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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 05:33

afficheClint est accroché au Western comme les super héros au spandex. Il a commencé sa carrière par un show TV du nom de Rawhide (qui arrivait à point nommé après de multiples apparitions dans des nanars d’Universal) possédant son lot de canassons et de vieilles pétoires, ce qui lui permit de taper dans l’œil de Sergio Léone pour ensuite se faire connaître sur la scène internationale dans la trilogie de l’homme sans nom (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le bon, la brute et le truand).


S’en suivra un petit bonhomme de chemin marqué par d’autres productions du même genre avec plus (l’homme des Hautes plaines , Josey Wales hors la loi, Pale rider…) ou moins (le soporifique Joe Kidd) de bonheur.


On passera sur la série des Harry pour noter tout de même un ultime clin d’œil au genre avec le mésestimé Bronco Billy, bluette agréable et pleine d’humanité et de bon sentiments qui alterna à l’époque avec le bruyant Firefox (un moyen de se ressourcer en somme).


Jusque là, pas de problème, à part avec Honkytonk Man (les ricains ont vraiment de la merde dans les yeux, c’est pas peu dire), Clint a réussi tous ses paris, jusqu’à marcher au box office avec deux films ayant un singe pour partenaire (Ca va cogner et Doux, dur et dingue). C’est donc que le Eastwood dégage quelque chose quand même !


Arrive alors Unforgiven dont le titre original reste tout de même plus explicite que sa traduction française (décidément, l’hexagone se conforte dans sa bêtise, puisque nous ayant déjà massacré la fin de l’Homme des Hautes plaines). Ce film est parfait , maîtrisé de bout en bout et scénaristiquement inattaquable.


On commence le film sur une petite maison perdue avec enclos et arbre à tombe tandis qu’un petit texte nous explique ce qu’il en est. Et arrive l’homme sans nom des débuts mais ici fatigué et buriné au possible avec des mioches (adorables, c’est sûr… pas un ado des années 2000 en tout cas). Le personnage a réussi l’exploit de se caser, de s’humaniser, de s’intégrer à la société en élevant cahin-caha ses cochons et en se ripant les rouages de survie élémentaire au nom d’une renonciation à la violence.

 

Et il s’appelle Bill Munny.

 

3On passe ensuite à un bordel d’une ville voisine (pas tant que ça si on regarde le temps qu’il a fallu à nos vieux cowboys pour la rejoindre, ce qui me permet de dire que le tracas de la vieillesse bouffant son héros date de cette période, puisque suivront dans le désordre Space Cowboys, Créance de sang, Million Dollar Baby, Les pleins pouvoirs, Dans la ligne de mire…) ou une partie de jambes en l’air finit façon Elm Street au détriment des plus démunies que sont les prostituées.


Mais les gazelles de l’Ouest, véritable petite communauté solidaire, fomentent leur vengeance et déposent une prime de 1000$ sur la tête de nos juvéniles bandits. S’en suit le retour de vieilles alliances mais aussi de course à l’argent pour cette dernière, nous offrant l’un des meilleurs finals de western de l’histoire du cinéma.
Voilà pour ce qui est de l’histoire (vision réductrice pour cette masterpiece mais suffisante pour vouloir voir de quoi il s’agit).


Au-delà de l’histoire, d’une complexité plus sous entendue qu’il n’y paraît (le tout ne se résumant tout de même pas à je me suis casé mais un sordide fait divers va faire ressurgir la bête en moi), Eastwood possède des pions imparables.
Le casting, d’abord, véritable monument dont devraient s’inspirer les Sodderberg et consort. Pour obtenir un bon film, il ne suffit pas de réunir des stars du moment, aussi faut il qu’elle possèdent un réel talent (Tarantino l’a bien compris, qu’il s’agisse de réunir des gueules avec Reservoir Dogs ou un cast de vedettes internationales comme avec Kill Bill ou bien encore des vieux de la veille avec Pulp Fiction ou Jacky Brown). Ici, Eastwood y parvient sans peine, mettant en place une collaboration qui ne se démentira pas avec les années qu’il s’agisse de Freeman ou d’Hackman.


Tous ces acteurs sont étonnants, de véritables exemples pour la génération d’aujourd’hui et qui réussissent l’exploit de 2paraître crédibles et convaincants sur cet exercice de style (on ne peut que repenser au ridicule jeu d’acteur de DiCaprio ou de Sharon Stone dans Mort ou vif car même une parodie se doit de respecter ses références, n’est pas Leslie Nielsen qui veut.), démontrant tous les côtés obscurs du personnage d’Eastwood.


Freeman maîtrise son rôle parfaitement dans un Far West peu ouvert à l’acceptation raciale. Parfait pendant d’Eastwood, puisqu’ayant eu un passé similaire mais refusant de remettre en cause sa rédemption pour une sombre histoire de vengeance. Tout ce que Munny aspirait à être et qu’il va balayer d’un trait quand cet aspect positif de sa personnalité sera anéanti par ce qu’il déteste le plus.


Harris, mémorable Dumbledore en puissance (Gambon s’en sort bien aussi, mais je le préfère largement dans Layer Cake) propose un Munny perverti mais fallacieux, se bâtissant un personnage de fiction et provocateur en diable avec ses pulsions royalistes. Ce chasseur de prime est joué tout en finesse et on souffre de le voir maltraité par Hackman, car malgré ses défauts, il restait au demeurant rafraîchissant et sympathique.


Hackman, incroyable shérif de cette ville de fous, représente le Munny dans sa splendeur. Lui aussi aspire à une vie normale, construisant sa maison et s’amusant des déboires de ses concitoyennes mais a conservé toute la perversité et la barbarie de l’homme sans nom, en la multipliant à la puissance 100. L’aspect le plus redoutable donc, car une fois aculé ou simplement pour se défouler, il est prêt à massacrer (Harris) ou à tuer (Freeman).


L’apprenti assassin quant à lui renvoie à un Munny débutant et idéaliste, le tout étant bien sûr d’avoir les tripes d’assumer ce genre de job, ce dont se révèlera bien incapable le gosse en question, nous offrant la meilleure scène du film, quand Eastwood et lui discute du meurtre des toilettes (Prendre une vie, c’est prendre tout ce qui va avec, le passé, le présent et le futur).


1Eastwood est la cerise de tout cela, puisque condensé de tous les Munny qu’il retrouvera tout au long du film, qu’il soit fidèle à ses nouvelles convictions (touchante scène où il s’entraîne au revolver ou lorsqu’il monte à cheval sur sa rossinante), où qu’il renoue avec ses anciens démons (quand il exécute Hackman désarmé et qu’il menace de détruire la ville , ses habitants et leur famille à la fin du métrage).


Le talent d’Eastwood n’est plus à démontrer quand il s’agit de manier la caméra. Qu’il s’agisse de nous faire cavaler à ses côtés dans de vastes paysages, de nous faire partager les problèmes de l’âge et de la prise de conscience de Freeman dans le guet-apens, de nous montrer la simplicité non assumée des ses persos à travers des prises de vues bucoliques ou bien encore quand le temps et le climat s’adaptent aux humeurs et à la mentalité de son héros crépusculaire (Début du film à l’aube, fin du film de nuit sous l’orage puis retour aux sources mais à la tombée de la nuit).


La musique joue aussi son rôle et le vieil Harry y a d’ailleurs apposé sa patte pour celle du début au moins. Sachant être simple, parfois discrète, elle reste efficace de bout en bout. Aucune critique à faire. Rien à redire. Tout y est. Drame, humour, destinée, cruauté et rédemption.


Un chef d’œuvre incontournable.

 

 

 

 

Impitoyable (Unforgiven)

 

1992 - Warner Bros

Réalisateur : Clint Eatswood

Acteurs : Clint Eastwood, Morgan Freeman, Gene Hackman....

genre : Western Crépusculaire

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Published by Ivenpast - dans Ciné Micro
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