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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 01:34

http://oblikon.net/wp-content/uploads/espion_qui_m_aimait_affiche.jpgRoger Moore revient donc une nouvelle fois dans le rôle de Bond. Dans cette période de détente inter blocs, d'exploration spatiale (ou comment amorcer tranquillement Moonraker dans quelques temps) et de libération de la femme, 007 a t il encore sa place avec une Angleterre à l'égo hypertrophié, désireuse de se poser, une fois encore devant les Etats-Unis, comme juge et jury au niveau mondial ? Bond saura-t-il s'adapter ou restera-t-il un objet poussiéreux, encore trop ancré dans les valeurs passéistes des années 60 ?


Autant le dire de suite, cet " Espion qui m'aimait " est un excellent opus en regard de la catastrophe de " Vivre et laisser mourir " et se hisse sans peine au niveau d'Opération Tonnerre. Ici s'arrêtera la comparaison avec l'ère Connery , raisonnablement révolue. Le début du métrage donne en cela le ton, et ce dès l'apparition du fameux Barrel logo, via une réorchestration du célèbre thème beaucoup plus rapide et nerveux qu'auparavant. L'action commence aussitôt, sous l'égide de Lewis Guilbert (suite à la défection plus que bienheureuse d'Hamilton qui a toujours couru, à mon sens, après sa réussite artistique des premiers opus) via un clin d'œil à peine discret au scénario qu'il a précédemment mis en image.


Dans On ne vit que deux fois , le film s'ouvrait sur la captation d'une capsule spatiale par un énorme astronef , le bloc lésé étant tantôt russe, tantôt américain. Ici, rebelote, via cette fois deux sous marins nucléaires. La comparaison aurait pu se poursuivre avec un affrontement basique entre coco et capitalistes. Et c'est là que l'espion qui m'aimait innove totalement en démontrant que Bond est le parfait reflet de son époque, puisque cette fois, Angleterre et URSS vont collaborer, ralliant à leur mission les Etats Unis en cours de route, mais nous y reviendrons.


Suite à cette disparition de sous marins, ce qui au passage, pour l'époque représentait un élément cinématographique de menace nucléaire idéale, puisque source quasi obligée de décors exigus et exotiques avec de futures explosions quasi indispensables, on se retrouve donc devant une prise de contact avec xXx (hommage du film post Bond à son aîné ?), agent secret n° 1 du KGB, évidemment au lit avec une femme, magnifique qui plus est.

 

Le dialogue, riche de double sens, reste évocateur dans la bouche de ce parfait croisement http://1.bp.blogspot.com/-64pDSIpvCEs/UjMlhyfN7nI/AAAAAAAAEPs/p97ZpcjsPKw/s1600/film-l-espion-qui-m-aimait30.jpgentre Lazemby et Connery (désolé mais finalement, on y revient toujours !) et c'est avec surprise qu'on découvre que l'agent en question est la jolie sylphide !


Révolution en soi que cette décision car la JBG de ce film laisse augurer du meilleur. En effet, je ne vous ferais pas la gageure de revenir sur les filles des missions précédentes, mais à part Diana Rigg, elles occupaient le plus souvent des rôles de potiches (et par forcément inspirées en plus, Ursula Andress en tête qui à part gêner Bond dans l'intrigue avec Dr No ne sert vraiment à rien…. Si ce n'est à accentuer le côté viril de Connery).


Ici, l'avancée est considérable puisque le major Anya Amasoua ne représente rien d'autre que le parfait tenant de Bond : douée, froide, efficace, se donnant corps et âme à sa patrie et visiblement ayant un certain succès auprès de la gent masculine.

On laisse alors de côté Anya pour retrouver Bond dans une situation similaire, lui aussi étant appelé en mission. La scène qui s'en suit est alors classique mais efficace et nous ramène sur les traces d'OHMSS avec une poursuite sur les pistes enneigées du Mont Asgard (les mêmes décors auraient il été réutilisés pour Saint Seiya avec la saga éponyme ?) durant laquelle Moore tue le petit ami d’Anya, grâce à l'aide indirecte de Q.
Les acteurs skient, les balles fusent, les décors sont beaux et les méchants dégustent. On se dit que l'action est bien partie et qu'on peut se laisser aller à savourer (enfin !) son Bond sans arrière pensée.


Que nenni.


La cascade qui suit reste alors gratuite, spectaculaire et inattendue tout en étant magnifiquement filmée (quand on voit les bonus, on se dit que ce coup de pot est vraiment providentiel) : Bond saute en ski du haut du sommet pour dévoiler un magnifique parachute hommage à l'Union Jack, procédé que l'on retrouvera 30 ans plus tard dans Meurs un autre jour.


Le pré- générique commence seulement à s'annoncer mais le geek qui sommeille en chacun de nous est déjà sorti de son lit, prêt et fébrile, en attendant la suite.


On passera sur la présence de Moore au générique et sur les incompréhensibles sauts périlleux de ce dernier sur fond bleu pour s'attaquer directement aux qualités du film.


http://image.toutlecine.com/photos/e/s/p/espion-qui-m-aimait-77-07-g.jpgL’Espion qui m’aimait possède un autre avantage non négligeable dans son méchant de service : enfin un mégalomane, un vrai ! Terminé les délires stupides et tellement conventionnels de celui qui voulait devenir roi de la drogue, oubliées les revendications planétaires d’un Blofeld en mal de clones et bonjour à un méchant pas piqué des vers avec QG hors du commun et goût de luxe de rigueur.

 

D’ailleurs, même sa présentation est très soignée, entourée de tableaux de grands maîtres (c’est bien connu, tous les maîtres du monde en puissance sont de véritables esthètes , on se rappellera Dr No ou bien encore Blofeld et même Goldfinger qui érigeait l’or comme une œuvre à part entière), Stromberg reçoit deux scientifiques ayant travaillé pour lui, en compagnie de sa compagne, qu’il n’hésite pas à sacrifier devant eux, histoire de les mettre en garde du sort qui les attends en cas de trahison (ce qui nous laisse d’ailleurs un très bon passage en terme de suspense). Le fait que les deux gus se fassent exploser en hélicoptère reste bien évidemment accessoire.


On admirera au passage les tableaux qui remontent (parallèle avec Dr No pour les goûts artistiques), la piscine à requins perso (comme dans Opération Tonnerre), une fortune perso à disposition et une renommée dans son domaine (comme Goldfinger par exemple) … soit en fait un bad guy qui représente une véritable compilation de ce qui faisait le charme des autres mauvais garçons dans les derniers épisodes marquants. Il faut bien sûr rajouter à tout cela une touche de nouveauté, en en faisant un terroriste écologique. Le QG en lui-même est extrêmement marquant avec ce bâtiment futuriste qui est capable de s’immerger totalement et ce super tanker prodigieux capable de boulotter pas moins de 3 sous marins, équipage compris.


Il reste cependant dommage de clôturer ce portrait assez brillant par une fin plutôt bâclée, abattu froidement par Bond… une mort sans panache comparée à celle de Dr No ou de Goldfinger (je sais, on en revient toujours à eux, mais je n’y peux rien).


N’oublions pas Jaws. Ce cousin éloigné du kryptonien Non est une véritable trouvaille visuelle http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/news-cinema/le-compte-a-rebours-007-l-espion-qui-m-aimait-1437450/16333335-1-fre-FR/Le-compte-a-rebours-007-L-Espion-qui-m-aimait_portrait_w532.jpget graphique. Ces dents en acier sont une excellente façon de mettre à mort … bien qu’un peu dégueulasse quand même. De plus, le caractère increvable de ce titan (lors de l’explosion finale ou de la confrontation directe dans les pyramides contre un fourgon !) renforce l’aura mystérieuse qui l’entoure et la scène dans le train est elle aussi mémorable (encore une scène dans un espace clos, et qui plus est dans un train, à croire que cela va devenir un classique !)

 

Le fait qu’il soit silencieux le rend également beaucoup plus dangereux. Dommage que ce potentiel énorme soit gâché dans Moonraker.


Le film en lui-même est assez bien construit. On peut ainsi le diviser en 7 parties (oui, oui) que je vais aborder en filigrane.


La première partie est assez fraîche et nous permet d’assister à un véritable jeu du chat et de la souris entre agent russe et agent UK, à ceci près que les deux petites bêtes officient de concert avec les coups tordus que cela implique.

 

La course au microfilm se poursuit dans une seconde partie parmi les pyramides d’Egypte, entrecoupée de meurtres sauvages de la part de Jaws pour ensuite déboucher sur une entente « cordiale » entre services UK et soviétiques avec l’équivalent de M installé dans son propre bureau , en plein cœur d’une pyramide justement, ce qui, à défaut d’être crédible, a permis de montrer plusieurs plans très amusants dont un avec un Bond vraiment surpris de cette alliance.

 

Une troisième partie, plus succincte, confronte Anya et Bond, celle-ci découvrant que 007 est le meurtrier de son fiancé. La situation en elle-même était attendue mais cela apporte beaucoup plus de piquant à leur relation professionnelle … tout en amusant quelque peu Bond. Le film se poursuit avec la présentation véritable du méchant via une visite des deux agents à son quartier général amorçant de fait LA scène du film, avec la course poursuite en LOTUS.


http://oblikon.net/wp-content/uploads/Barbara-Bach_espion_qui_m_aimait.jpgAvec cette séquence, l’équipe des Bond a littéralement pété les plombs (avec le disjoncteur et l’usine EDF attenante). La voiture en elle-même, sorte de cousine éloignée de la Delorean chère à Marty McFly à déjà une gueule folle (on est en 1977 tout de même !) et sa présence sur la route pourrait s’apparenter à de la science fiction. La poursuite en elle-même commence de manière classique avec les deux agents en première position suivis de près par Jaws et ses copains (on pourra légitimement se demander comment ce dernier s’est débrouillé pour entrer dans la voiture, mais bon) qui finissent logiquement dans le décor. Bond pense alors s’en être tiré et c’est alors que surgit un hélicoptère qui reprend les hostilités avec à son bord une femme qui conduit à un plan incroyable , un échange d’œillade avec Bond qui de surcroît lui répond ! On se demande alors comment la petite Lotus va venir à bout de cet ennemi aérien, d’autant plus qu’elle se fait proprement mitrailler.


Là, il faut reconnaître que les scénaristes (et les techniciens) ont bien fait les choses. Habituellement, Q et consort se font un plaisir de nous expliquer par avance comment fonctionne les différents gadgets du film, mais pour fois, la surprise est totale ! Voir la Lotus défoncer volontairement le parapet pour couler à pic avant de se transformer en sous marin et pulvériser l’hélico avec un missile mer-air ! Bond reste avant tout un grand spectacle, et cette fois, il démontre cet état de fait avec brio. Et l’action ne s’arrête pas là car les plongeurs de feu le Spectre qui étaient au chômage depuis Opération Tonnerre reprennent du service et se font de nouveau jarcler par notre espion préféré.

Côté surenchère , le paquebot de Stromberg se fait un troisième sous marin , US cette fois, histoire d’avaler les trois grandes puissances .Mais si on regarde bien, deux sous marins seulement étaient nécessaires pour mener à bien son plan. Le troisième ne représente en fait qu’un rebondissement scénaristique uniquement présent pour amener le dit équipage US, parfait pendant à lui seul de l’habituel Felix Leiter.


Dans une 5ème et 6ème partie, Bond et Anya se font capturés (la belle affaire) , histoire de http://www.lesinrocks.com/wp-content/thumbnails/uploads/2013/01/espion-tt-width-604-height-436.jpgfaire jouer les antagonismes et d’avoir une confrontation Bond / Stromberg qui tourne court. S’en suit alors dans une dernière partie la prise générale du gros navire par les amerloques dans un remake assumé de la scène finale d’On ne vit que deux fois… remake assez réussi d’ailleurs, si ce n’est dans l’explosion finale de la porte en acier du QG avec une tête nucléaire récupérée avec beaucoup d’adresse.

 

En effet, Bond doit la retirer sans toucher les extrémités métalliques de la tête qui s’amuse avec un champ magnétique. Tout le monde retient son souffle bien sûr et 007 s’en tire sans mal. Le fait qu’on soit sur un bateau et que cela tiraille de toutes part et dans tous les coins, tout le monde s’en fout bien évidemment…. Quant aux retombées radioactives à long terme après exposition dans un espace clôt, pourquoi s’en soucier ?


Cela mis à part, ce Bond, et je pense que je l’aurais démontré, reste un excellent moment de la saga et après tout, ces quelques invraisemblances ne pèsent pas bien lourd devant un bon cru de 007 (il était temps, soit dit entre nous !).

 

 

 

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Published by Ivenpast - dans Ciné Micro
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