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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 10:28

http://images.allocine.fr/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/63/70/82/18991380.jpgAu service secret de sa Majesté est un Bond exceptionnel à plus d’un titre. Bond de transition, de retour aux sources, de redéfinition du personnage et de la licence, on ne saurait ici faire le tour des avantages indéniables de cette adaptation.


Sean Connery a donc décidé de prendre son envol (avant deux retours plus ou moins réussis avec Les diamants sont éternels et le non officiel Jamais plus Jamais) laissant de fait le poste de 007 vacant. Lazemby prend donc la relève et impose son style, inspiré bien évidemment de Connery (comment pouvait il faire autrement) mais aussi d’une arrogance nonchalante qui sied délicieusement au personnage. L’introduction de Connery dans Dr No était emprunte de classe et de fatalisme (votre nom ? Bond. James Bond. Cigarette au bec et un œil à la fois sur le tapis de jeu et sur l’environnement proche), celle de Lazemby est tout aussi marquante. Un plan sur la voiture de Bond, un plan tout en clair obscur sur un étui à cigarette et un menton volontaire et une caméra suivant le moindre de ses mouvements jusqu’au sauvetage de Diana Rigg (magistrale, nous y reviendrons) sur la plage. Les présentations sont faites, le ton est donné et sans répit s’enchaîne une série d’actions brillamment mises en valeur sur fond maritime. Le nouveau Bond est nerveux, très nerveux et redoutablement efficace. Moins de joutes verbales post victoires (dommage) et plus de mordant et de réactivité, nonobstant la fameuse phrase réintégrée quand Rigg s’enfuit au volant de sa voiture : ce n’est jamais arrivé à l’autre type !


Cette phrase clin d’œil au spectateur et à priori anodine a d’ailleurs été source de nombreuses controverses permettant d’expliquer l’aspect toujours bondissant de Bond face au staff vieillissant du Mi-6 (Money Penny, Q et M). L’une d’entre elle proposait que le nom de James Bond soit tout simplement un code, comme le sigle 007, et qu’il échouait au nouveau tenant du titre. Cette thèse intéressante (et crédibilisée par le fait que Blofeld ne reconnaisse pas Bond au premier abord) est bien évidemment balayée par la suite des aventures l’espion via de multiples références à son mariage (le « avez-vous déjà été marié, M Bond » de Sophie Marceau entre autre).


Le générique s'en suit donc et pour la première fois s'ouvre sur la suite logique de l'action de http://images.allocine.fr/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/63/70/82/18991382.jpg007. Astucieux générique, soit dit en passant, qui,voulant rassurer le spectateur potentiel effectue un intelligent rappel des missions précédentes se déroulant … dans un sablier. Le temps passe, certes mais 007 est toujours là. On notera également une chanson attitrée mémorable et dont l’air marque autant les esprits que celui de Golfinger (The man with the goooooooolden guuuuuuuuuun , tatata !)

Ce Bond est une pépite en soi, parsemée de moments clefs et mémorables. En un seul épisode, Bond pose sa démission, affronte son pire ennemi (Blofeld étant le seul bad guy récurrent de la franchise), effectue sa demande en mariage et se retrouve veuf , le tout en réussissant à sauver le monde la première attaque bio-terroriste de l'histoire du cinéma.


Les nombreuses scènes de course poursuite, qu’elles soient sur skis ou en voiture sont également remarquables (bien que parfois un peu fouillis, force est de le reconnaître) et se terminent toujours pour mieux repartir sur l’action après un interlude qui se révèle dramatique (Diana Rigg retirée de l’avalanche par les sbires de Blofeld) ou romantique et reposant (Bond et Tracy dans la remise et la demande en mariage, moment unique témoignant de l’amour véritable et pas seulement lycéen de Bond pour cette femme hors du commun, en écho avec le refus de la dot à la fin du film et l’anéantissement de Lazemby lors de la mort de son équivalent, dans la voiture).


Diana Rigg, justement, représente elle aussi un virage à 180° (transition facile, désolé) en incarnant pour la première fois à l’écran (pour la saga 007) une femme qui ne peut prétendre au statut de James Bond Girl (JBG). C’est totalement impossible. En effet, la JBG de base est jolie, tombe dans les bras de Bond et sert à faire avancer l’intrigue. Parfois, elle est au cœur même de machinations qui conduiront notre sémillant héros dans des situations à l’apparence inextricables.

 

http://images.allocine.fr/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/63/70/82/18991385.jpgDiana Rigg répond bien sûr à ces critères, cahier des charges oblige car si elle est magnifique, si elle couche avec Bond, si elle permet au film de démarrer et de se débarrasser du « traumatisme-Connery-l’est-parti » et si elle est ùmalgré elle l’enjeu d’un million de livres, elle dépasse sa condition première et s’élève au dessus de la smala venue se faire soigner d’allergies aussi exotiques que celle du poulet. Tracy est la fille d’un ponte de la criminalité organisée, ce qui lui confère des origines antagonistes avec le travail de Bond. Mais en plus, et c’est là que réside sa force, elle est entièrement autonome et vit sa vie comme elle l’entend. Enfin, elle est remarquablement intelligente (l’échange de propos avec Blofeld) , douée d’une grande force morale et toujours prompte à mettre sa vie en jeu pour et au côté de celui qu’elle aime (pas comme une péronelle, s’entend, les sentiments liants Bond à Tracy sont complémentaires et plus profonds, magnifiés par la relation amicale évidente existant entre les deux acteurs).

 

On notera qu’elle est aussi polyvalente, gardant son sang froid que ce soit sur des skis , en fuyant des hommes armés et une avalanche ou au volant (une femme au volant et sauvant la vie de Bond en 1969 et le tout dans une course de stock car ! Imaginez un peu !). Enfin, Diana Rigg réussit l’exploit (unique) de passer la corde au cou de Bond mais pour un bonheur malheureusement éphémère.


Ce passage nous donnera les quelques minutes les plus dures à voir et à supporter de toute la saga cinématographique de Bond. Ces quelques images possèdent une telle puissance d’émotion et provoque une empathie si forte pour le perso de Bond, notamment quand celui-ci l’embrasse et lui prend la main que le spectateur qui avait relâché sa vigilance au moment du mariage, suite à l’excellent affrontement entre Blofeld et Lazemby en Bobsleigh reste sonné et en larmes à l’annonce du générique final, avec ce plan lourd de sens sur le pare brisé troué d’une balle.

 

Un moment fort de cinéma.

 

 

 

 

007 - Au service secret de sa Majesté (007 : On her  Majesty's secret service)

 

1969/MGM

Un film de Peter Hunt

Avec Goerges Lazemby, Diana Rigg....

Espionnage

 

Dispo en dvd

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Published by Ivenpast - dans Ciné Micro
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