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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 03:13

http://jamesbond007.net/Rien/rien1.jpgMoonraker a été un énorme succès.. et conjoncturellement parlant l'opus le plus rentable de la série . La franchise est au faîte de sa gloire et le public est satisfait du cocktail belle fille / bad guy mégalomaniaque / gadgets. Néanmoins, c'est ce triptyque qui reste le problème majeur dorénavant. Depuis les épisodes de Connery et la formidable parenthèse de Lazemby , Bond est passé du statut de véritable espion à celui d'Inspecteur Gadget.

 

Pour en faire la démonstration, il suffit simplement d'envisager ce dernier sans effets spéciaux. Idem pour l'ennemi du jour qui à force de vouloir soit conquérir le monde soit le refaçonner à son image est devenu tellement égocentrique qu'il en est ridicule malgré lui à l'image d'un Michel Lonsdale qui tirera bien mieux son épingle du jeu en interprétant l'archange Gabriel chez Josianne Balasko dans Ma vie est un Enfer qu'en sur jouant Drax à outrance , jusqu'à en gâcher le potentiel.
 
            Quelle orientation donner à 007 dans ce cas précis ? Sans compter que Moonraker appartient aux années 70 et que si commercialement parlant, Broccoli a voulu surfer sur les vagues à succès de Star Wars et autres Star Trek the motion Picture , ce dernier va forcément dénaturer le personnage en le transformant en parodie de lui même . De plus, un autre problème apparaît. Le stock de nouvelles originales de Flemming est maintenant épuisé, du moins les romans de Bond en propre. Casino Royale a déjà été adapté par MGM avec Niven et Sellers et l'intrigue même de Moonraker avait été totalement remaniée; sans compter des scénaristes légèrement en panne d'idées au point même de proposer quelques années auparavant de mettre en scène un jumeau de Goldfinger . Ne reste alors qu'une seule option : effectuer une remise à jour et revenir à ce qu'était auparavant l'essence de Bond : l'espionnage par l'intellect et non par le gadget.
 
            L'équipe créative va alors proposer un mix basé sur le contexte géopolitique de l'époque , dans un cadre post détente de guerre froide , tout en récupérant des éléments chez Flemming , non plus dans des histoires complètes mais dans un recueil de nouvelles intitulé Rien que pour vos yeux. On trouve ainsi des éléments en provenance dudit livre mais aussi de Vivre et laisser mourir pour la scène d'exécution de Melina et Bond au milieu des requins. Vu la qualité de la scène, on reste heureux qu'elle n'ait pas été intégrée dans ce navet.
 
            Reste à donner un continuité logique à l'écran à l'Espion qui m'aimait, où Bond était aidé avec un certain brio par l'agent triple X russe, Moonraker étant à prendre plus pour un délire sous ecstasy que pour un opus vraiment sérieux , ce qui sera aisé vu l'élection récente de Reagan à la présidence et un durcissement marqué des rapports entre USA et URSS.
 
            De fait , l'enjeu de ce film reste une entité électronique répondant au doux nom d'A.T.A.C qui a échoué dans des fonds marins peu hospitaliers politiquement parlant et qui ferait bien l'affaire des Russes…renvoyant quelque peu à l'intrigue d'Opération Tonnerre où des missiles à fond de cale d'un avion volontairement coulé attisait la convoitise du Spectre.
 
            Rien que pour vos yeux reste donc un bon cru de Bond du fait qu'il respecte de nouveau le personnage et qu'il oublie Moonraker dans sa narration tout en effectuant de sympathiques clins d'œil au passé de l'agent . Il reste de bon ton de lustrer son Walter P.P.K. et de se replonger dans cet opus.
 
            Tout Bond qui se respecte se doit d'avoir un pré-générique marquant et spectaculaire.
On peut alors être en droit d'attendre quelque chose nous mettant de suite dans le bain ouhttp://static.programmes-cinema.com/photos/25/76631.jpg mieux encore d'avoir devant nos yeux une scène d'action toute aussi gratuite que spectaculaire. On citera dans ce sens celui presque intimiste mais ô combien efficace de Bons Baisers de Russie ou bien encore le très bon début d'Au service secret de sa majesté (OHMSS) qui jouait directement avec le spectateur en filmant Bond à la manière d'un Blofeld, tout en suggestion et découverte progressive. On pensera également à l'interminable pré-générique du Monde ne suffit pas  où Brosnan donne ses lettres de noblesse à un certain style de pilotage... dans une démonstration maîtrisée mais beaucoup trop longue mettant en place un rythme qui va soudainement se retrouver brisé par le générique lui même , erreur que ne commettra pas Meurs un autre jour qui pour la première fois (enfin!) prolonge  l'action entamée. De toute manière, certains argueront que faire court , maîtrisé, spectaculaire et sans rupture est impossible . Je rétorquerais qu'il suffit de repenser à l'inimaginable saut à ski de l'Espion qui m'aimait qui se paye même le luxe de s'achever sur une note d'humour qui sera repris en clin d'œil par Graves dans Meurs un autre jour (pour l'anecdote, le doubleur VF de Graves est celui qui assure également le doublage de Craig dans Casino Royale deuxième du nom) . La boucle étant maintenant bouclée sur ce sujet, nous pouvons nous pencher sur le pré-générique de Rien que pour vos yeux.

 
            Le retour aux sources de la saga 007 va passer par la mise en place d'un nouveau réalisateur attitré qui restera en poste jusqu'à la fin des missions de Timothy Dalton. Il s'agit de John Glen qui ne sera pas inconnu des inconditionnels puiqu'étant déjà second réalisateur dans OHMSS entre autre et force est de reconnaître qu'il y a de l'audace dans la manière d'inviter le spectateur dans cette nouvelle aventure. Mais avant de poursuivre , il est de bon ton de préciser que  chronologiquement parlant, si l'on évite l'écueil Moonraker, Les diamants sont éternels devaient se dérouler avant OHMSS.
            Le barrel logo s'ouvre donc sur un cimetière et plus précisément sur une tombe. Celle de Thérèsa Bond . Le clin d'œil et la volonté de continuité avec les Bond précédents est alors évidente et ne peut que faire sourire de plaisir le fan lambda. Bond est présent d'abord vu de dos, recueilli et silencieux sur la stèle de Tracy.
 
            Tracy qui restera à jamais et jusqu'à preuve du contraire la meilleure JBG (James Bond Girl) de l'histoire en cela qu'elle a réussi à dépasser cette condition première tout en donnant (en 1969!) une image valorisante de la femme et en réussissant non seulement à se faire aimer passionnément de Bond et à l'épouser tout en lui faisant renoncer à son métier ! Évidemment, autant d'avancées scénaristiques et culturelles en si peu de temps ne pouvaient être conservées et tout cette petite révolution vola en éclat dans l'opus suivant avec une Jill St John aussi anecdotique qu'une feuille d'arbre dans les Mystérieuses cités d'or, et vu le traitement de la majorité des transferts de cette série sur DVD ce n'est pas peu dire!
            On sourit donc , on est ravi même, d'autant plus que son nom n'avait guère été cité depuis sa mort... bien que cet oubli sera ensuite récupéré avec chaque nouvel interprète , de Dalton dont le mariage est souligné par un autre ancien , Félix à la réplique assassine mais faisant un bide tant elle est mal introduite de Marceau à Brosnan dans Le monde ne suffit pas. Craig quant à lui n'est pas concerné puiqu'il reprend le personnage à ses débuts de double zéro.
 
http://img.over-blog.com/528x329/0/58/62/29/Image-56/roger_moore-et-carole-bouquet-rien-que--pour.jpg           Moore apparaît donc triste et pensif...  et accusant déjà un certain âge qui, s'il ne sera pas incompatible avec son statut d'espion et avec les capacités physiques qu'il démontrera par la suite , passera quand même beaucoup plus mal quand on voudra nous faire croire qu'il parvient à enflammer le cœur d'une patineuse d'à peine 20 printemps. D'ailleurs, il n'y aura pas un seul plan de lui ne serait ce que torse nu dans ce film si ce n'est brièvement alors qu'on le voyait pourtant nu et prendre son bain dans To live and let die...
            Ces considérations mesquines mises de côté , le calme de cette scène est brisé par un curé qui annonce qu'on vient le chercher en hélicoptère , que prend évidemment Bond qui se doute bien que quelque chose ne vas pas quand ce même curé exécute un signe de croix dans sa direction. Pendant ce temps à peu de distance de là , dans le plus pur respect du fan et de la franchise, un plan s'attarde sur un chat et sur une main le caressant au collet. On retrouve  un Blofeld avec sa tenue d'On  ne vit que deux fois mais avec le physique de Telly Savalas d'OHMSS pour souligner la continuité avec Tracy De plus, il semble que le dit Blofeld , méchant suprême de Dr No aux diamants sont éternels , soit sur sept aventures tout de même, porte la minerve , preuve d'un accident ayant entraîné des séquelles depuis qu'il est resté suspendu à une branche dans une course de Bobsleigh.  

            Sans jamais montrer son visage, lé réalisateur renoue avec le Spectre de la grande époque , possédant des moyens bien à lui de se débarrasser de ses ennemis puisqu'il électrocute le cerveau du pilote avant de prendre les commandes de l'appareil. Bond est condamné, l'hélico se dirigeant vers l'intérieur d'un entrepôt (la version spectaculaire de la voiture entrant dans une grange pour ressortir dans un vol de poules?)
            Occasion en or de mettre Bond en mauvaise posture dès le début du film, de se débarrasser enfin de lui... mais l'exultation de Blofeld est telle qu'il monologue et joue avec sa proie.
 
            Bond de son côté, passe de la cabine passager à celle du pilote tout en localisant la source d'émission du contrôle téléguidé et repère entre deux poutres métalliques le câble étranger qui permet la dérivation des commandes... et l'arrache , reprenant le contrôle de son manche.
            Je sais que beaucoup diront que je vois le Caped Crusader dans tous les films que je commente, mais comment ne pas évoquer une comparaison entre cette séquence et celle où le Pingouin dirige la Batmobile dans les rues de Gotham avec un Batman impuissant aux commandes? Je n'irais pas plus loin car le final est sensiblement différent.... Hommage, copie? Qui le sait...
 
            Bond file alors vers Blofeld et empale son fauteuil sur les patins de l'appareil. Dans  ce cours laps de temps, les masques tombent, Blofeld perdant de sa superbe et de sa faconde pour tenter de sauver sa vie, allant jusqu'à tenter d'acheter Bond.
            La question reste de savoir comment 007 va gérer la situation ; cette aventure ayant pour but de redéfinir le personnage pour la décennie à venir.
            La solution est radicale , Bond expédiant ad padres le malotru dans une cheminée d'usine puis s'envolant sans un regard en arrière. Tracy est vengée mais au delà de ce deuil , la mort de Blofeld est symbolique , synonyme de la fin d'une époque. Avec ce plan, on ferme la page sur les méchants mégalomaniaques , sur les associations de criminels de l'envergure du Spectre, sur les arcs scénaristiques inachevés comme la vengeance de Bond (qui reviendra au premier plan dans Quantum of solace, avec une femme encore à l'origine de ce pétage de plomb dévastateur). Avec cette mort qui précède de quelques secondes le générique devant nos yeux ébahis de cette audace dans l'introduction , on met fin aux adaptations de Flemming des années 60/70 pour entrer dans une nouvelle ère avec les années 80 , période phare de l'espionnage industriel et des prémices de l'électronique (dont Octopussy et Dangereusement vôtre) . R.I.P. Au conservatisme et bonjour au nouveau monde.
            Le générique se découvre alors avec pour la première fois la chanteuse du titre phare montrée à l'écran par Maurice Binder afin d'illustrer les compositions de Bill Conti.
 
            A vouloir innover sur des bases multi-référentielles, le scénario de ce Bond , bien qu'intéressant n'est en rien original et au risque de contredire le livret contenu dans l'édition collector, cette mission n'a rien de réellement palpitante . Marrant au passage de constater  que chaque dvd est toujours , je cite, l'un des films de James Bond les plus palpitants jamais tournés. Gare à la crise cardiaque! Heureusement (?) que des navets comme les Diamants sont éternels ou Vivre et laisser mourir permettent de reprendre ses esprits.


            Si on excepte son début 100% original (bien que faisant référence à une aventure passée en particulier) , la mission peut se diviser en douze grandes étapes. Je ne suis guère partisan d'habitude du résumé succinct de film mais cela s'impose tant ici qu'il aurait été difficile de passer à côté. Tous ces points de scénario sont de simples métempsychoses des opus précédents. Évidemment, cela permet à Rien que pour vos Yeux d'être un épisode honnête mais c'est aussi pour cela qu'il ne restera pas marquant.
 
-> Le véritable début du film s'ouvre donc sur une mission de pêche , en apparence, alorshttp://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/63/70/77/18992200.jpg qu'en fait le navire dissimule une véritable ruche de militaires aux manettes du redoutable A.T.A.C. Vous m'excuserez de ne pas mentionner son utilité première pourtant énoncée par Roger Moore tant celle ci semble anecdotique. Retenons pour plus de simplicité que sa disponibilité rendue possible pour le premier venu en fait un artefact de premier plan. On retrouvera ce désir des deux camps de mettre la main sur un objet de haute technologie unique dans Opération Tonnerre et dans une moindre mesure dans l'Espion qui m'aimait et l'Homme au pistolet d'or. Le côté aquatique de la récupération de l'A.T.A.C. fera d'ailleurs pencher la balance en faveur de Thunderball et de son avion clouée au fond de l'eau. On se doute alors que pour aller chercher l'objet , on va nous offrir des affrontements aquatiques à grands renforts de gus en tenue de plongée ou d'appareils sous marins . Pas de déception de ce côté là , l'innovation étant que l'on va mixer les deux avec efficacité dans une tenue de scaphandrier équipée de pinces coupantes ... évoquant immanquablement l'un des sbires de Baron Samedi dans Vivre et laisser mourir , via une bataille assez réussie dans une cabine de train rappelant elle même Bons baisers de Russie! Bond ne serait il qu'un
éternel recyclage? La suite devrait corroborer cette hypothèse.
 
-> Face à un produit 100% gratuit et 100% en avance sur l'un ou l'autre des camps, l'Occident dépêche Bond pour retrouver l'A.T.A.C et filer un tueur mystérieux tandis que les soviétiques sont contactés pour se voir offrir le dit appareillage à peu de frais. La guerre froide bat son plein , la détente ayant laissé place à une nouvelle stratégie de défense contre les forces « l'axe de Mal » . Bien que cette situation soit riche et prometteuse en traquenards et affrontements potentiels , elle sent elle aussi le déjà vu.
Le fait que Bond doive enquêter tout en s'opposant à l'ennemi pour un objet commun a été porté à l'écran avec Bons baisers de Russie , Opération Tonnerre et l'Espion qui m'aimait . A ceci près qu'ici la fonction de l'ATAC reste secondaire face à son importance primordiale (soulignée par le dispositif de sécurité articulé autour de ce dernier : autodestruction, gardien menotté pour ne pas quitter son poste , camouflage....)
           
-> Une séquence à priori heureuse permet de voir une mission archéologique privée de son capitaine et de sa femme , assassinée sous les yeux de leur fille. C'est l'un des rares arcs a être un tant soi peu attendu de par son caractère brutal. La scène est forte en émotion, surtout quand Carole Bouquet tient la robe de sa mère pleine de sang , les yeux rouges de larmes... et de détermination. Original pour autant ? Certes non. Une sœur tuée par le bad guy d'un autre épisode , cela ne vous rappelle rien? Ni la volonté de vengeance qui va de pair ? Poursuivons et développons.
 
-> Bond est envoyé sur les traces de l'ATAC mais aussi sur celles des assassins du fameux couple qui travaillait en sous main pour le MI:6. Le coup du tueur mystérieux et commandité avait  déjà été utilisé dans Bons Baisers de Russie , Les diamants sont éternels (ils étaient 2 et gays, fait encore unique aujourd'hui) ou même encore via Requin , toujours dans L'Espion qui m'aimait voire même Moonraker . Rien de neuf de ce côté là , sans compter que leur exécution est toujours spectaculaire.
 
-> Bond arrive dans un pays chaud , l'Espagne de mémoire ou du moins un pays ibérique, retrouve le tueur de son patron qui se fait dessouder par l'héritière du couple, Melina. La scène est rapide et nerveuse et Bond ne peut compter que sur lui même et un minimum de jugeote puisqu'il ne possède aucun gadget. Le fait qu'une femme cherche la vengeance en tuant le meurtrier présumé de l'un de ses proches avait déjà été utilisé près de 15 ans plus tôt avec les sœurs Masterson . Dans Goldfinger, la première décède d'une mort qui restera dans les annales du cinéma. La seconde essaie alors de se venger de Goldfinger en lui tirant dessus en montagne , puis de nouveau en faisant capoter la mission de reconnaissance de 007 dans l'usine de ce dernier . Le côté femme déterminée se retrouve aussi dans le passage d'OHMSS où Tracy manipule Blofeld à son insu pour laisser toute liberté d'agir à Bond et à son père. Nous ne sommes même pas au 1/3 du métrage et l'auto plagiat nous assaille de toutes ses forces... ce qui donne de bons moments, certes, mais loin d'être aussi marquants que la première fois où on a pu les voir , dans certains cas, plusieurs décennies auparavant!
 
->   La poursuite en voitures sera analysée plus tard tant celle ci reste rafraîchissante et dynamite l'ancienne image de Bond.
           
-> Direction le MI:6 pour un nouvel ordre de mission. La cible présumée ayant été abattue http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/63/70/77/18992196.jpgd'une flèche dans le dos par Melina (ce qui a eu comme effet collatéral de sauver la mise à Bond) , 007 rentre au bercail et souligne que l'argent qui devait lui être versé doit bien provenir d'un commanditaire plus haut placé. Bond est donc de nouveau envoyé sur les traces d'un assassin silencieux cette fois, mais redoutablement efficace et dangereux vu la teneur de son casier judiciaire(amusons nous en passant de la corrélation entre le portrait robot et le portrait final de l'individu sortant sur imprimante . Heureusement qu'il n'avait pas de lunettes rondes et qu'il n'avait pas une raie à gauche...) Le passage au MI:6 n'est pas du ressort de l'originalité mais du passage obligé. Bernard Lee étant souffrant  depuis Moonraker, il n'a pu honorer ce tournage. En hommage (il décèdera peu de temps après) , son rôle n'est pas pourvu et ses répliques sont partagées entre l'éternel Q, le ministre de la défense et le chef d'état major Bill Taner, rôle que l'on retrouvera dans Goldeneye. On notera aussi que Bond ressort de son entretien avec Q sans aucun gadget (même si certains sont toujours à l'essai en arrière plan à l'image de ce plâtre redoutable et de ce parapluie peu pratique) ce qui à défaut d'être une nouveauté (dans OHMSS, de mémoire, il n'y en avait guère plus) correspond à la nouvelle jeunesse d'esprit que l'on veut conférer à 007 ? Nous nous attarderons plus tard sur la présence de la Lotus.
 
-> 007 arrive en montagne , toujours sur les basques de Locke , notre silencieux assassin. Malheureusement, nous est également présenté la sous JBG , comme dans la plupart des Bond. Cette dernière ne sert généralement à rien et alourdit l'intrigue. C'était déjà le cas dans les Diamants sont éternels avec Abondance Delaqueue (tout un programme), dans Dr No (sauf que la JBG Andress jouait aussi le rôle de la sous JBG) , dans Opération Tonnerre avec l'une des aides de camp du N° du jour du Spectre et j'en passe. Bibi Dahle ne fait pas exception , sans compter un manque d'éducation rare et un goût gériatrique assez inquiétant pour une fille de cet âge qui se refuse à son pygmalion Kristatos (interprété par le père de Crispin « Willard / Sac d'os/ Georges McFly » Glover) mais qui s'offre à Moore sans résistance. .. Le décor va être le théâtre idéal des poursuites en ski , derrière un bobsleigh et autres joyeusetés des sports d'hiver . Le tremplin excepté , tout ceci a pourtant déjà été filmé avec brio et par une partie de la même équipe technique pour OHMSS. Ce qui surprenait à l'époque reste  encore spectaculaire à ce moment là, mais avec un léger arrière goût de déjà vu. Je précise que je ne suis pas aussi difficile que j'en ai l'air, simplement les Bond étant les plus grosses machines cinématographiques de leur temps, il est logique qu'ils restent des maîtres étalons et non des disciples du recyclage. Arrive alors le moment de la mort de Locke ; Bond a réussi à le coincer dans sa voiture, au bord d’un précipice, sur le point de tomber. Que dois faire 007 ? Moore est partisan de la nonchalance, vengeant un de ses précédents amis en balançant la broche du tueur à ce dernier, ce qui ferait basculer la voiture. Le hic, c’est que l’on cherche à trancher avec le personnage décrit dans les derniers opus. Dans l’Homme au pistolet d’or, Moore était brutal avec Addams, n’hésitant pas à la frapper pour obtenir ses informations. Moore ne voulait pas trahir une certaine image de lui que le public possédait depuis le tournage du Saint. John Glen ne l’entend pas aisni et demande à 007 de simplement pousser la voiture d’un coup de pied (après avoir lancé la broche, ce qui reste un bon compromis pour que le méchant devine l’échec de son jeu de dupes). Bond réussit alors à s’abiasser au niveau de l’ennemi, tue de sang froid, faisant honneur à son statut de double zéro et ponctue le tout par un trait d’ironie (Ses actions vont chuter) . Ajoutez à cela la réalisation énergique de Glen et un mannequin étant expulsé de la voiture à la dernière minute de manière assez réaliste et on retrouve un Bond que n’aurait pas dédaigné Connery … tout en annonçant celui qu’interprétera Dalton.

 

->Le film se poursuit avec un repas partagé avec le bad guy présumé pour essayer de débusquer le big boss de l’opération. Autre passage classique de Bond où ce dernier se confie d’abord à la mauvaise personne avant de comprendre qu’il s’est fait manipuler . Le parti pris de dîner avec l’ennemi revient souvent aussi, ce dernier se devant d’avoir une façade sociale respectable pour dissimuler ses mauvaises entreprises. On retrouvera cette construction chez tous les vilains qui n’appartiennent pas au Spectre : Goldfinger, Drax, Stromberg et j’en passe, tous sont des industriels respectés mais aussi de sombres escrocs mégalomaniaques. Le fait que Kristatos manipule à priori Bond va conduire ce dernier à s’allier avec un ancien ennemi potentiel, un peu comme dans OHMSS où le père de Tracy, sous couvert d’activités pourtant peu recommandables ,n’hésitera pas à mouiller sa chemise pour lui venir en aide (le fait que sa fille soit directement impliquée ainsi que son futur gendre n’est peut être pas étranger à l’affaire non plus).  Le jeu de dupes se met en place, ainsi que les nouvelles alliances et l’action se poursuit sur un nid d’aigle à priori imprenable.

 

-> Je passerais sous silence le fait que les moines locaux ont failli se faire exiler par lahttp://pgep.francetv.fr/media/W1siZiIsImltYWdlcy9wbHVyaW1lZGlhL0VNSS8zNS9FTUlfMzU3MzA4LmpwZyJdLFsicCIsInRodW1iIiwiNzAweDM5NCJdXQ?13414061580 population locale, pour une sombre histoire de dividende et reviendrait sur le principe de forteresse imprenable. Ce principe scénaristique, brillamment mis en scène via un vieux film d’Eastwood intitulé Quand les aigles attaques et qui basait un bon tiers du film a essayé de pénétrer dans ce type de fort, aurait pu être spectaculaire dans ce Bond ci. Las, deux détaisl qui ont leur importance vont entrer en lice. Ce type d’action désespérée a déjà été porté à l’écran dans OHMSS dont l’influence est décidément titanesque sur Rien que pour vos yeux et occupait un bon quart du film, le plus dur n’étant pas d’y entrer mais de l’explorer. L’autre, ce sont les restrictions de budget de Broccoli qui ne veut plus entendre parler des sommes folles investies pour Moonraker. Résultat, mise à part une ascension fort bien tournée, le fait de faire grimper tout le monde dans un panier d’osier devient vite ennuyeux, tout comme l’habitude de l’allié grec de becqueter des pistaches à tout bout de champ. L’âge de Moore n’est pas non plus pour le servir car je doute sincèrement qu’à l’approche de la cinquantaine, un corps humain aussi aguerri soit il puisse supporter de telles pressions et de telles chutes (où Moore fut pour la petit histoire doublé par Rick Sylvester, déjà auteur du fameux saut à ski de l’Espion qui m’aimait). On finit bien sûr par affronter le méchant tout en remportant la victoire sur lui et en empêchant Carole Bouquet de sombrer du côté obscur, ce qui reste iconoclaste quand on songe que Bond évoque des préceptes qu’il ne suit pas lui-même dixit la mort de Locke. Arrive alors un avion de type polonais pour bien marquer la présence de l’URSS qui vient s’emparer de l’ATAC qu’on avait tendance à avoir ranger au placard. Bien sûr , 007 le lance dans le vide et celui-ci s’écrase, au grand dam du M soviétique et le film s’achève dans un humour malvenu , bien que salutaire pour désarmer les tensions géopolitiques du moment (jolie satire sur l’inutilité d’un conflit armé latent entre deux grandes puissances) qui vient contre balancer les efforts entamés pour la mise en place d’une nouvelle personnalité. Le dialogue entre le perroquet et Margaret Thatcher frise le degré zéro de l’humour britannique et on se surprend à guetter l’irruption de deux nigauds bein connus des fans deu cinéma fantastqiue de papa pour en remettre une couche dans la lourdeur. Le film s’achève sur Bouquet dans les bras de Moore, faisant fi d’un approfondissmeent psychologique attendu sur la nature un poil psychopathe de la jeune femme et on sort de la salle (ou de son lit, de son canapé, des bras de sa copine ou ce que vous voudrez) sur la promesse de retrouver Bond dans Octopussy, car même s’il n’y a plus de textes originaux, les titres des prochains métrages sont déjà trouvés, of course !

 

 

Les personnages dans ce Bond sont assez nombreux mais restent eux aussi des amalgames de ceux rencontrés dans les autres aventures de 007. Ne revenons pas sur Bond, je pense en avoir fait le tour avec le scénario et ce dernier reste de toute manière de ses interprètes et prestations passées. Melina représente la quintessence de toutes les JBG intelligentes de la franchise : la détermination de Tracy, le passif des sœurs Masterson et le côté un peu aventurier de Pussy Galore. Un bon cocktail dans l’ensemble, servi de plus par la prestance et l’élégance naturelle de Carole Bouquet qui reste généralement comme la première JBG française à laquelle on pense, de loin devant Sophie Marceau. Le personnage de Columbo, joué par Topol trouvera quelque peu son équivalent du côté de Brosnan avec l’interprète du si gentil Hagrid dans Harry Potter (au passage, ce dernier est dénommé comme gardien des trois clefs dans le premier tome des aventures du magicien à lunettes et pourtant, sauf erreur de ma part, cette piste restera aux oubliettes,ne revenant jamais plus sur le devant de la scène dans la suite de la saga à succès.) Il est vif, dirige une grande organisation borderline et marche un peu sur les plates bandes en ce sens du père de Tracy. Sa bonhomie tranche un peu avec le caractère très sombre de Kristatos , mais il ne joue pas pour autant les sidekicks  malheureux en réussissant à exister pour ce qu’il est par lui-même. Dommage qu’il becte autant de pistaches, même si ces dernières finissent par lui sauver la vie. Kristatos est joué par Julian Glover, qui appartient à la famille de Bond en ce sens qu’il était fortement pressenti fut un temps pour incarner le rôle titre. Trop jeune lorsqu’on a eu besoin de lui et trop vieux pour prendre la relève de Moore. IL reste néanmoins un personnage sec, machiavélique et quasi inhumain quand au traitement de ses victimes ou des hommes de son propre camp à l’image de l’un de ses employés qu’il laisse se faire dévorer par un requin pour ne pas repousser les joies sadiques qu’il éprouve à l’idée de traîner Bond et malin attachés l’un à l’autre dans les mêmes eaux. Un seul regret pour cet individu bien brossé et ayant des revendications qui restent plausibles et dans le domaine du réalisable (on est loin de l’arche de Drax !), sa mort, qui manque singulièrement de panache. Dommage que Bouquet n’ait pas pu passer un peu plus de temps avec lui en tête à tête avec son arbalète comme chaperon.  Locke quant à lui n’est qu’un exutoire aux scénaristes pour montrer que le Bond des origines est de retour. Reconnaissons qu’il s’acquitte fort bien de sa tâche.

 

Pour terminer, nous reviendrons un peu sur la course poursuite de ce film. On sourit tout d’abord quand on voit Bond au début du métrage au volant de la lotus blanche qui fit tant sensation durant l’Espion qui m’aimait. Vu l’arsenal qu’elle représente et considérant que  l’eau sera un élement important de cet épisode, on se régale à l’avance. Prenant les attentes du spectateur à contre pied et ne cédant pas à la si plaisante fatigue intellectuelle des dernier http://up.autotitre.com/0313948ef3.jpgHamilton qui lui s’était laissé enfermer dans la routine, Glen prive son agent de son carosse au moment où celui-ci en a le plus besoin. Et Bond devant fuir avec Melina pour sauver leur vie, la lotus étant détruite, on se demande bien quelle voiture va prendre le relais. L’instant comique et désespéré est énormissime quand la petite deux chevaux apparaît à l’écran. Bond se retrouve non seulement livré à lui même, sa vie étant entre les mains d’une tueuse dont il ignore encore l’identité et leur issue dépend de la voiture la moins rapide qu’il ait jamais eu a conduire et accessoirement la plus fragile. Mais ce n’est pas grave, Bond is Bond et une fois qu’il aura réussi à mettre la main sur le volant en question, il démontrera une fois de plus qu’un espion ne se laisse jamais abattre et fait toujours avec les moyens du bord, jusqu’à nous offri (merci M.Julienne) une cascade improbable avec un vol plané contrôlé et une arrière heurtant le toit de la voiture ennemie. Peut être moins impressionnant sur le moment que le demi tour de vivre et laisser mourir mais tellement plus sympathique et  plus marquant , sans compter que Bond réussi à faire rire Melina entre deux secousses de suspension. Du grand art vraiment démontrant une fois de plus que l’intérêt d’un opus doit avant tout reposer sur ses personnages phares plutôt que sur le côté promotionnel des gadgets à tout va.       

 

 

Rien que pour vos yeux renoue donc avec une tradition oubliée qui avait les beaux jours de Bond à la fin des années 60, sans pour autant renier ses aventures passées. L’action est toujours présente, la JBG est belle et intelligente et les rebondissements sont légions. Pas l’un des meilleurs Moore, il est vrai mais très proche de l’Espion qui m’aimait dans son approche de la franchise, la grandiloquence et l’esbroufe en moins, l’efficacité en plus.

 

 

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