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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 08:00

affiche.jpgLes James Bond, avant de devenir de ravageuses machines de guerre écrasant tous les autres films sur leur passage (ce truc marchant particulièrement bien depuis l’ère Brosnan, même pour le désespérant Le Monde ne suffit pas où seule la scène d’introduction parvient à vous tenir un tantinet en haleine par son audace et sa fluidité) restent pour moi de petites sucreries mi-acides (Connery et Lazemby, sublimes) mi-amères (les désastreux Moore où paradoxalement, plus Bond a de rides, mieux c’est. CF Dangereusement vôtre). Je ne ferai peur à personne en omettant volontairement de parler de Dalton, méchant Nazi échappé du sympathique et mésestime Rocketeer (il ne volait pas bien haut (blague minable mais impossible à éviter) tout en restant une série B honorable (ou comment sauver les alliés et Howard Hugues avec un chewing-gum !).

Si Dr No permettait de poser avec brio (dans un mélange kitch d’érotisme, de science fiction et d’espionnage) les bases de ce qui allait être l’une des franchises les plus juteuses du cinéma contemporain, si Bons baisers de Russie nous confortait dans notre impression de classitude, Goldfinger a atteint des sommets jusqu’à maintenant pillé et copié mais heureusement (ou malheureusement ?) Jamais plus Jamais égalé (dans ce dernier une volonté de bien faire indéniable face au palot et parfois incompréhensible Octopussy sans pour autant emporter l’adhésion ou une préférence pour l’un ou l’autre des partis de ce que fut cette mémorable guerre des Bond (voir les Starfix et autre Première de l’époque).

Les deux précédents volumes ne semblaient alors être là que pour nous faire rencontrer Bond et son staff (attention, 4les films en eux-mêmes sont plus que bon, y a pas photo … quoique Andress sortant de l’eau en bikini avait quand même plus de charme que la Berry dans sa pâle imitation des années 2000) afin de pouvoir se caler dans un fauteuil confortable (vu la qualité du métrage, même un fauteuil de plage sans ressort aurait été bien) et d’apprécier LE Bond de la saga.

Dominé par un réalisateur attitré ici plus qu’en forme, par un Connery au sommet de son art et avec l’utilisation d’un des méchants les plus réussis et les plus mégalo des 22(-1) opus, reprenant fidèlement l’ouvrage de Flemming (j’ai pu mettre la main sur une édition d’époque, odeur de moisi comprise et je ne vous raconte pas le pied de lire ce petit trésor juste après le film, histoire de compléter l’ensemble) et justifiant plus que de raison le Ian Fleming’s Goldfinger de la jaquette ; ce Bond est à lui tout seul une quintessence de tout ce qu’on trouvera par la suite pour le genre sus nommé : compte à rebours s’arrêtant à la dernière seconde (astucieusement refilmé pour donner le 0 :07), utilisation de personnage à contre courant de l’image véhiculée (la grand-mère à la mitraillette), confrontation des protagonistes sans fioritures mais réussissant non seulement à captiver tout en faisant avancer l’histoire (la partie de golfe, la poursuite en voiture…), l’Austin Martin la plus réussie de Q , alliant classe (je ne me lasse pas ici d’utiliser ce qualificatif) et allure racée, des cliffhanger magistraux (Bond harnaché sous la puissance malsaine d’un laser bien en avance sur son temps, entre autre) et des femmes sublimes (les sœurs Masterson en tête ) et vénéneuses (Pussy Galore).

3Les gadgets indispensables à Bond (et tellement préjudiciables à la crédibilité de Papy Moore) sont ici judicieusement agencés et ne nuisent en rien aux actions de Connery. Enfin n’oublions pas l’aide de camp de Goldfinger qui marquera de son chapeau les annales de l’espionnage commercial (jusqu’à le retrouver dans le sous estimé Last Action Hero, comme quoi, quand on tient le meilleur, on le réutilise jusqu’à plus soif).

L’enjeu lui-même reste complètement fou (à savoir, faire la visite de Fort Knox comme propriétaire et vider l’ensemble des lieux en toute tranquillité puisque l’armée et les alentours doivent pendant ce temps compter les moutons) comparé à d’autres épisodes (Vivre et laisser mourir, Octopussy, Moonraker (là c’est plus des sommets de bêtises que l’on atteint, c’est encore au-delà !).

Je crois bien que pour la première fois, je m’en tiendrai là sans trouver de bémol ou de petits problèmes à redire. Magistral et indispensable (s’il vous faut vendre tous les Moore pour avoir celui là, faut pas hésiter mon gars !).

Goldfinger, c’est le bonheur à l’état pur pour fan de bons films bien foutus et de James Bond. Le seul qui parvient à se hisser à un niveau similaire serait celui qui représenta le plus gros échec commercial de la marque, Au service secret 5de sa majesté, peut être à cause de l’acteur principal (bon, c’est pas un maître étalon niveau jeu d’acteur, mais il s’en sort tout de même mieux que les deux suivants, Brosnan à part puisque les enjeux de ses Bond ne sont plus les mêmes que les précédents, contexte technologique et géopolitique évoluant) ou plus implicitement par le simple fait que les spectateurs n’aiment pas voir leurs héros en position de faiblesse quand le clap de fin retentit (même remarque d’ailleurs pour La rose et la flèche , toujours avec Connery). Tuer les héros ou leurs proches sans possibilité de résurrection ou de vengeance, ça ne fait pas beaucoup recette. Ce Bond ci nous offre pourtant l’aspect le plus humain de son héros et ses douleurs les plus profondes.

Preuve que cela n’a guère plu dans les hautes sphères, la pauvre Diana Rigg n’étant plus abordée que par quelques allusions dans les numéros suivant.

Pour finir, vive Goldfinger, l’acmé de la franchise avant que celle-ci ne se transforme en banal produit de consommation courante.

 

 

 

Goldfinger

 

1964 - MGM / United Artists

Réalisateur : Guy Hamilton

Acteurs : Sean Connery, Gert fröbe....

Genre : Espionnage

 

Disponible en dvd, coffrets, dvd collector, bluray....

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Published by Ivenpast - dans Ciné Micro
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