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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 07:00

affiche.jpgIl était évident qu'après le choc Goldfinger, l'opus suivant aurait fort à faire pour relever le défi d'un Bond enthousiaste et survolté.

Goldfinger avait habilement réussi à convertir les éléments de succès des deux premiers opus pour en sortir un panaché inédit gagnant :méchant mégalo et sournoisement intelligent, belles filles à l'utilité vénéneuse, divers lieux de tournages et une intrigue solide au possible pour des rebondissements toujours inattendus (ou si peu. Personne n'aurait pu prévoir la mort d'une éphémère confidente de Bond à la sauce Masterson).

Ce Thunderball, considéré à l'époque comme l'un des parangons de la franchise, possède quelques qualités mais malheureusement de trop nombreux défauts qui ne permettent pas de remporter l'adhésion et qui représentent pour moi l'une de mes premières grosses déceptions de l'Univers de Bond (rattrapée avec bonheur avec les deux prochains volets).

En essayant de garder une certaine objectivité, je vais essayer d'expliquer les raisons de cette déception.

Thunderball , comme une grande majorité des opus de 007, possède une introduction (hyper) nerveuse et très rythmée (Terence Young reprend les rênes, sa pattes est reconnaissable de suite) . Le film s'ouvre sur un trompe l'œil astucieux pouvant faire croire aux obsèques de Bond, alors qu'il s'agit en fait de l'un des ennemis du MI6.

 

Celui-ci assiste d'ailleurs à ses propres funérailles , ce qui n'échappe pas à Bond et permet de nous offrir un combat violent et extrêmement réaliste …jusqu'à l'utilisation du fameux Jet Pack, emblème de cet épisode, bien plus représenté d'ailleurs que le superbe Disco Volante de Largo. Autant dans les précédents opus, le faible nombre de gadgets en permettait une utilisation remarquée , autant les intro étaient justifiées et soignées (mémorable assassinat d'un faux Bond de From Russia with Love), autant là, on peut se poser des questions.

 

Par la suite, on apprend qu'il s'agissait d'une volonté des producteurs de faire apparaître ce type d'engin au moins une fois à l'écran mais on ne peut y croire une seconde. Pour peu que l'on ait vu auparavant un film comme The Rocketeer, on conçoit alors les nombreuses difficultés pour se diriger aussi parfaitement que 007 à l'écran avec cet appareil propulsé, sans parler de l'aérodynamisme qui laisse à désirer. Alors oui, d'aucuns rétorqueront que ce n'est que du cinéma qui n'est là que pour détendre et en mettre plein les yeux mais je rétorquerais avec célérité que dans les trois épisodes précédents, le réalisme était de mise , y compris avec le fameux dragon du Dr No que Bond défait en deux temps trois mouvements.

 

D'ailleurs, on soulignera le retour de l'Austin Martin, réchappée de Goldfinger (alors que détruite en partie et assurément désossée par ce dernier qui en souligne l'ingéniosité) et réutilisant les mêmes ressorts de défense, comme si cette dernière, en avalant ce monstrueux cracheur de flammes (qui ne blesse en rien les gambettes de l'agent, juste comme ça , au passage) était désireuse de redonner un semblant de légitimité à l'action. On notera qu'elle supporte beaucoup moins bien les tirs directs car , cette fois, les balles s'enfoncent dans le bouclier arrière (détail qui insiste sur le côté véritable, s'il en est).

 

S'en suit le générique (toujours aussi tarabiscoté et sans intérêt, ce que je n'avais pas souligné pour les opus 1précédents et dont le paroxysme sera atteint avec la période Moore) dont le thème sera récurrent durant le film. Mise en place ensuite classique des événements (apparemment sans suite et décousus puis se regroupant admirablement durant le visionnage. Un des points forts de ces premiers Bond, assurément).

Si l'on exclue la parenthèse Goldfinger,le grand méchant de premiers chapitres de cette saga réside dans le Spectre dont la mise en scène savante a été savamment orchestrée pour ne distiller que l'essentiel. Dans Dr No, on a affaire à l'un de ses représentants , mais ce bon Dr précise qu'il travaille pour l'organisation uniquement parce que celle ci a su entrevoir ses possibilités. Dans Bons Baisers de Russie, on voit enfin le Spectre dans son organisation via un camp d'entraînement, ainsi que des hauts gradés en 05 et 03. 01 lui n'apparaît que de dos. Thunderball va encore plus loin. En parallèle avec la structure du MI6 , on peut voir une réunion des principaux représentants du Spectre devant 01 , toujours dissimulé, son identité ne devant pas être connu des ses subalternes, à priori. La représentation en est d'autant plus forte que les 00 de toute l'Europe sont également réunis au Mi6 pour tenter de résoudre une alerte d'ordre mondiale au sujet de deux bombes atomiques volées par… vous aurez compris. Vis à vis du Spectre, donc, on sent que l'on progresse car , nonobstant une méthode quelque peu brutale d'élimination des éléments peu fiables, on aura principalement à faire à 02 aka Largo durant cette mission, ce qui laisse augurer une confrontation directe avec 01 prochainement.

1er regret alors, autant l'exposition du Spectre reste brillante , autant le potentiel des 00 est sous exploité au possible. Avoir la fine fleur du Mi6 au grand complet juste pour souligner le retard de Bond à la réunion semble un peu exagéré. Pas de tension, pas de plans sur les différents visages des espions. Rien. De plus, Bond change son affectations sur une simple intuition (suite à la photo d'un pilote disparu et de sa sœur, histoire de ne pas trop divulguer l'intrigue aux néophytes) ,ce qui témoigne de la confiance De M, mais tout de même… l'officiel présent lors de cet entretien sera d'ailleurs là pour le souligner.

Commence alors, le temps que Bond prennent contact avec Domino, un long passage à vide où l'action ralentit considérablement et où les occasions de tuer Bond se multiplient paradoxalement, via une rousse pseudo fatale et une armée de mécréants à la solde de Largo.

 

3


Largo est d'ailleurs LA grosse déception de ce métrage. Pas de charisme, des motivations troubles, si ce n'est accomplir le plan du Spectre et une villa immense avec une piscine à requins pour l'exubérance du côté obscur de la force. Pas de grandes tirades empruntes de dédain, pas de mégalomanie exacerbée, pas de remous ni d'implications politiques et encore moins de perversité. Largo se démarque des anciens adversaires de par sa normalité. Il n'exprime rien. Et c'est forcément regrettable, enlevant de fait tout son piquant aux différentes rencontres avec Bond.

2Dommage, sans compter que c'est ce genre de joutes verbales qui font le sel de ces films d'espionnage , tout comme les nombreuses notes d'humour du type du célèbre " Je l'ai harponné ". Un manque cruel se fait ressentir et on s'ennuie. Cet ennui se répétera à plusieurs reprises dans le film, en particulier lors des scènes sous marines qui, bien que filmées avec maestria, ne dégagent rien. La musique d'accompagnement est forte et rythmée, mais certains films muets bénéficient de scènes au rendu plus efficaces (Nosferatu de Murnau pour ne citer que le plus célèbre). Reste heureusement la final avec le Disco Volante qui lui reste plus que passionnant avec un Bond (enfin) entreprenant et témoignant d'une violence retrouvée. Le final en lui même par contre reste bâclée, se voulant emprunt de romantisme machiste et tombant à plat.


Un Bond de vacances, certes. Connery n'épargne pas sa peine mais on se surprend à regarder sa montre, ce qui est toujours mauvais signe dans ce type de production.

 

 

 

007 - Opération Tonnerre (007 - Thunderball)
1965 - MGM / United Artists
Réalisateur :Terence Young
Acteurs : Sean Connery, Adolfo Celi....
Genre : Espionnage
Disponible dans une multitude d'éditions, de coffrets que ce soit en dvd ou en Bluray

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Published by Ivenpast - dans Ciné Micro
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