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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 09:49

couperet-affiche.jpgAu chômage depuis beaucoup trop longtemps ; un ingénieur décide d’éliminer un ancien concurrent et de réserver le même sort à tous ceux qui postuleront au même poste que lui.


Intelligent et effrayant scénario basé sur la dure réalité du monde d’aujourd’hui. Le film pourrait se résumer à la scène du garage où Garcia indique à un garagiste en fin de course et éjectable pour l’entreprise qu’au lieu de se suicider en cas de renvoi devant sa direction, il serait préférable de liquider l’un de ses collègues, préventivement.


Le film ne possède pas de temps mort, les meurtres se succèdent entraînant leur lot de dommages collatéraux et la fin du métrage possède un humour noir bien particulier.
Cette réalisation de Costa Gavras est déjà excellente en soi (qui n’a pas eu son passage à vide en envoyant moult CV pour recevoir, quand l’entreprise prenait le temps, des lettres de refus polies et formatées ?) mais possède en plus un atout majeur, José Garcia.


Comme tout le monde, j’ai découvert le personnage via le tandem formé avec De Caunes au temps de Nulle part ailleurs. Puis, sa carrière se profilant à l’horizon, j’ai éclaté de rire face à sa prestation dans La vérité si je mens II (bien supérieure à l’original dans le délire assumé et la caricature des personnages !). L’avantage de José Garcia réside dans sa faculté à pouvoir jouer tous les types de personnages avec une crédibilité déconcertante, qu’ils soient déjantés (La Vérité…), malade et psychotique (La boîte noire) ou déshumanisé (Le couperet)… un peu comme Coluche en son temps qui entre La vengeance du serpent à plume et L’aile ou la cuisse nous servis un étonnant Tchaô Pantin.


couperet 2José Garcia est donc ici un père de famille normal (deux gamins qui se crêpent le chignon en étant solidaire, un ado de 17 ans qui vole des logiciels, un chômage mal vécu depuis deux ans et demi et une femme un peu volage après qu’il eut lui-même commis la même faute) qui va sombrer peu à peu dans le désespoir et devenir un assassin pour recouvrer le statut qu’il possédait jadis. S’en suit une descente aux enfers fondée sur de bons arguments en fait (voir passage chez le conseiller noir ou les différents apartés qu’il partage avec ses futures victimes).


L’ensemble reste crédible, puisqu’il fait avec les moyens du bord. Son arme n’est autre qu’un Luger hérité de son père militaire et récupéré sur le front et les cartouches qu’il utilise se révèleront aussi dangereuses pour lui que pour les concurrents malheureux. Le fait qu’il s’entraîne d’abord dans une forêt sur une simple feuille de papier et que son bras tressaille dès le premier tir nous conforte dans cette idée de normalité. On est alors loin du cliché Eastwoodien avec son magnum qui tire sur les méchants criminels comme d’autre cueillent des jonquilles.


Le premier meurtre est brillant de rapidité et d’efficacité. Le second tourne au drame puisqu’il tue mari et femme e indirectement l’amant de leur fille. Le troisième est difficile puisqu’il est amené à côtoyer sa victime et à partager avec lui ses points de vue. Mais Garcia jusque là le vit très mal (scènes de douche pour se laver de ses péchés) et éprouve le besoin de se confesser, ce qui nous permet de vivre son calvaire.


Le film enclenche alors la seconde pour nous inviter dans un monde où tous les Myers, couperet 1Vorhees, Krueger et autres serial killers à la Scream n’ont plus leur place. Garcia est beaucoup plus inquiétant, représentant une normalité capable de dérailler en une redoutable machine à tuer. La loi du plus fort prime alors. Pas besoin non plus de musique appuyée ou grandiloquente pour nous faire peur, il suffit de se rappeler des scènes où les flics débarquent chez lui pour l’informer de la présence d’un tueur à la poursuite des spécialistes de l’industrie papier, où le Luger cogne le miroir de l’entrée en leur présence, quand il jette ce dernier dans un courant alors qu’un gars circule dessus, au moment du dernier meurtre quand il se fait surprendre en train de dormir par sa victime ou bien encore lorsque les flics reviennent une dernière fois et qu’il manque de se livrer avec un « je n’ai rien dit à a femme et à mes enfants».


Pas une seconde de regrets, un sang froid à toute épreuve et un esprit de répartie défiant la normalité pou un gars qui ne prend pourtant pas son pied à dézinguer l’ennemi potentiel (il faut voir les moments de joies lorsqu’il apprend qu’un des noms sur sa liste a retrouvé du travail).


Un film brillant, dérangeant doublé d’une juste satire sociale et qui pourtant laisse flotter le doute sur ce que nous serions capables de faire si nous devions nous retrouver à sa place.

 

 

 

 

Le couperet

 

Un film de Costa-Gavras

Avec José Garcia / Drame

Dispo en dvd


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Published by Ivenpast - dans Ciné Micro
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