) et pour le pire (Maximum overdrive réalisé par l’auteur lui même, Shinning (je vous laisse le plaisir de trouver de quelle version je veux parler), La part des ténèbres, Firestarter, Les Tommyknokers, Il est revenu (sacrilège pour celui là !)…)

Dolores Claibornes appartient au palmarès des meilleures adaptations. Le secret en est simple. Une histoire bétonnée d’acier pour commencer : King est passé maître dans l’art de rapporter les situations au quotidien et de les démanteler en y insérant un élément perturbateur qui remet en question l’équilibre même des personnages (Cujo, Un élève doué, Rose madder, La part des ténèbres….) voire d’une ville entière , comme c’est le cas de Castlerock dans Le Bazaar de l’épouvante (adaptée sous forme d’une série B d’excellente facture avec un diable charismatique joué par le fantastique Max von Sidow , ce qui reste amusant puisqu’il a interprété il y a un bon moment déjà le Christ dans La plus grande histoire jamais contée).

Dolores Claibornes, pour ceux qui n’auraient pas lu la version papier possède même une petite particularité qu’on ne retrouve qua dans un autre ouvrage intitulé Jessie (ou comment une partie de jambes en l’air peut mal tourner…) puisque les deux personnages principaux, des femmes pouvant être qualifiées de malheureuses, se rencontrent (je ne dirais pas comment) au détour d’une éclipse de Lune.
Pour en revenir au scénario, pour une fois, le malaise n’est pas du à la présence de démons psychopathes (Salem’s Lot) (les gentils démons existent, regardez Buffy, Angel et toutes ces séries où les tueurs les plus redoutables peuvent devenir d’exécrables matous en quête de guérison puis de rédemption → VV Spike ! ) ou bien encore à l’invasion d’extraterrestres (Les Tommyknokers que je vous conseille de lire à défaut d’en voir l’adaptation), tout l’ingéniosité de King s’est concentrée sur l’éclatement d’une famille et les pulsions meurtrières (mais ô combien compréhensibles) d’une femme épuisée et dont l’origine remonte à la petite enfance de la fille de Dolores. Pour éviter d’éventuels spoilers, je m’abstiendrais d’en dire plus.

La deuxième raison réside dans le casting. Kathy Bates, bien connue des fans de Six Feet Under est possédée par le rôle. Rappelons pour mémoire que ce petit bout de femme a reçu l’oscar pour sa prestation dans Misery, issu du même cerveau torturé dont nous ne cessons de parler depuis 5 bonnes minutes. Que ce soit pour la version jeunesse ou la version désabusée, elle reste magistrale de conviction et de crédibilité, portant sur elle seule la responsabilité d’accrocher ou non le public.
Inutile de s’appesantir sur le jeu de J.J. Leigh, il est égal à lui-même, comme à l’accoutumée. Pour faire un dc-2.jpgparallèle avec Existenz, elle se contente de donner le minimum syndical en enfilant les cigarettes avec la même expression convaincue qu’une huître face au danger que représenterait un tigre du bengale blessé à la patte et venant de se casser deux canines . Aucune en somme.
Plummer, quant à lui, est impeccable et donne ce qu’il faut. On est grand ou on n’est rien.
Mention spéciale à l’actrice qui a su rendre à la fois insupportable et attachant (jusqu’à la pitié) le patron de Dolores.
Pour terminer, le père de famille, dans son genre, est loin de rester en arrière plan, bien au contraire.
Bien que certains éléments du livre aient été abrogés pour des raisons de fluidité narrative , il en reste un arrière goût de victoire qui ne dénature en rien, bien au contraire l’élan de complicité meurtrière résultant de ce double destin de femmes brisées.
Dolores Claibornes montre aussi que l’on peut toucher la corde sensible (et bien d’autres au passage) sans avoir recours à des destructeurs de planètes ou à des effets pyrotechnique aussi voyants qu’inutile.

 

Dolores Claiborne

 

1995– Warner / Columbia 

Réalisateur : Taylor Hackford

Acteurs : Christopher Plummer, Kathy Bates ....
Genre : Drame

Disponible en dvd simple

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Published by Ivenpast - dans Ciné Express
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