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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 08:00

affiche.jpgAvec « Bons baisers de Russie », l’action est à son comble ! Voilà ce que nous promet la jaquette de cette seconde aventure de James Bond au cinéma. Le succès du premier opus a été méritoire et appelait donc une suite, ce qui ne se démentira pas pendant les 20 années à venir (Goldfinger était d’ores et déjà en chantier alors que ce From Russia with love venait à peine d’entamer sa phase d’exploitation, dixit le fameux message de générique de fin : Bond Reviendra dans une nouvelle aventure : Goldfinger. Recette marketing efficace s’il en est puisque permettant de doper à l’avance les ventes du roman éponyme).

Mais Bond doit prolonger le plaisir et qui dit suite dit surenchère. Les moyens tout d’abord sont beaucoup plus important. Dr No (qui est astucieusement cité dans le film , permettant d’établir un pont plaisant entre les deux épisodes) possédait pour lui une unité de lieu géographique dans la Jamaïque et sincèrement, à part quelques plans sur la lagune, le labo de Dr No (100 000 $ à l’époque pour un seul plateau ! Fallait il que Cubby Broccoli et son acolyte croit dans le projet) et l’hôtel restaurant sont les seuls décors dans lesquels évolue Bond (les bureaux de M et de Money Penny ne sont pas pris en compte dans cet inventaire, puisqu’ils seront amortis largement dans les films suivants).

Bons baisers de Russie place donc la barre plus haut. Londres, Istanbul, le camp de bohémiens, le château où Bond meurt dans l’introduction, les fondations de Constantin, La grande Mosquée, le train, Zagreb et j’en passe… Bond pose les jalons du film d’espionnage qui doit fatalement rimer avec voyage (même partiel) autour du monde. Dépaysement garanti pour le spectateur.
Le traitement de l’action est effectivement plus nerveux à l’écran … pour peu qu’elle soit lisible ! Mise à part l’introduction et le camp gitan, il faut attendre la dernière partie du film pour avoir son quota d’adrénaline via le train et la course de bateau. Evidemment, la pyrotechnie et les scènes exiguës servent à merveille la trame du récit et donnent de l’envergure à 007. La scène où celui-ci se retrouve à genoux devant l’agent du spectre est en soi remarquable car sans aucun effet, si ce n’est celui du jeu d’acteur et de la mise en scène, le suspense parvient à être entretenu sans aucune faille.

Le Spectre justement… Ce deuxième épisode en pose les fondations réelles. A peine évoqué dans Dr No, on peut ici bbr1se rendre compte que l’organisation criminelle n’a rien à envier au MI6 : quartier général, camp d’entraînement, agents surentraînés (et sélectionnés dans le caviar de ce que proposait alors la guerre froide : anciens chefs de sections dans le kgb et consort) , armes de tout calibre, le tout orchestré de main de maître par n°1. Parallèle d’ailleurs intéressant avec les codifications mêmes des agents britanniques. Plus manichéen, on ne trouve pas.

N°1 justement est astucieusement présenté. Dans Dr No, le Spectre était simplement évoqué. Dans Bons baisers de Russie, il est présenté dans son contexte physique, mais pas via son chef suprême dont on ne peut voir que les cheveux, le chat et la bague. Mise en abîme intéressante quand on y réfléchit avec la présentation même de Bond dans le film précédent, établie de la même manière (les cartes remplaçant évidemment le chat). La Franchise a trouvé son good guy et en a établi le portrait dans le 1er opus, elle assume son bad guy et distille quelques infos intéressantes à son sujet dans le 2nd. Le spectateur en sera du moins pour ses frais quand à l’identité propre de n°1 avec Goldfinger, le spectre n’apparaissant pas dans l’épisode 3. Ce Bons baisers de Russie est également novateur, car il est le premier à proposer une séquence d’ouverture calée entre le barrel logo et le générique. Pour les néophytes qui découvrent la saga à l’époque, le coup de bluff , même s’il ne dure que quelques secondes, devait être sensationnel avec cette mort orchestrée de Bond. Peut être pas aussi traumatisant que la mort de Spock dans l’opus des aventures ciné de l’Enterprise (je sais, il faut que je case des hommes en collants ou du Starfleet dans tout ce que j’écris… on est geek ou on ne l’est pas !) mais, la mise en scène était sacrément osée. Pour peu que cette bande ait pu se trouver dans les mains des journalistes à l’époque et cela aurait été un sacré coup de pub. Mais arrêtons la les extrapolations.

J’encense ce Bond mais celui-ci possède de nombreux défauts. L’intrigue en est le principal défaut. Si la dernière heure du film vaut vraiment son pesant d’or avec retournements de situation et actions savamment dosés, la première heure est quand à elle littéralement assommante. Bond n’apparaît qu’au bout de 20mn de film (!) et ce n’est pas franchement bien étudié. Autant, attendre 1h40 pour voir apparaître le Dr No dans son entier pouvait se justifier, afin de témoigner de son emprise sur le secteur et de la peur qu’il inspirait, autant là … cela reste discutable.

bbr5D’aucuns diront que ce délai est nécessaire pour mettre ne place les ressorts du scénario… je leur répondrai que cette première partie est constituée d’éléments n’ayant en apparence aucun lien entre eux. On passe du camp du Spectre au Mi6, en revenant sur la James Bond Girl de service puis sur un tournoi d’échec à priori juste là pour nous prouver que n°5 est quelqu’un de rusé et d’intelligent (la belle affaire, sinon, il n’aurait même pas de n° !). On passe ensuite sur Bond aux prises avec une jolie brune (qu’on en revoit plus) puis direction Istanbul et le camp de Gitans. L’action débute enfin ! Marrant de préciser au passage que sur toutes ces balles perdues, pas une seule n’atteint un cheval ni un âne…..

La seule chose qui permette réellement de s’accrocher reste alors la présence en arrière plan de l’équivalent Spectre de Bond, prototype même de l’aryen efficace et froid… ce qui rend d’autant plus appréciable sa prestation quand il se fait passer pour un agent du MI6 et qu’il se met à parler un anglais impeccable ! Mais à ce moment là, le film est déjà sur les rails (si je puis dire).

Au final, Bond finit avec la fille, les méchants sont tués (mention spéciale à Tania, qui confrontée à son supérieur agit en faveur de Bond, ce qui marque son passage définitif à l’Ouest (la morale est sauve) le tout en se débarrassant de l’infâme agent ayant abusé d’elle (dans tous les sens du terme : caresses, films enregistré, pression…. Belle ambiguïté) et le Mi6 a obtenu ce qu’il voulait.


Un bon cru donc, mais pas l’un des meilleurs, plutôt un brouillon du chef d’œuvre à venir : Goldfinger.
NB : et le Spectre dans tout ça, qui a-t-il pu punir de l’échec de n° 3 ?

 

 

 

Bons baisers de Russie (From Russia with Love )  

 

1963 – MGM / United Artists  

Réalisateur : Terence Young 

Acteurs : Sean Connery, Daniela Bianchi....
Genre : Espionnage

Disponible en dvd simple, collector, coffret, Bluray....

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Published by Ivenpast - dans Ciné Micro
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