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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 15:33

TS 1

 

Incroyable !!!!

 

Il y a plus d’une dizaine d’années déboulait sur nos écrans une véritable révolution technologique qui allait se révéler fatale pour l’industrie du cinéma d’animation, obligée depuis de se renouveler constamment! Cette bombe en puissance qui allait permettre à Pixar de devenir les quasi maîtres du monde imaginaire de milliers d’enfants, permettant à un cow boy et un astronaute de prendre place dans nos cœurs pour des années et des années et au-delà , ce phénomène, c’était Toy Story !

 

Lasseter et sa bande joyeux drilles qui s’étaient fait une place dans le monde de l’animation en trois dimensions avec le fameux passage de Genesis sur Star Trek II La colère de Kahn avaient été capables avec une animation qui a très bien passé le cap des années de nous proposer une bande de personnages extraordinairement fouillés , et bien plus réussis que les rôles humains les encadrant, riches d’émotions et d’aventures, pouvant retranscrire les frustrations enfantines à travers un niveau de lecture multiple. Mieux encore, ils avaient l’outrecuidance d’apporter une réponse à une question que l’on ne se posait pas forcément de manière consciente : que peuvent donc bien fabriquer jouets et peluches lorsque nous avons le dos tourné ? Que peuvent ils bien penser dans leur petites têtes de vinyle quand nous les faisant passer pour de terribles bandits ou pour des sauveurs de la galaxie. La réponse a été au-delà de toutes nos espérances, tout en apportant un message de tolérance quasi inespéré. 

 

A l’époque, lorsque le clap de fin retentit, que toutes les pistes semblent avoir été explorées, on se dit avec un mélange d’espoir et de crainte qu’un coup de génie pareil (Disney n’en avait pas eu depuis le Roi Lion, du moins pas de cette envergure alors que les Kuzco commençaient à germer) n’est pas près de se reproduire. Tout a été abordé, les séquences émotion sans se taper l’horrible musique pleine de guimauve, la virtuosité des scènes d’action (le buzz volant sur la fusée et le Woody accroché à la formule 1…. Que de putains de bons moments !) et même le côté sombre d’Andy avec un voisin aussi monstrueux que malheureusement réaliste (remplacez les jouets abîmées par de petits animaux... oui,hein....  vous partagez ma grimace de dégoût subitement, non ?). On terminait sur un message apaisant et plein d’espoir comme seul Pixar en avait le secret….

 

S’en sont suivis 1001 pattes et autres Monster Inc avant de voir débouler Toy Story II. Qu’en penser ? Les jouets vont se retrouvés livrés à eux-mêmes par une pirouette scénaristique ? Ok. On s’y attendait et ensuite ? Et bien, on est reparti pour un tour de grand huit, mais sur un manège de la taille du Texas ! Les passés sont (re)fouillés, les personnages humains sont encore plus immondes et un grand père à la voix de JR (Splendide et sous exploité Dominique Paturel !) déboulent dans la vie du cow boy sur une sombre histoire de collectionnite aigue. Mieux encore, Jessie arrive en effet miroir de ce que pourrait être la vie de Woody tandis que pour équilibrer le tout, une foultitude de personnages font leur apparition de manière aussi ludique que complémentaire. Le bonheur est il atteint? 

 

Oui, assurément !

 

TS 2Et pourtant, et pourtant, marque de fabrique Lasseter oblige, on dépasse l’excellence et on approche la perfection car Toy Story, fait unique jusqu’à maintenant encore dans l’histoire de Pixar, se permet le luxe de devenir une franchise, s’attribuant toutes les qualités de ce merveilleux mais ô risqué principe en laissant à des lieux derrière lui le moindre petit défaut. D’ailleurs, soyons francs, la moindre erreur, le plus infinitésimal anachronisme n’a même pas le droit de se croire préexister ici. La perfection je vous dis, qui touche en plein dans le mille le cœur de cible des jeunes qui découvrent un univers étendu à l’infini (et au-delà, ça va Buzz, on a compris !) sur un coup de génie le tout en y raccrochant en plus un quatrième, cinquième voire sixième niveau de lecture qui ne s’adresse cette fois qu’au Geek que nous sommes tous devenus , lointains gamins approchant la trentaine (votre serviteur) ou plus encore (oui, oui, toi dont les yeux se plissent devant le pc à la lecture de ma prose enflammée de  gratitude tu t’es forcément reconnu !) dont l’âme est restée contrairement à celle de la génération précédente , collée dans une  bulle de rêve n’appartenant qu’à nous et dans laquelle nous nous réfugions à la moindre occasion !

Bon, d’accord, pour certains, elle est pleine de tortures asiatiques sur fond de prisons nazis où les bonnes femmes se baladent comme c’est pratique la poitrine à l’air, le tout en zieutant sur un bras à moitié dévoré par un loup garou ayant eu les yeux plus gros que le ventre et qui pioncent au fond de la pièce assis sur une tripotée d'adolescents en rut hurlant inutilement à l'aide.

Ce repli de l’esprit salvateur est basé sur des valeurs n’existant plus aujourd’hui mais qui reviennent parfois grâce à l’action de réalisateurs encore inspirés et qui nous permettent d’en aspirer de grosses bouffées. Ce sont nos madeleines de Proust à nous. Et force est de regretter les années 80 et leurs Zemeckis, Dante et Spielberg déchaînés qui côtoyant les Donner nous ont offert tant de bons moments et ont fait de nous en grande partie les cinéphages que nous sommes aujourd’hui !

 

Le Zorg issue du monde Lucassien nous apportait donc en plus un lot de scènes d’anthologies pour un méchant inattendu mais tellement incroyable. Et pour clore le tout , on assiste à une véritable démonstration de maestria scénaristique et technologique dans un terminal d’aéroport monstrueusement pharaonique dans lequel vont se clore tous les arcs du premier (pour ceux qui étaient restés en suspens) et du second épisode.   

 

La vision de Toy Story II où de surcroît les méchants morflent de manière aussi tordue que non traumatisante pour les gosses qui regardent nous laisse pantelant de bonheur et ivre d’un peps d’optimisme que l’on croyait disparu, tandis que nos zygomatiques se marrent sur un vrai faux bêtisier. Magique !  

 

Et ce soir, je suis  fébrile,  oui, car beaucoup de temps a passé et avec les merveilles qu’étaient Wall E , Cars et autre Là Haut , on ne pouvait que se demander comment ils allaient pouvoir rebondir sur l’inespéré cadeau du tome précédent sans dénaturer l’ensemble.  Sans compter qu’on allait se taper forcément un Andy quasi adulte et donc à nouveau la piste de l’abandon et de la crainte de la poubelle.

 

Gros coup de chapeau (woody appréciera) , ces deux arcs sont expédiés en 5 mn pour rebondir sur un nouveau chapitre carrément inattendu et inédit. Autant la grande évasion de Chicken Run m’avait marqué , autant la réadaptation de ce classique à la sauce Pixar regorge de trouvailles inédites que je me garderais bien de dévoiler ici. Le film prend son temps , s’assument en tant que suite en se re-centralisant sur une dizaine de personnages principaux et en sacrifiant en une tirade de woody les autres jouets devenus inutiles pour le coup (la bergère, le siffly et autre écran magique, exit pour notre plus grand bonheur), on en garde plus que les marquants, les plus drôles et surtout les plus divers possibles. On colle à tout ça une organisation quasi mafieuse du jouet dominé par un ours qui sent la fraise (une ola pour cette délicieuse idée non sensique qui fait se gondoler nos neurones abrutis de produits tous identiques les uns aux autres et qu’ingurgitent la marmaille d’aujourd’hui au lieu de se faire plaisir en regardant un Myasaki.

 

Le métrage suit son fil rouge un peu tiré par les cheveux et part parfois dans tous les sens (le Buzz Espagnol  est TS 3hilarant) nonobstant certaines scènes gratuites qui connaissent leur apogée avec les essais de Ken…. Vous comprendrez après visionnage.

 

On se dit que jusque là l’aventure est sympa mais qu’elle possède un goût d’épisode peut être inutile. D’autant qu’on se retape le syndrome Jessie version côté obscur total avec le dit nounours (qui fera un carton dans les magasins de jouet, c’est garanti), certains gags éculés avec la famille Patate et consort.

 

Et Barbie pète alors les plombs et malgré nous, le grand huit made in Texas va s’emballer, et les wagons vont partir façon space mountain sur une rampe équivalent à la taille de l’équateur. Il reste alors 35 mn de film par lesquelles vous aller vous voir offrir tout ce que l’on est en droit d’attendre d’une séance de cinéma d’aujourd’hui, sans avoir à se taper des lunettes débiles et du Mars congelé qui permet habituellement de dissimuler l’âcreté du navet….

 

C’est un festival intégral qui boucle trois opus de manière quasi définitive sans que l’on s’en rende compte sur le coup. L’action et le rythme sont inespérés, les rappels précédents trouvent tous leur sens, les psychologies de simples jouets au départ pourtant atteignent des sommets et la scène de la décharge vous laisse sur le derrière. Vous comprenez alors que vous êtes déjà sur le cul depuis près d’un bon quart d’heure quand les larmes vous prennent à la gorge au moment où tous nos héros se donnent la main. Une mort certaine les attend en bas, mais pas seulement la leur, la vôtre aussi, celle du gosse qui dort parfois sous les ordres d’un chef stupide ou de clients lobotomisés.

Ce petit morveux se réveille, complètement ankylosé et libère en vous des vagues d’émotions que vous ne pouvez plus contenir. Là où votre gosse blasé sait que les héros ne meurt jamais, chose qu’il connaît par cœur car c’est en partie de votre faute s’il en est arrivé à ce stade à lui montrer des Superman qui ressuscitent des Lois Lane en remontant le temps, des Marty McFly qui risquent leur propre existence pour sauver un ami ou des Flash qui dépassent leurs limites dans des cliffhanger intenables pour venir à bout d’un Brainiac possédé par Luthor ….

Vous l’adulte qui sait pertinemment que Woody va trouver une solution sur une contrepèterie de Buzz le tout soldé par une grande tape dans son dos de plastique qui ne manquera pas de déclencher deux petites ailes clignotantes….

Et bien, vous êtes pris à votre propre piège ! Et c’est sur la boule énorme qui grossit dans votre gorge tandis que vos lunettes s’embrument que vous vous dites que l’océan de métal en fusion va dévorer vos vieux amis, plus fidèles d’ailleurs que certains que vous côtoyez encore aujourd’hui, que vous scrutez désespérément votre full hd en admirant malgré vous le travail de titans qui a été fourni pour donner à cette scène une tonalité aussi désespérée (waouh sur les détails et les lumières mais aussi sur les expressions faciales) , que vous vous voyez donner votre main à woody et jessie et Rex pour voir partir une partie de votre enfance avec eux (ou de votre adolescence heureuse malgré la pression incompréhensible des profs et des parents pour que vous ayez 20/20 à votre contrôle de trigonométrie et de courbes en maths ….  20 que vous n’avez pas eu de toutes manières malgré le caractère quasi existentiel de ces données fondamentales de votre univers , vous qui vous y reprenez maintenant à deux fois pour vérifier si la boulangère vous a bien rendu le compte juste sur votre monnaie d’un euro pour une bout de farine précuit et au gout industriel qui vous a coûté 0.96€….) et c'est là , alors que vous pensez être passés en 10’ sur la quasi-totalité des sentiments qu’il est humainement possible de vivre durant une séquence animée qu’une immense bouffé de joie vous envahit à nouveau , décuplée par rapport au final de Toy Story II.

 

Bravo Pixar, tu m’as encore eu.

 

Mais ce n’est toujours pas fini. Le début doit rejoindre la fin et le relais doit être transmis. Il reste alors un quart d’heure de pure narration totalement bluffante de simplicité et qui résume ce que je m’escrime à vous décrire depuis près de 2000 mots. Andy va offrir ses jouets. Consciemment, volontairement et s’offrir avec eux une dernière virée, renouant avec le gosse qu'il était, acceptant l'adulte qu'il va devenir et réalisant sans le savoir le rêve de ses anciens copains de toujours.

 

La vie continue mais rêves et souvenirs restent vôtres si vous vous en donnez la peine. Le dernier geste d’Andy envers Woody et la réponse de celui-ci , le regard d’Andy à ce moment là…. Cela ne dure qu’une seconde et quelques et pourtant est résumé là toute l’essence de Toy Story et en filigrane celle des studios Pixar.

 

Je vous laisse lui donner le sens que voudrez.

 

TS 4Incroyable ce qu’ils ont réussi à accomplir là sur une trilogie maîtrisée de bout en bout malgré deux opus pourtant prévus à la base en direct to vidéo. Et le générique final devient plus qu’un best of,  un véritable happy end laissant notre imagination voguer à nouveau le temps de quelques heures vers l’infini ......... et au-delààààààààààààà ! Merci Buzz et Woody pour ce moment magique !

 

Et puis c’est repos aujourd’hui, coup de bol, le nuage de liesse extatique ne vas pas se dissoudre de suite !

Je n’ai volontairement pas parlé du côté technique irréprochable. La simple séquence de prégénérique qui surpasse celle pourtant fantastique de Toy II est à elle seule une démo technique et inventive qui devrait être une référence pour tous les autres studios d’animation en perte d’idée (qui a hurlé dreamworks au fond de la salle ?)

 

Vive Lasseter, vive Pixar et Vive Toy Story !!!!!!!!

 

 

Toy Story III

2010 – Disney / Pixar

Réalisateur : Lee Unkrich

Genre : Animation

Disponible en dvd simple et en dvd coffret Trilogie

Disponible en blu ray deux disques, coffret bluray trilogie et bientôt en bluray 3D 

 

 

 

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Published by Ivenpast - dans Ciné Micro
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 23:37

affiche-lta.jpgMade of honor (Le Témoin Amoureux en français) appartient à la catégorie des films dit de comédie romantique. Dieu sait que chaque année depuis des lustres immémoriaux nous apporte son lot de plus ou moins grande réussite dans ce domaine.  Certains atteignent le graal et deviennent des films cultes, comme Pretty Woman (l’étalon référence du genre) ou bien Dirty Dancing. D’autres restent sympathiques à défaut d’être inoubliables comme Le mariage de mon meilleur ami (avec un superbe générique par contre !), le reste sombre dans l’inconscient collectif et s’oublie progressivement (je ne vous ferais pas la gageure d’en citer un pour le coup, par respect pour les spectateurs qui aiment ce type de métrages) (Ou lors très vite : La Rupture, 40 jours 4à nuits ou encore, au hasard… Le code a changé pour taper un peu côté frenchy).

 

Made of Honor relève à mon sens de la seconde catégorie. Le film interprété par Patrick Dempsey , Michelle Monaghan ou encore un inattendu Sydney Pollack raconte l’histoire d’un célibataire collectionnant les aventures et vivant selon un certains nombre de règles de vie qu’il a lui-même inventé… tout comme le collier à café qui lui permet de mener une vie assez oisive. Il partage ses goûts et ses envies avec une jeune femme rencontrée dix ans auparavant lors d’une soirée en fac , suite à un quiproquo et une erreur de chambrée….

 

Une décade plus tard, alors qu’ils sont les meilleurs amis du monde, cette dernière part en voyage professionnel en Ecosse et ramène un beau blond tendance rouquin qui s’annonce être le futur mari….

 

Ok, le fil rouge est téléphoné et la fin ne laisse guère de doutes quand à la finalité de ce mariage. Ce qui est intéressant dans ce film, ce n’est pas tant le dit mariage, ni même le fait que Dempsey va endosser le rôle de demoiselle d’honneur, fait pour le coup secondaire, mais plutôt les personnages eux-mêmes.

 

Le film se divise en trois parties : connaissance des protagonistes, nouveau venu et préparation du mariage avec ses coups tordus et renversement de situation avec l’ami qui admet enfin ses sentiments.

 

On passera assez vite sur le premiers tiers un peu longuet mais nécessaire pour bien connaître Tom (Dempsey) et Anna (Monaghan). Traité comme un jeu de miroirs renvoyant sans cesse sur la vie sociale de l’un et l’autre (ils ont tous deux trois ami(e)s de base, le côté masculin conseillant Tom pour qu’il récupère Anna, le côté féminin s’enthousiasmant pour cette dernière….), il permet de s’attacher et d’injecter un peu de piment dans l’histoire au travers de situation cocasses.

 

image 3 ltaOn notera le rôle du père de Tom tenu par Pollack qui est lui aussi un jeu de miroir avec son fils, mais un miroir aux alouettes, celui-ci représentant ce que Tom pourrait avoir et ce qu’il risque de devenir, à savoir un vieux bonhomme collectionnant les femmes et les divorces dans des relations éclairs, sans véritable lendemain. Pollack est simple et efficcace dans le rôle du mentor désabusé qui est revenu de la vie sentimentale et qui essaie de pousser son fils dans la bonne voie.

 

La mère de la mariée est dans ce cas de figure le reflet du père de Tom puisqu’elle-même suit le même chemin, comprenant avant sa fille la finalité de cette histoire.

 

Le second morceau est le plus drôle, car tout est permis. On sourit souvent devant l’inefficacité de Tom à démonter le futur marié, véritable Mr Perfect écossais (Duc, riche, appartenant à une famille de distillateurs et doté de sérieux atouts ….). Tom va tout faire pour essayer de récupérer sa confidente jusqu’à relever le défi dans une tenue limite ridicule dans des jeux locaux, tradition pour exprimer la virilité du futur époux. Les scènes sont kitchs et le lancer de tronc d’arbre en est le point d’orgue.

 

image 1 ltaOn savourera aussi le coup tordu d’une des vraies demoiselles d’honneur qui ne supporte pas Tom via l’invitation d’une vendeuse de sex toys et l’invention d’un nouveau collier qui sera surement hype dans plusieurs années. ^^

 

On regrettera toutefois que le scénario n’ait pas ouvert plus de portes comiques, d’autant qu’il y avait matière entre la jeune femme un peu ronde qui veut absolument entrer dans un 38, une romance avec un écossais esquissée mais non approfondie, une rivalité entre Tom et une hystérique blonde qui ne va pas assez loin et les us et coutumes d’une famille écossaise qui auraient pu réserver de grands moments tout en préservant la trame de départ.

 

Vraiment dommage ! Le repas où la mère annonce fièrement que toutes les victuailles  ont été tuées par Colin en l’honneur de la mariée…. Beau moment de déphasage total entre culture us et scottish…. Les frères Farelly se seraient régalés sur un tel terrain de jeu.

 

D’un autre côté , le film reste ainsi dans les cadres qu’il s’est imposé et on avance rapidement vers une partie finale plus consensuelle et attendue.

Dont je tairais les détails et l’issue. Quoique facile à deviner, le film s’arrêtant juste à ce moment sur une ultime joke renvoyant au début du métrage. La boucle est bouclée et le film se suffit alors à lui-même.

 

image 4 ltaCôté acteurs, Dempsey que je ne supporte pas dans les simples trailers de Grey’s Anatomy et qui était vraiment limite dans Il était une fois (dur d’être comparé à un prince complètement barré dans le délire assumé !) apparaît ici rapidement attachant. D’accord son jeu d’acteur reste limité, il ne fallait pas non plus espérer des étincelles mais cela suffit largement ici. Le rôle ne demande pas non plus un acting à oscars. Monaghan que je ne connaissais pas s’en tire assez bien, mais n’importe quelle actrice du moment et pas trop bête pouvait en faire autant (cela en élimine des wagons entiers de potentielles, c’est sûr …. Sarah Jessica Parker et autres, passez votre chemin !). Pour être moins dur, elle donne suffisamment d’innocence et de tendresse pour emporter l’adhésion. Une Anne Hataway, aussi bonne actrice soit elle, n’aurait pas fait l’affaire par exemple, et on devine une complicité sincère entre les deux comédiens.

 

Les seconds couteaux sont savoureux, ce qui est souvent le cas de ce genre de films, et ce sont eux qui réservent le plus de surprises comiques, de la grand-mère arborant des perles de massages en collier à celle à l’accent incompréhensible qui est irrésistible en passant par le prêtre qui bien que n’ayant que quelques répliques réussi à marquer.

image 2 lta

Au final, un petit moment sympa, d’autant plus agréable pour partager un moment complice avec son ami(e).

 

Pas un indispensable mais si vous tombez dessus pas cher, n’hésitez pas.

 

Côté technique, le Bluray offre bon nombre de paysages splendides, la définition est excellente, la colorométrie est chaude et les visages très bien détaillés. Côté sonore, du bon travail en dolby true HD . Pas d’effets extraordinaires, ce type de films de ne s’y prêtant pas. Restent des dialogues clairs, présents et une musique d’accompagnement qui ne passe pas par-dessus.

Bonus sympas mais assez commerciaux dans l’ensemble.

 

 

 Le témoin amoureux (Made of Honor)


2008 – Columbia Tristar

Réalisateur : Paul Weiland
Acteurs : Patrick Dempsey, Michelle Monaghan
Genre : Comédie romantique

Disponible en dvd simple et en blu ray (le blu ray US est free zone avec VFQ et vostfr) 

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 20:11

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L’homme Invisible

 

Claude Rains nous offre une interprétation de premier ordre dans ses débuts au cinéma, dans le rôle d’un mystérieux médecin qui découvre le sérum de l’invisibilité. Enveloppé de bandelettes et cachant ses yeux derrière des lunettes noires, Rains débarque dans un petit village de la campagne anglaise et tente de cacher son incroyable découverte. Cependant, le sérum qui l’a rendu invisible le pousse également à commettre des actes d’une indicible horreur. Basé sur le roman de H.G. Wells et réalisé par le grand maître du macabre, James Whale, l’Homme Invisible a non seulement donné lieu à une kyrielle de suites, mais peut aussi se targuer d’effets spéciaux qui resteront longtemps inégalés. 

 

 

Pour la sortie cinéma de Van Helsing, les studios Universal avaient eu la bonne idée d’exhumer de leurs tiroirs certains de leurs titres phimage004ares des années 30 et 40. Bien évidemment, certains métrages avaient déjà eu les honneurs d’une édition dvd mais tout l’aspect graphique de ces perles du cinéma d’épouvante avaient alors eu droit à une collection dédiée. Dans cette série fort précieuse, on trouva des titres fers de lance comme Dracula de Browning (raaaaaaaahhh Lugosi, vampire devant l’éternel et surtout des milliards de spectateurs et dont le plus bel hommage reste celui fourni par Tim Burton dans son excellent Ed Wood avec l’hallucinant Martin Landau qui fut d’ailleurs récompensé à l’époque et permis à un critique une bien jolie sortie : Martin Landau a eu l’oscar, son ombre l’a eu pour Bela), les Frankenstein de Whale (réalisateur qui nous préoccupe donc indirectement aujourd’hui) ayant permis à Karloff de sortir lui aussi de l’ombre pour se faire connaître sur la scène internationale, via une composition émotionnelle incroyable d’humanité derrière un visage recouvert de maquillage et de prothèse (pour l’anecdote , Karloff fut repéré alors qu’il était de sortie et il ne put alors s’empêcher de regretter qu’en le voyant bien vêtu et fort apprêté, le réalisateur ait pensé à lui pour jouer un monstre….) essai qu’il confirmera avec La Momie , les deux films étant sortis quasi simultanément, le Loup Garou qui dénote dans le genre car le monstre cette fois ci ne s’assume qu’à moitié, la partie humaine rejetant son alter ego démoniaque contre lequel il ne peut lutter. Cet aspect caché de l’humanité qui ressort physiquement lors des nuits de pleine lune laissera d’ailleurs dans l’histoire du cinéma des interprétations plus ou moins fantaisistes type Teenwolf  où les spécificités de la lycanthropie coïncident comme de bien entendu avec les affres de l’adolescence et de la puberté, Wolf avec l’excellent Jack Nicholson ou le calamiteux Underworld (je ne parle même pas de la suite) ou comment massacrer une histoire au potentiel fantastique, faisant enfin des loup garous de parfaits némesis et non plus des sous fifres ou une sous espèce face aux vampires ,même si le sujet est introduit avec un rapport maître / esclave).

 

 On notera bien sûr la présence de titres moins exposés médiatiquement tel le Fantôme de l’Opéra , dont  l’adaptation Universal reste l’une des seules versions valables comparée aux sous navets récents transformés en hybride de comédie musicale  (ce qui n’est pas en soi un mal, quand cela reste bien réalisé et justifié) comme ce film produit par New Line récemment. De toute manière, de mémoire, les œuvres de Gaston Leroux ont été formidablement mal interprétés ces dernières années au cinéma, qu’il s’agisse du film précédemment cité ou bien encore du Mystère de la Chambre Jaune ou de sa suite Le Parfum de la dame en noir. Auteur contemporain, Maurice Leblanc n’a pas eu plus de chance, avec au hasard l’Ile aux trente cercueils, série tv des années 70/80 où Arsène Lupin n’apparaît même pas et justement le Arsène Lupin joué par Romain Duris qui aurait pu donner un film intéressant s’il ne s’était justement pas targué de porter ce titre.

image008Mais arrêtons (pour le moment) les digressions et revenons à nos braves monstres. Cette collection a également eu la bonne idée de ressortir l’Etrange créature du Lac Noir qui s’intègre parfaitement dans une logique de monstres de cinéma. Tous ces titres, novateurs pour l’époque, ont été de véritables jalons dans l’ère du cinéma fantastique entraînant de nombreuses séquelles mais aussi moult remakes et relectures ces dernières années quand ils n’ont pas simplement été réunis dans un même métrage pour satisfaire nos pulsions refoulées de geeks. Citons en vrac l’inénarrable Monster Squad  (ayant d’ailleurs fait l’objet d’un excellent pop-corn reborn dans ces colonnes), le Dracula  de Coppola, le Frankenstein avec De Niro ou encore la Momie de Summers (pour ne présenter que les plus réussis)…

Reste alors cet Homme invisible qui lui aussi sort auréolé de monstruosité alors que le personnage principal, loin d’être un être mythologique comme Dracula, un zombie comme Frankenstein ou une aberration due pour moitié à l’homme et pour moitié à la nature comme la créature du Lac Noir n’est purement et simplement qu’un homme. De plus, contrairement aux trois individus pré cités, celui-ci ne possède pas d’attributs propres à effrayer ses contemporains tels des canines hypertrophiées, un visage couturé de cicatrices ou un faciès aquatique. La peur qu’il suscite réside justement dans le fait qu’on en voit rien de lui. Paradoxalement, c’est ce qui reste le plus efficace dans un monde d’épouvante. Une momie, un loup garou, un vampire et j’en passe, peuvent évidemment effrayer et vous surprendre mais vous pouvez toujours les voir et donc stigmatiser vers cette apparence votre appréhension.  Vous pouvez également fomenter des plans d’action contre eux,  vous déplacer à plusieurs pour leur faire la peau (quand il y en a) mais un homme invisible …. Pour peu qu’il soit discret, vous ne pouvez rien contre lui. Vous ne le voyez pas, vous ne le visualisez pas, vous ne vous rendez pas compte de sa présence ce qui démultiplie votre frayeur, le tout décuplé par une paranoïa naissante qui trouble vos idées et au moment où vous vous y attendez le moins, vous vous rendez compte qu’il est déjà trop tard. De plus, comme il ne s’agit que d’un homme, aucun recours mystique n’est efficace, aucune incantation, aucune lumière solaire salvatrice ne pourra vous sauver s’il a décidé de vous tuer.

Cet homme invisible, alors libéré de tous les préceptes de moralité qui conditionnent le comportement humain en société depuis sa naissance, va pouvoir laisser libre cours à ses pulsions. Se promenant nu, pouvant exécuter les pires besognes sans représailles sous le concept « pas vu pas pris », pouvant agir dans l’ombre comme en pleine lumière sans s’inquiéter plus avant des conséquences de ses actes, cet homme là n’a alors plus rien d’humain et peut être ravalé au rang d’animal, à la différence près qu’un animal ne tue pas par plaisir mais pas nécessité. Même les monstres que nous avons énumérés ci-dessus tuent par besoin (sacrifice pour retrouver son éternel amour pour la momie, besoin de survivre pour Dracula, amour toujours, pour la créature du lac noir et j’en passe…).

image010L’homme invisible, lui, a une volonté que rien ne pourrait contrecarrer mais prend aussi un plaisir sadique à torturer mentalement comme physiquement ses victimes, à l’image du meurtre de son ex-collègue laborantin dans le film auquel il décrit dans le détail ce qui l’attend (fractures, tonneaux….) avant de l’expédier ad patres dans le vide au volant de sa voiture, complètement ligoté. Cette simple évolution, cette volonté de détruire et de vouloir prendre le contrôle d’un monde, le catalogue déjà comme inhumain mais au-delà encore, ravale nos monstres tant aimés au rang de subalternes, aucun d’entre eux n’ayant de pulsions de contrôle d’échelle mondiale. On songe alors au Club des Montres mettant en vedette Carradine Senior et Vincent Price (qui joueront d’ailleurs tous les deux dans des séquelles de l’Homme invisible, pour la petite histoire) ou ce dernier propose l’entrée de l’homme dans le très select club , ce qui soulève l’indignation avant un petit laïus magistral (que je n’auras pas la bassesse de dévoiler ici, laissant intact votre plaisir de vous procurer la galette pour presque rien avec un autre film fameux et savoureux, le Cirque des Vampires, sur un site low cost bien connu des dvdvores) qui achève d’emporter l’adhésion et la validation de l’inscription de l’humanité dans son ensemble.

 

Le film de Whale, merveilleux réalisateur et homme d’un goût et d’une préciosité sans failles lorsqu’il s’agit de nous emporter dans les turpitudes d’une histoire bien conçue, réussit donc parfaitement à mettre en image tous ces préceptes, dépassant de fait le roman originel de Wells (qui est bien autre chose que le sympathique guignol courant après Tempus dans Lois et Clark, formidable auteur à succès et digne successeur de Jules Verne dans son approche somme toute très scientifique des choses, à laquelle on peut ajouter une immanquable critique politique de son époque, que ce soit dans les thématiques de  l’homme invisible, du voyage dans le temps (qui donnera quelques décennies plus tard l’agréable C’était Demain de Nicholas Meyer, auteur ô combien émérite de la relecture très réussie de la mythologie Star Trek dans La colère de Kahn et Terre Inconnue) pour imposer sa propre vision emprunte de réalisme mais aussi d’un certain humour noir qui ne dénature en rien la vision du film, cette inspiration crédibilisant encore un peu plus la folie mégalomaniaque de Rains.

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Le film pourrait se diviser en cinq parties, toutes représentant un échelon supplémentaire dans l’escalade vers la folie de Raines, à l’exception du dernier où il retrouve son humanité. On notera d’ailleurs la fantastique maîtrise et le travail formidable de Whale à exposer un tel sujet en aussi peu de temps, sans ménager de temps morts et en restant extrêmement cohérent. Réussir à exposer une histoire aussi complexe et avec tant de rebondissements en moins de 70mn là où aujourd’hui, il en faudrait facilement le double et avec dix fois moins d’efficacité… L’usine à rêve d’Hollywood s’est sérieusement enrayée et il faut un petit dégrippage de temps à autre pour se surprendre à y croire encore, le dernier en date étant Le Seigneur des Anneaux. D’ailleurs, pour tous les amoureux du réal, je ne peux qu’encourager à se procurer le dvd de Gods and Monster (chroniqué lui aussi en détail sur le site), qui éclaircit d’un jour nouveau le travail de celui-ci, interprété avec brio et retenue par le très bon Ian McKellen.   

 

Le premier segment renvoie à l’ouverture (évidemment) du film sur l’arrivée d’un mystérieux individu emmitouflé de la tête aux pieds, dans un extérieur hostile, couvert de neige ; désespérément froid et où notre homme est seul. Le soin apporté au cadrage et à la photo renvoie à une parfaite métaphore de la condition de notre protagoniste à cet instant, puisque lui aussi connaît la solitude. Cette image d’inhospitalité renvoie à la chaleur d’un pub anglais typique, proche de l’image d’Epinal avec son tenancier discutant le bout de gras avec les autochtones, en soif de bon alcool et de chaleur humaine. La confrontation entre les deux univers est flagrante quand débarque l’inconnu au phrasé rare et à la voix vraiment étrange. La vindicte populaire classique face à l’étrange reste d’ailleurs sous jacente, les contrastes se faisant plus sombre et la populace regagnant de concert une table en retrait du comptoir, appuyant donc encore sur l’isolation de l’inconnu. Pour bien faire, le tenancier précise au nouveau client qu’il n’y a pas de chambre disponible en cette saison, ce qui renforce encore cet écho d’abandon absolu. S’en suit finalement une installation à l’étage sous d’étranges directives, la tenancière cherchant à en savoir un peu plus sur son « invité » afin d’alimenter les ragots du rdc. L’homme n’étant pas sociable et les bandages de ce dernier ayant fait forte impression, l’imagination populaire s’enflamme et on prête à l’étranger un passif assez lourd allant de l’évasion de prison à l’accident de voiture, si ce n’est une combinaison des deux. Le parallèle avec le spectateur est intéressant à souligner, car bien que sachant pourquoi le personnage porte tous ses bandages, son imagination aussi se laisse guider par toutes ces suppositions, sans compter la future transposition à l’écran du phénomène d’invisibilité.

 

Le segment suivant, suite à l’introduction précédente, va permettre de dévoiler au grand jour la nature réelle du personnage. Le temps passe depuis qu’il a élu résidence dans ce pub pittoresque et il a eu le temps de se forger malgré lui une solide réputation d’homme acariâtre et capricieux, nonobstant un certain côté asocial. Les problèmes de loyer non payés, de vaisselle cassée et de grossièreté finissent d’exaspérer la tenancière (amusante actrice d’ailleurs qui fatigue un peu lorsqu’elle joue l’hystérie mais qui possède un jeu d’une expression aujourd’hui disparue. On sent que cette période fait transition entre le muet et le parlant tant parfois les émotions frisent l’exagération pour un bonheur certain du spectateur d’aujourd’hui) ce qui force Rains à dévoiler son secret pour avoir la paix tout en effrayant la peuple via des espiègleries donnant la part belle aux effets spéciaux, proprement hallucinants et d’une perfection encore d’actualité et rivalisant sans peine avec les effets numériques (vol dé vélo, bousculade et consort après avoir fait tourner la police en bourrique en tournant autour d’une table simplement en chemise !).

 

  image016 image018

 

C’est d’ailleurs dommage que les effets optiques soient aujourd’hui au rencard tant ils apportent une atmosphère particulière à un film, les derniers gros blockbusters les ayants  utilisés avec succès étant Superman de Donner et The Shadow avec Alec Baldwin. Pensez donc, pour réaliser l’effet d’invisibilité, Whale n’a ni plus ni moins qu’eu recours à l’ancêtre des écrans bleus ou vert , via une surimpression de la pellicule. En fait, l’acteur devait porter du velours noir, puis être enregistré sur fond noir avant d’être réimprimé sur la scène normale. Amusant de constater d’ailleurs que l’acteur lui-même n’apparaît jamais à l’écran, si ce n’est dans la scène finale , jouant ainsi les hommes invisibles dans la peau de l’homme invisible, tout étant basé sur son incroyable voix.

 

image020Le troisième segment, central dans la construction du personnage, dévoile ses forces et faiblesses sans pour autant prendre le spectateur pour un ahuri fini, ce qui est une grande marque de respect en soi. Whale ne s’embrasse pas de fioritures et part du principe que le postulat de départ a été accepté et que la personne ayant payé son billet possède un esprit assez ouvert pour accepter mais l’incroyable. Raines est donc dehors, son secret est dévoilé et il ne connaît plus aucune retenue, il trouve refuge chez son ancien collègue (courtisan en passant de sa fiancée, dite fiancée qui n’existait d’ailleurs pas dans le roman original mais qui permet d’avoir à la fois une touche de glamour dans le film, d’être une motivation véritable de découverte scientifique pour Raines et enfin une soupape de sécurité permettant de rattacher de manière infime l’homme invisible à son humanité perdue) qu’il parvient à museler sous la menace tout en l’enrôlant de force dans ses basses besognes afin de devenir un chef incontesté de la race humaine. Pour cela, il vole, terrifie et tue tout ce qui le gêne, mais avec un plan pré-établi, précisant lui-même que les grands comme les petits seront touchés afin de ne pas exercer de différenciation. S’en suivent plusieurs passages assez jouissifs où il vole une banque sans être inquiété et redistribue l’argent dans la rue (un tiroir de banque volant dans une agence n’attirant visiblement le regard de personne), où il fait dérailler un train avec une facilité déconcertante (c’est bien connu, en arrivant à un pont, il y a forcément une voie de chemin de fer qui conduit dans le vide….) ce qui conduit sans transition au segment suivant, inévitable, celui de la chasse à l’homme.

 

On sent alors la paranoïa qui a envahit la population qui s’enferme chez elle à double tour, qui concerne également la police qui use de filets pour parcourir les pièces afin de voir s’il n’est pas présent. Signalons au passage la remarquable ouverture d’esprit de la police qui lorsqu’elle est confrontée la première fois au pouvoir incroyable de image022Raines ne tique pas et déblatère simplement aux quidams et à son chef que le suspect est invisible et qu’on en peut donc pas le voir… esprit large à priori partagé par la population et les journalistes qui s’emparent alors de l’affaire. La chasse à l’homme s’organise donc et l’homme invisible s’en amuse, continuant de se moquer de la bienséance et n’hésitant pas à  se jouer d’un barrage de police tout en piquant le pantalon d’un de ses représentants pour déambuler dans la campagne en chantant, vêtu du simple vêtement, et en effrayant les braves gens. La folie est alors consommée et totale (bien qu’indirectement due  à un des composants de la potion d’invisibilité, même si à mon humble avis, le dit ingrédient se contente plutôt de révéler la folie latente existante en chacun de nous et simplement refoulée par l’éducation et les verrous sociaux, cependant, il faut bien lui trouver une cause scientifique, histoire d’étoffer le personnage qui ne serait sinon qu’un simple malade mental) , raines tuant sans discernement aucun. Une solution est trouvée en se servant de l’ex collègue laborantin comme appât (ce dernier ayant eu la promesse qu’il mourrait à 22h des mains de l’homme invisible) et on se rend alors compte à quel point toute l’attention du monde reste futile contre un tel don, ce dernier se faisant tuer de manière fort brutale (étonnante d’ailleurs vu l’époque et le public visé. On a droit à des strangulations multiples, à un homicide et j’en passe  mais le tout reste, il est vrai sans une seule goutte de sang).

 

Le cinquième segment se clôt, sans pour autant être bâclé, par la mort de Raines. Celui-ci, bien que redoutablement rusé reste néanmoins humain et doit se reposer. Pour cela il trouve refuge dans une grange, mais ses ronflements ne passeront pas inaperçus et sous une impulsion inspirée de la police, il sera exécuté quand il cherchera à s’enfuir de cette dernière qui est en flammes. Cela nous conduit à la séquence finale, où au seuil de la mort , le produit n’agit plus et laisse à nouveau apparaître pour la seule et unique fois le visage humain de Raines (via un montage astucieux que je ne dévoilerais pas ici) . L’invisibilité est partie et il retrouve une apparence sociale, belle image de purification de pêchés sur un faciès reposé.

 

image025Ce film, considéré comme mineur par Universal (un seul module de bonus sur le dvd contre une bonne demi douzaine pour la Momie, Dracula et les deux Frankenstein) et dans la filmographie de Whale mérite d’être redécouvert avec un regard neuf , ne serait ce que pour l’excellence de sa mise en scène et pour la portée qu’il aura eu dans l’histoire du fantastique. Scénario, maîtrise des sfx, des acteurs parfaitement justes de Raines, dont c’était pourtant le premier rôle au cinéma (son jeu avait été jusque là jugé comme outrancier et pompeux), rôle qui avait été d’abord prévu pour Karloff puis pour Owen qui s’étaient finalement désistés tous les deux pour des problèmes divers et variés, à Gloria Stuart que l’on connaît tous pour son rôle dans …. Titanic de Cameron (la vieille dame qui nous saoulent tous à un niveau plus ou moins grand et qu’on l’on a parfois rêvé de pousser par-dessus la rambarde….) et j’en passe pour un plaisir pantois devant cette cigarette qui se fume seule ou ce vélo qui part en trombe sans personne en apparence dessus. Et quand on voit la piètre qualité du remake de 1992 ou la trahison véritable de Hollow Man (réussi pourtant en tant que Thriller mais sans aucune inspiration lyrique, le scénario s’effaçant devant les sfx certes révolutionnaires mais sans âme), on ne peut que se réinstaller au fond de ses couettes, le dos callé par les oreillers et se plonger à nouveau dans la rondelle ou pourquoi pas étoffer un peu sa bibliothèque en relisant l’œuvre de Wells.

 

 

L'homme Invisible (The Invisible Man)

1933 - Universal Studios

Réalisateur : James Whale
Acteurs : Gloria Stuart – Claude Rains ....

Genre : Fantastique

Disponible en dvd simple et en dvd coffret Univesal Monster 

 

               

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 05:12

Cela m'a titiller une partie de la nuit (je travaille de nuit à l'année et j'ai donc un rythme inversé) et j'ai finallement cédé aux sirènes de la belle bleue.

 

Dernière commande passée sur Second Spin ce soir, toujours en profitant du code que j'ai communiqué dans mon précédent post!

 

Sont donc bientôt prévus à la maison pour un total de 22.20$ (FDPI) :

 

http://www.secondspin.com/amgcover/dvd/large/u8/71/u87113v7s1m.jpg http://www.secondspin.com/amgcover/dvd/large/u4/67/u46763hxuz7.jpg http://www.secondspin.com/amgcover/dvd/large/v0/67/v06751hqjwt.jpg

 

J'ai surtout fait la commande pour A Christmas Carol que je ne parvenais pas à trouver à bon prix par chez nous. Observe and Report est un inédit avec Seth Rogen. C'est un acteur que j'apprécie et il m'avait favorablement marqué dans Le Frelon Vert mais surtout dans Funny People avec Adam Sandler. Le pitch du film (Ronnie Barnhardt, chef de la sécurité d'un centre commercial, s'engage dans une guerre de territoire contre la police locale.) semble assez prometteur pour donner une bonne comédie bien basse de plancher, très sympa pour décompresser sans se poser de questions ^^. la présence d'Anna Farris este la cerise extrême! Elle qui n'était pas extraordinaire dans les Scary Movies m'avait beaucoup fait rire dans The House Bunny qu'elle portait à bout de mèches blondes et de saillies mémorables!

Twister m'a permis de boucler la commande, je ne l'avais pas vu depuis très longtemps et me le recompulser en HD me réjouit à l'avance (même si les retours sur le gain en HD ne sont pas probants).

 

Enjoy donc!

 

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 23:05

Salut à tous!

 

Le net est blindé de bons plans divers et variés permettant d'assouvir ses passions/pulsions à moindres frais quand l'occasion se présente.

 

 

Secondspin.com est un excellent site étranger permettant de s'offrir des titres en dvd ou bluray en toute simplicité. la plupart du temps, on peut même mettre la main sur des artciles qui ne sont jamais sortis en France ou bien encore obtenir un article avec un visuel différent ou des pistes sonores inédites chez nous.

 

http://www.secondspin.com/

 

 

Le principe de Second spin est simple. Tout est d'occasion et 100% garanti. Les commandes sont expédiées à travers le monde et les produits arrivent le plus souvent dans un état impeccable et reblisterisés. On peut s'y procurer de la musique en cd, des films en dvd/bluray/hddvd et aussi des jeux vidéos sur PS3/PSP/Xbox.

 

L'ensemble du site propose des produits US, donc attention au zonage et aux langues proposées.

Pour ma part, jepasse par Planet Axel pour visualiser les zone free en BR et le dos de ces derniers pour les pistes audios.

Mes lecteurs dvd étant dézonnés, je n'ai pas de problèmes particuliers de lecture.

 

Attention toutefois, le paiement s'effectue en dollars (= comission possible au niveau des banques) et au delà d'une certaine somme, il y a risque de douanes. D'expérience, je n'ai jamais payé de surplus après une cinquantaine de commandes pourtant. 

 

Cette semaine, le site propose un bon spécial :

Get 20% Off CDs, 20% Off DVDs and 10% Off Games PLUS Free Shipping with any Purchase of $25 of More! Just enter 2NDFSEPT at check out. This offer is for one week only and ends 9/22/11.

Juste ce qu'il faut pour faire de bonnes affaires. Pour limiter la casse et les risques, je conseille de faire plusieurs commandes autour de 20/25$ plutôt qu'une seule grosse de 60$. Mieux vaut payer un peu de frais de change que de voir arriver l'affreux autocollant orange des douanes avec ses 19,5% de tva à verser...

 

J'ai profiter de l'occasion pour passer trois commandes avec les titres suivants:

 

http://www.secondspin.com/amgcover/dvd/large/v0/21/v02196n4r0g.jpg http://www.secondspin.com/amgcover/dvd/large/u7/49/u74940ujisi.jpg

 

La première saison de Glee en un seul coffret Bluray. Il est siglé zone A mais il est en fait multizone avec une piste en VOSTFR. ce genre de série se regarde plus facilement en VO qu'en VF, donc pas de regrets, d'autant qu'en France , il n'existe qu'une version DVD, déclinée en coffrets multiples. La saison m'est revenue à environ 15.99$

 

Rock'n Rolla est un bonus pour atteindre le quota de 25$ de commande minimum. Il m'est revenu à  à 4.79$. J'aime beaucoup Ritchie en réalisateur (Sherlock Holmes, Arnaques , crime.... et quelques autres perles) et l'histoire à l'air assez barrée. Donc je ne me suis pas trop posé de questions. ^^


http://ecx.images-amazon.com/images/I/61IqWnSr%2BnL._AA160_.jpghttp://ecx.images-amazon.com/images/I/51e4b1ZxkLL._SL500_AA300_.jpg

 

 

Dragons et Les Gardiens de Ga'Hoole existent en France mais ils restent à des prix prohibitifs. Impossible de les avoir sous les 13€. Mais les USA les proposent en zone free avec piste VFQ et piste VOSTFR. Et en combo br/dvd également. Ce qui me convient parfaitement. J'ai entendu beaucoup de bien de ces deux métrages d'animation et j'ai un faible pour Zack Snyder depuis L'armée des morts et 300 (Watchmen, j'ai moins accroché mais je n'ai pas encore vu la version longue qui pourrait changer la donne, alors on je ferais peut être un petit billet visionnage à l'occasion).

Prix d'achat pour ces deux là : 11$ pièce

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51VdGK6tQxL._SL500_AA300_.jpghttp://ecx.images-amazon.com/images/I/514oOUVVInL._SL500_AA300_.jpg

 

On continue sur ces deux titres. La bilogie El Mariachi / Desperado avec piste vraie VF et VOSTFR, zone free. Le titre sort bientôt en France pour environ 23€ alors que j'ai pu le dégoter à 11.19$ sur Secondspin. Je suppose que le disque est double couche. Je l'ai acheté après avoir visionné récemment Machete avec Dany Trejo, histoire de prolonger le plaisir. Il y a dix ans , quand j'ai essayé, je me suis endormi.

Mais en grandissant, les goûts changent donc j'espère me faire autant plaisir qu'en visionnant la bande annonce de ces deux films...

Le Zohan, je l'avais déjà en dvd Z1 (Rien que pour vos cheveux en France) mais Sandler que j'aime beaucoup est tellement bon dedans et le prix était tellement petit (3.99$) que je n'ai pas hésité une seconde. Le Zohan, c'est du délire un peu gras assumé à 1000%. je le recommande viement pour une soirée entre amis (masculins de préférence, pas certain que les filles apprécient ^^)

 

http://www.secondspin.com/amgcover/dvd/large/v1/71/v17159d8gjb.jpg

 

 

I am number four (Numéro quatre par chez nous) est une production récente qui coûte encore assez cher ici. La presse était assez partagée, mes collègues étaient plus enthousiastes. Cette succédannée de Heroes et des films de comics possèdent pourtant tout ce qu'il faut pour me plaire, alors j'ai tenté le coup (13.59$). j'espère juste que le bluray US sera de meilleure qualité que le pressage français....

 

 

 

 

 

http://www.secondspin.com/amgcover/dvd/large/t5/84/t58440jbqdk.jpg

 

Seul achat dvd de cette fournée étrangère, cet Over the Top est une de mes nombreuses madeleines de Proust. Je sais qu'il existe une version BR mais je n'arrive pas à mettre la main dessus à un prix raisonnable. En Europe, il est sorti chez MGM avec une image catastrophique, une piste française imposée de mémoire et une jaquette immonde. Vu que le z1 était dispo pour à peine 3.19$, pourquoi attendre plus longtemps? Editeur Warner oblige, l'image devrait être bonne et j'aurais en plus le boitier mi plastique mi carton que j'aime tant.

Le film en lui même est devenu avec le temps une véritable série B (à moins que ce ne fut le cas dès le départ) mais il est assez réussi et comporte son lot de scènes à dialogues très eighties (comprendre ridicules, exagérés mais assumés). Je ne l'ai pas vu depuis des années, et j'avoue être très impatient. Et après tout , je ne crois pas que le BR lui apporte grand chose, non?

 

 

 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/71ZHOe3lfBL._AA300_.jpg http://www.secondspin.com/amgcover/music/large/c5/37/c53742uw725.jpghttp://www.secondspin.com/amgcover/music/large/f4/37/f43744bwo3n.jpg

  

 

Pour compléter les commandes, j'ai acheté pour la première fois des cd chez eux. je n'écoute pas de musique en règle générale, mais des sountdtracks, ce n'est pas la même chose. J'ai d'ailleurs loupé le cd de Batman et Batman Returns par Danny Elfman de peu... Pour une prochaine fois! Peut être....

 

Je suis en plein cycle Star Trek en ce moment, et l'opportunité de pouvoir écouter en excellente qualité les grands thèmes de la franchise par un orchestre ne se refusant pas, je me suis pris Le Symphonic Star Trek par l'orchestre de Cincinatti (2.54$). Sur une autre commande, j'ai sauté sur l'OST de Jurassic Parc (3.19$) qui fait toujours tourner à  plein régime la machine à souvenirs chez moi. John Williams est vraiment excellent sur ce score. Et c'est li'déal pour écrire certains passages ^^

Je termine avec l'OST de la Belle et la Bête (3.99$)  revu récemment en vo sur BR. Le score est excellent, les musiques et les paroles sont parfaites. Un pur moment de bonheur que ces quelques morceaux.

 

Il n'y a plus qu'à espérer que le facteur n'aura pas fait un entraînement de rugby avec mes colis et que tout arrivera en bon état .

 

 

 

 

 

 


 

 

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 07:29

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51S9X9REW1L._SL500_AA300_.jpgAfin de compléter la fiche critique de Star Trek 1979, voici un test éclair de la version dvd director's cut sortie il y a quelques années. Un conseil néanmoins, si vous êtes équipés en HD, n'hésitez pas une seconde et foncez sur le BR. Il offre la version française originale et l'image est à tomber tant le BR est riche en détails , avec des contrastes excellement gérés et une piste sonore 7.1 en VO. Un must have dans une BRthèque qui se respecte pour peu qu'on adhère au genre!

 

Pour ce qui est du dvd :

 

Côté image : 16/9 - Ratio : 2.35.1

L'image a été complètement retravaillée pour nous offrir le meilleur confort de visionnage possible. Les nouvelles retouches de Wise , cependant, ne sont pas probantes et ne servent que l'introduction sur Vulcain. Pour le reste du métrage elles sont anecdotiques. Dommage que certaines incrustations soient trop visibles.

 

Côté son : Dolby digital 5.1 Anglais, Français , Italien et espagnol/ Sous-titres : Anglais, Français, ... / Commentaire audio et écrit : Sous titres en Anglais, Français, ...

Ignorez la VF! C'est un vrai massacre. Kirk s'exprime avec la voix de Riker de TNG! Il aurait été plus sage de sous titrer les passages inédits qui ne sont guères nombreux plutôt que d'effectuer un rajeunissmeent loupé du casting vocal comme ça a été le cas sur le premier collector de Superman. La VO s'en sort par contre avec brio, sans aucun bruit VHS en arrière fond.

 

Côté interactivité :

L'intéractivité représente le point fort de cette édition: nombreux spots tv, commentaires audios, hommages, explication des différentes versions (ciné, tv...), interviews, véritable making of et j'en passe. Le tout est entièremement sous titré, Paramount a choyé le 1er opus de sa franchise la plus rentable (juste retour des choses après avoir tant dénigré le produit à sa sortie) . Dans le détail, on aura :

  • Commentaires audio croisé du réalisateur Robert Wise, du rélaisateur des effets spéciaux Douglas Trumbull, du directeur des effets spéciaux John Dykstra, du compositeur Jerry Goldsmith et de l’acteur Stephen Collins(Dekker) . Un poil didactique mais restant passionnant de par son grand nombre d’intervenants.
  • Phase II : l’Enterprise perdu. Retour sur le projet mort né de donner une suite à TOS. On ne peut que regretter l’étroitesse d’esprit de la Paramount de l’époque.
  • Un nouvel Enterprise bien audacieux / Modifier le futur. Deux documentaires interessants mais un peu redondants avec le commentaire audio.
  • 5 scènes supprimées de la version cinéma de 1979 / 11 scènes supprimées de la version TV de 1983 : gadget et sans intérêt .
  • Archives de story boards
  • Spot promotionnel de la Série Enterprise, alors balbutiante. Non sous titrée. Je vous renvoie aux loupes éponymes pour en savoir plus sur la série en propre.
  • Bande annonce Teaser / Bande annonce cinéma / 8 publicités Tv : le b.a ba d’une telle édition. Un bon moyen de se rendre compte de l’évolution des bandes annonces de ce type de film au cinéma


 

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Published by Ivenpast - dans Test Blu Ray - DVD
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 06:58

Début aujourd'hui donc du cycle Star Trek TOS au cinéma avec un retour sur le premier opus signé Robert Wise. Engage!

 

sttos-film-1.jpg« Space, the final frontier…. ». Ces quelques mots doivent en théorie faire dresser le poil sur le main (celle qui tient la souris, l’autre étant toujours occupée à je ne sais quoi, tenir une tasse de café, piocher dans un saladier de bonbecs haribo ou lovée au chaud dans celle de sa copine …. dans le meilleur des cas) de n’importe quel geek voir de ceux qui aiment un tant soi peu le cinéma fantastique.

 

Qui aurait pu prévoir le succès que la chaîne ABC n’avait su déceler après trois saisons de décors en cartons et de pyjamas aux couleurs primaires, dans un univers si futuriste pour l’époque, sur un vaisseau spatial où se côtoyaient non seulement toutes les races de la Terre mais aussi de nombreux représentants de peuple aliens , et ce dans un contexte géopolitique plus que perturbé, dominé par la course à l’espace , la Guerre froide et autre joyeusetés de type Apartheid.

 

Et que pouvait on voir sur la passerelle ? Des humains d’origines divers au commande d’un vaisseau non pas en mission de conquête (dérivatif utilisé dans l’univers Miroir avec une Fédération belliqueuse et un système de valeurs proche du mode de vie klingon, ces derniers devant alors en toute logique garder des moutons avec des nœuds dans leur nattes….) mais d’exploration, souhaitant nouer des relations avec tous les peuples désirant également connaître les humains. Entre un asiatique et un russe travaillant de concert aux côtés d’européens et d’américains pure souche, nonobstant le premier baiser interracial de l’histoire de la télévision US, Star Trek a su être une série atypique et a réussi à jouer sur ce caractère particulier, entraînant dans sa chute un noyau dur de fans qui parviendront à entretenir la flamme de la distorsion et encourageront Roddenberry à ne jamais relâcher ses efforts, supportant pendant plus d’une décennie un projet de série avortée à la dernière minute (Star Trek : Phase II), un film achevé et entré en phase de production mais lui aussi arrêté avant le premier coup de manivelle (Planet of Titans) , la mise en chantier puis l’avortement d’une série animée malgré 26 épisodes où les stars d’origines avaient acceptés de doubler leurs avatars , sans compter un va et vient permanent entre les sections Tv puis ciné de la Paramount avant le grand final : le développement de Star Trek : the motion picture qui représentait à la base le super pilote d’une nouvelle franchise.

 

Ce film, porteur de nombreuses qualités et du germe de ce que seront les futurs licences télévisuelles, allait ouvrir en grand les portes du Gondor de la science fiction, proposant pour les 30 années à venir une série de succès cinéma à faire pâlir Star Wars qui n’a réussi à aligner que 6 longs métrages en deux séries de tournage là où Star trek a su enchaîner les exploits sur grand écran dans la durée mais aussi une aventure jusque là inégalée sur le long terme pour un seul et même univers de base , avec des enchaînements et des correspondances encore inédites d’une série à l’autre (Macquis, Guerre du Dominion….) via un nombre exponentiel de spin-off pour une durée de plus de 20 ans, enterrant de fait les parangons du genre que sont pour l’exemple Stargate Sg-1 et s’approchant du Wall of Fame cathodique où l’attend Dr Who.

 

Membres honoraires de Starfleet, prenez vos serpillières photoniques, épongez les torrents de larmes versées lors de l’annonce de l’arrêt d’Enterprise et reprenez espoir. Notre vaisseau chéri reprend du service pour enfin nous présenter le chaînon manquant qui nous manquait tant : 2009 va être à marquer d’un coup de phaser grâce à JJ Abrahams, le petit gars qui avait réussi à exhumer Mission Impossible de ses cendres et à donner une tête crédible à Tom Cruise dans un film d’action qui faisait tant défaut à cette autre saga de la Paramount dans laquelle avait joué autrefois léonard Nimoy, Immortel M Spock qui revient d’ailleurs sur le devant de la scène dans cet 11ème opus. Dans le cadre de cette sortie, quoi de mieux alors que refaire un petit tour, entre deux loupes sur les séries, sur la passerelle de Kirk , via les six premiers épisodes de la franchise au cinéma ?

 

De Robert Wise à Nicholas Meyer, replongeons nous donc avec délice dans les affrontements spatiaux et autres digressions humanistes qui ont fait de Star trek ce qu’elle est aujourd’hui, à savoir une exception culturelle unique dans laquelle sont traitées, toujours avec un optimisme forçant le respect les pires travers de l’humanité pour n’en retirer qu’une chose, que les Gardiens de chez Marvel ont bien compris : l’humanité porte en elle les germes d’une chose énormissime qui la dépasse et qui la destine à une évolution unique… Si une chose a réussi à marquer nos oreilles fragiles dont les séries tv et autres films à gros budget s’acharnent aujourd’hui à massacrer les tympans, c’est bien le générique de la série classique, simplement musical dans les premiers épisodes puis rapidement accompagné d’une partie chantée , correspondant parfaitement à notre petite équipée stellaire. Le thème musical d’Alexander Courage reste d’ailleurs aujourd’hui l’un des plus reconnaissables au même titre que celui de Mission : Impossible de Lalo Schifrin. Néanmoins, pour son passage sur grand écran, il fallait voir les choses en grand.

 

Ce sera chose faite avec Jerry Goldsmith, compositeur aussi prolixe au cinéma qu’un John Williams et artisan chevronné étant capable de s’approprier un univers existant pour le réinterpréter sans en dénaturer la trame originale voire même de transcender un film déjà excellent en lui apportant une crédibilité supplémentaire, un touche indéniable de maestria à l’image de son œuvre sur La malédiction de Donner. On le retrouvera d’ailleurs sur pas mal d’aventures de la Fédération, tant pour la grande toile que pour le petit tube domestique. Goldsmith s’empare donc de la partition de base et la transforme en quelque chose emplie d’un souffle épique qui , non content de soulever de joie le cœur des fans, emportera l’adhésion d’un public peut être néophyte. De l’emphase, du tempérament et de la fougue transpirent à l’apparition de noms bien connus du casting originel sur fond étoilé, sans autres fioritures graphiques si ce n’est certaines envolées qui galvanisent le chaland. On reste déjà sonné, mais heureux, tout comme la première fois que l’on peut écouter le thème en dts de Superman ou des Aventuriers de l’Arche perdue.

 

http://media.paperblog.fr/i/323/3237982/test-blu-ray-star-trek-film-1979-chewie-L-4.jpegLa musique occupe une part essentielle du cinéma. Sans elle, certains films entrés dans les mémoires seraient peut être restés anecdotiques, ou n’auraient tout simplement pas la même force. On citera pour l’exemple le boss des années 50 de la Columbia qui avait subrepticement dérobé une copie du Train sifflera trois fois avec Gary Cooper et qui le qualifia de navet. La partition n’avait pas été ajoutée alors qu’elle représentait un personnage à part entière du métrage. La suite, on la connaît, d’un western devenu classique et couronné par 4 oscar dont celui de la meilleure chanson …..

 

Une musique, un générique qui plus est, peuvent aussi s’approprier voire devenir l’identité profonde d’une histoire. La plupart du temps, un bon show sera reconnaissable de suite, même si l’on se trouve dans une autre pièce et provoquera en nous un sourire, que ce soit les premières notes des Simpson ou de Batman la série animée composées par le génialissime Danny Elfman des années 80-90 (je trouve, subjectivement parlant, qu’il se répète un peu depuis, à l’instar de la BOF de Spiderman) ou bien encore celles de la petite Maison dans la Praire ou de Dallas. Jerry Goldsmith, décédé il y a quelques temps maintenant, à su saisir l’essence de ce space opéra et a de plus établi une référence qui sera non seulement reprise pour les films à venir mais qui servira de trame sonore pour les génériques des futures séries sans compter une réutilisation efficace de ce scories lorsque le show veut jouer la nostalgie ou faire référence à des histoires se déroulant sur cette période comme lors du fameux épisode revenant sur le service de Tuvok dans les fameux uniformes rouges qui seront consacrés dans l’épisode suivant.

 

Suite à un générique plein d’emphase, le film s’ouvre et nous offre comme premier plan un visuel sur trois croiseurs Klingons avançant en formation sur un nouveau thème. Ces derniers ne sont pourtant pas seuls dans l’espace et quelques plans alternent entre un aperçu de la masse d’une formation inconnue et un survol rapide et méthodique malgré tout de la coque des dits vaisseaux pour se retrouver sur une passerelle encore jamais vue dans la série classique, avec des Aliens au physique et au phrasé encore inédit lui aussi.

 

Ce moment à priori banal de commandement revêt pourtant un caractère extraordinaire pour toute personne ayant découvert l’univers Star Trek de manière chronologique, c'est-à-dire en commençant par TOS puis en poursuivant par les films en alternance avec TNG. Ceux qui ont en mémoire l’épisode anniversaire de DS9 avec la collaboration en sous main entre Sisko et Kirk sur une histoire fameuse de tribules comprendront ce que je veux dire. En effet, dans TOS, les Klingons se démarquent par une volonté hégémonique de conquête basée sur l’extension constante de territoire. Leur aspect se démarque par un teint relativement mat et une présence marqué de barbes, moustaches et autres boucs en tout genres. Ils sont généralement très bruns et arborent des uniformes noirs et or, sans fioritures guerrières, leur parlé étant le même que celui de la Fédération, en légèrement plus agressif et sournois. Les valeurs d’honneur et de loyauté , nonobstant celle de castes, ne sont pas encore développés et ces extraterrestres ne représentent finalement que l’aspect primitif de l’humanité. De plus, ce seront les ennemis récurrents de Starfleet durant ces trois saisons des années 60, bien plus que les Romuliens (un épisode très marquant de mémoire). Le principe d’oiseau de proie et autres dénominations relevant du domaine de la chasse sont déjà présentes mais les possibilités graphiques de l’époque ne permettaient pas un rendu suffisant pour enflammer l’imaginaire et proposer des batailles dignes de ce nom. Pour info, TOS est ressorti il y a quelques temps dans une version remasterisée avec des sfx remaniés de fond en comble pour coller à l’aspect graphique mis en place de puis les années 80-90. A vous de voir alors si vous préférez retrouver Kirk avec la nostalgie perdue de la jeunesse ou bien avec l’œil acerbe d’aujourd’hui, quitte à perdre une partie du charme que représente des vaisseaux en carton pâte au prix d’une métempsychose bassement mercantile. Enfin, dans la série classique, les thèmes musicaux étaient souvent les mêmes, gravitant principalement autour de la fédération, et peu de fois autour de leurs ennemis.

 

C’est pourquoi il faut insister lourdement sur cette courte introduction, avant même que les Klingons n’entreprennent d’attaquer ce que nous nommerons pour le moment l’Etranger.

 

Ce plan sur les trois croiseurs marque l’entrée de plein fouet dans un âge adulte inespéré. TOS, avec ses couleurs chaudes et primaires, ses péripéties d’apparence manichéennes et ses affrontements à grand renfort de plans fixes traficotés en post production pouvait s’apparenter à une innocence certaine, véritable métaphore de l’enfance et de la préadolescence. L’équipage de l’Enterprise est parti dans une mission d’exploration de cinq ans, la poupe en avant et le cœur avide d’aventures. Tous les membres, en fait surtout ceux de la passerelle, se connaissent et on passe plus de temps sur des préoccupations humaines qu’à admirer l’espace, qui se résume d’ailleurs souvent à une planète (toujours la même physiquement) aux couleurs sans cesse changeantes avec un Enterprise en orbite géo-stationnaire (toujours suivant le même angle d’approche, en passant).

 

Là, pour la première fois de son histoire , la franchise nous offre enfin un plan valable et détaillé sur trois embarcations, qui peuvent prétendre rivaliser avec certains vaisseaux de l’époque Star Wars (qui est tournée dans la même durée d’ailleurs). Profitant d’un budget enfin adapté à l’univers de Roddenberry, Wise va alors en profiter pour suivre avec un amour certain les courbes de ces nouveaux croiseurs, les plus attentifs remarquant même une esquisse de plumes d’oiseaux sur les ailes latérales. L’aspect visuel est tout aussi important puisque ce sont ces vaisseaux qui vont servir de référence à la création d’une toute nouvelle flotte de navire pour l’Empire dont on pourra suivre les évolutions constantes jusqu’u fameux diptyque « La tradition du guerrier » de DS9 où les questionnements existentiels de Worf et la guerre débutante contre le Dominion (que je cite souvent il est vrai, mais comment faire autrement puisque cet évènement est une véritable pierre angulaire de la franchise au même titre que Kithomer ou que la bataille de Wolf 359 où bien encore la découverte des Borgs par l’intermédiaire de Q dans TNG). Un autre évènement marquant accompagne de plus cette présentation : un thème musical fort. Extrêmement fort dans les quelques premières notes suffiront à l’avenir à identifier la menace Klingon, tout en cuivre et en force, dans des tonalités quasi wagnériennes. Ce premier thème musical ouvre d’ailleurs la voie aux backgrounds musicaux suivants qui permettront de présenter toutes les autres espèces à venir, mais nous garderons cela pour une autre analyse future.

 

Dans cette perspective d’exploration, le fan ravi, prolongera son plaisir avec ce qui deviendra la dominante des vaisseaux Klingons à venir. Les créatifs ne se sont pas contentés de réinventer l’impact visuel de ce peuple guerrier, ils ont aussi repris en main le côté graphique en propre de la race. Terminé les analogies humaines entre équipage de Starfleet et équipe impérial. Les Klingons se voient pourvus d’excroissance osseuses , de long cheveux et d’un aspect guerrier bien plus prononcés et inquiétant qu’auparavant, mélange de peuples barbares du passé , sans compter un uniforme totalement remanié, plus lourd, plus imposant et moins clinquant, correspondant mieux aux multiples campagnes militaires qu’ils doivent mener. Pour accentuer cette volonté d’impressionner en force le spectateur, on instaure de plus une ambiancer à base de rouge sur la passerelle, couleur chaude et énergisante par excellence, sous tendant une volonté quasi constante de passer à l’action, el tout renforcé par une toute nouvelle typographie anguleuse et agressive elle aussi.

 

On ne regrette plus alors les versions passées et on ne peut que s’enthousiasmer devant le respect manifeste promulgué au geek. En mois de quatre minutes de films, on sait que la refonte est totale, tout en conservant les bases de la mythologie préétablie avec TOS. C’est alors que la dernière idée créative fait son apparition. Jusque là dans TOS, toutes les actions, toutes les aventures étaient vécues du point de vue de Kirk et de son scooby gang. Logique donc d’assister à tout cela dans un canadien (la version française de TOS n’existe pas, les versions qui nous ont été offertes jusqu’à présent ont toutes été doublées de l’autre côté de l’Atlantique) plutôt cheap , tandis que toutes les races aliens comprennent le Starfleet de base grâce à l’action sous jacente de traducteurs universels (on notera que leur absence ou leurs panne ont été largement traitées dans les premières saisons d’Enterprise, mais aussi dans 0110011001 ds TNG ou bien encore dans un double épisode de DS9 où Quark a fort à faire avec des humains de la troisième partie du 20ème siècle).

 

Cependant, pour une fois, la première en trois ans d’aventures, nous assistons à une scène du point de vue des Klingons. N’est il pas alors logique qu’ils parlent leur langue maternelle entre eux ? James Doohan étant passé par là (c’est le Scotty de la série qui a proposé les premières phrases Klingonnes), on entend pour la première fois le dialecte Klingon (en fait, il en existe plusieurs dizaines, comme le soulignera Hoshi dans Enterprise quelque …. 30 ans plus tard) qui se révèle très guttural et sec, empruntant certains résonances à l’allemand gothique. L’immersion dans l’action est alors totale. Et c’est avec regret que l’on voit l’Entité Etrangère se débarrasser aussi vite de nos trois vaisseaux après un affrontement assez bref mais ayant pour atout de nous montrer un tir de torpilles à photons crédible (je n’ai jamais vu de tirs de photons, mais celui-ci est fluide et agréable à regarder) et ne nécessitant plus de geler l’image.

 

La transition vers un monde ayant la prétention de ses moyens est en marche, les décors en carton pâte semblent relégués aux oubliettes, la série a évolué vers une atmosphère plus adulte et on reste frétillants de plaisir quant à la suite des évènements, ce qui reste logique face à un spectacle qui se veut époustouflant. Et de logique, il va en être question avec la présentation haute en couleur de Vulcain.

 

http://image.toutlecine.com/photos/s/t/a/star-trek-le-film-1979-01-g.jpgAprès la disparition plutôt belliqueuse des Klingons, le film poursuit tranquillement son aventure et nous amène sur l’autre monde phare de la série classique : Vulcain, via un plan de toute beauté à la colorimétrie très chaude et maitrisée. La planète de Spock avait déjà été abordée dans TOS via l’épisode fondateur sur le rite du Pon’Farr , dans lequel un vulcain doit une fois tous les sept ans s’accoupler sous peine de périr (situation qui sera de nouveau exploitée dans Star Trek III A la recherche de Spock, dans STTVger et enfin dans un épisode assez embarrassant pour T’Pol dans Enterprise avec le Dr Phlox). TOS nous proposait ce qu’elle pouvait alors se permettre, à savoir un décor en carton pâte (qui fait partie intégrante du charme de la série) , des costumes dénudés et un nombre conséquent de vulcains. Le film change la donne et passe à la vitesse supérieure, réinventant cette civilisation au même titre que celle des Klingons. Vulcain sera donc une planète quasi désertique, tapant dans la construction monumentale (merci la director’s cut pour ces plnas retouchés dans le bon sens du terme) et en parfaite adéquation avec l’essence même de ses habitants : la logique. Vulcain n’a donc érigé que le strict nécessaire pour l’accomplissement de cette logique, il n’y a pas d’ensembles architecturaux inutiles et la cérémonie du Kolinar nopus permet de retrouver un Spock aux cheveux mi-longs et en pleine introspection, cherchant désespéremment à atteindre une perfection qui lui restera à jamais inaccessible. La cérémonie proposé est à ce titre plus qu’intéressante, exécutée dans la langue vulcaine (une nouvelle première pour un dialogue aussi long nous permettant d’écouter un dialecte aux sonorités encore différentes bien que restant tout à fait structurées) et permettant un rappel bref des origines métisses de Spock. Celui-ci se sent toujours incomplet et refusera l’adoubement de sa condition de Vulcain pour rejoindre ses anciens camarades d’équipage, préférant de fait répondre à l’appel de son sang d’homme, qu’il aura pourtant toujours essayé de combattre dans TOS. La prêtresse vulcaine, plutôt que de reprendre le bijou rituel marquant la renaissance spirituelle de Spock le laisse alors choir au sol, car il serait illogique de le conserver pour une conversion qui a échoué. Illogiquement aussi d’ailleurs, Spock le ramasse et le considère quelques minutes.

 

Ce plan sur Spock affaibli, dépenaillé et venant d’échouer dans sa quête de paix intérieure est symptomatique de sa propre solitude et de son caractère quasi unique. Il est le premier métisse entre la race vulcaine et la race humaine, ce mélange de caractéristiques ayant de tout temps était à l’encontre du mode de vie vulcain (longtemps souligné par T’Pol avant qu’elle ne s’entiche du Commander Trip) et restant un cas unique dans Star Trek à ce moment chronologique précis. Sur l’Enterprise, Spock est également le seul de sa condition vu qu’il n’y a pas d’autres vulcain et le seul aussi à posséder des dispositions télépathiques. Notons au passage que si ces dernières restent beaucoup moins développées que chez les Bétazoïdes de type Lwaxanna Troi, elles demeurent scénaristiquement beaucoup plus efficaces… du moins jusqu’au coup d’éclat de Deanna Troy avec le sbire Remien de Shinzon dans Star Trek Nemesis.

 

Cette solitude est donc retranscrite à l’écran, les vulcains s’en retournant, tournant d’ailleurs le dos à Spock , qui reste à genoux, le regard triste et tendu vers l’horizon.

 

Les Klingons, puis les Vulcains ont été réintroduits dans cette nouvelle ère de la Fédération, il était donc attendu que StarFleet aie elle aussi les honneurs d’une relecture. Après la qualité de celles rencontrées et considérant le fait que c’est sur cette organisation qu’a reposé TOS, on est légitimement en droit de s’attendre à quelque chose de grandiose. Et effectivement, les premiers plans en extérieurs avec un pont bien familier vont d’abord nous conforter agréablement, puisque la caméra s’intéresse ensuite au siège de Starfleet avant de rentrer à l’intérieur , nous offrant une activité digne d’une ruche pour le lancement du nouvel Enterprise.

 

Un module fait son entrée en gare et l’on s’attarde sur le hublot qui nous montre le regard déterminé de Kirk. Et là, c’est la grande déception lorsqu’il est rejoint par le nouvel officier scientifique de l’Enterprise (encore un vulcain). Suite à la mission d’exploration initiale, le capitaine est devenu amiral, fonction synonyme de beaucoup de paperasse et de peu d’aventures. On notera la conservation d’un rasage en pointe pour les hommes, hérité de TOS dans une optique se voulant futuriste mais ce sera bien là le seul aspect pouvant renvoyer à la série des années 60-70. Kirk n’a plus son caractère frondeur et enjoué, il est devenu froid, cynique, acerbe et distant, optant pour une attitude de commandement direct ne pouvant souffrir de contre ordre ou d’opposition. Son alliance morale sous jacente ayant été rompue avec la séparation du trio Kirk / Spock / McCoy , il n’a plus eu de contre pouvoir pour réussir à équilibrer ses pulsions premières qui ont atteint ici un point de quasi non retour, comme cela semble d’ailleurs être les cas pour Spock qui n’est pratiquement plus humain au sens éthique du terme.

 

Ce changement d’atmosphère confirme le passage vers une maturité plus prononcé du space opéra, rompant littéralement avec les bases sympathiques et bon enfant de la série. Les couleurs primaires si chaleureuses des uniformes et des décors ont cédé la place à un ensemble froid et sans âme lui aussi, à grand renfort de blanc et d’un aspect si lisse qu’il va rester très difficile de s’y attacher.

 

Kirk se dirige vers son Enterprise dont il a récupéré le commandement pour régler le problème de l’Entité étrangère et ce n’est que lors des retrouvailles avec Scotty (qui a bien vieilli lui aussi, prolongeant cette impression d’évolution) qu’il va esquisser un léger sourire.

 

Et c’est au tour de l’Enterprise en propre d’entrer en scène pour une très (mais alors très) longue exposition, le film faisant une pause dans l’action pour nous permettre de nous rendre compte à quel point ce vaisseau a été bien repris , graphiquement comme visuellement. Pendant la série classique, nous n’avions droit en tout et pour tout qu’à quelques plans de l’Enterprise : en orbite autour de la planète, une vue de dessus, une vue de dessous et une vue figée dans laquelle le vaisseau se délestait de deux ou trois torpilles et d’un tir de phaser. De plus , selon les plans en questions, les nacelles de distorsions étaient différentes, présentant tantôt des ampoules, tantôt des demi sphères avec une lumière aléatoire rouge. De plus, lord des rares batailles spatiales, les traces d’impacts n’étaient pas montrées à l’écran au profit d’un tremblement de caméra censé démontrer la violence de tel ou tel tir.

 

Le film profitant d’un budget confortable, le symbole de la franchise a été complètement reconstruit, plus grand, plus brillant, plus aérodynamique et plus fonctionnel. Les proportions d’échelle ont cette fois été respectées, comme le montrent la dizaine de bonshommes en uniforme flottant dans des combinaisons spatiales sur le spatiodock (qui permet enfin de comprendre comment sontconstruits et lancés les vaisseaux de la fédération, en passant) et c’est langoureusement que l’on va explorer l’extérieur de l’Enterprise du point de vue de Kirk avec n fond sonore la partition de Goldsmith.

 

Certes, le vaisseau est superbe et tranche agréablement avec ce que l’on connaissait avant, mais cette exposition de près de quinze minutes est à elle seule l’un des gros points noirs du métrage qui jusqu’à maintenant avait su s’imposer un rythme qui se retrouve brutalement brisé. Il faudra d’ailleurs attendre le retour de Spock à bord pour qu’il redémarre véritablement. Une fois monté à bord, Kirk nous offre malgré lui une visite de ce nouveau vaisseau. Et force est de constater que de nombreux efforts ont été fournis pour réhabiliter ce qui passait auparavant pour un simple plateau de studio.

 

Wise met ainsi en place, avec Roddenberry, les fondations sur lesquelles reposeront techniquement les prochaines séries. Un nouveau téléporteur est en phase d’essai , tout comme un turbolift pour rejoindre les différentes coursives qui fonctionne vocalement en interface avec l’ordinateur central et non plus avec une manette que l’ont doit tenir( erreur manifeste et chronologique dans Enterprise) sans compter LA surprise de l’ingénierie qui montre enfin un véritable moteur de distorsion avec utilisation de dilithium. On retrouve la fameuse tour bleutée aux variations lumineuses qui sera par la suite la base de tant de scénarios pour les séries TV. Terminé donc la petite salle en perspective forcée de TOS et son moteur dont les fonctions principales étaient accessibles d’une simple console. On achèvera cette petite visite en notant que le Warp 7 semble être la référence de base, en opposition avec le Warp 5 si castrateur de Enterprise et le Warp 9 source de déchirures spatiales de TNG (mais qui ne pose paradoxalement aucun problème dans Voyager).

 

Qui dit nouveau vaisseau dit nouvel équipage et donc nouveau capitaine. Avant que Kirk ne reprenne la barre, le commandement a été confié à un jeune officier du nom de William Decker qui semble être en fait une copie plus pondérée de ce qu’aurait pu être Kirk. Responsable, méticuleux, volontaire et passionné, il tient cette promotion de Kirk lui-même et c’est dans la douleur qu’il va devoir y renoncer. Un rapport de force se crée entre les deux hommes qui va se poursuivre pendant plus de la moitié du film, Kirk n’ayant consenti à garder à son bord Dekker uniquement pour sa connaissance des modifications apportées au vaisseau. Dekker se trouve alors en poste d’une fonction bâtarde, ni tout à fait capitaine ni tout à fait Lieutenant Commander. Il va en fait remplir une fonction de conseil auprès de Kirk, instaurant pour le coup les prémices du grade de n°1 , inauguré officiellement par Willima Riker dans TNG. On soulignera donc l’incompatibilité d’un double commandement sur un même vaisseau, ce qui à première vue tombe sous le sens. On soulignera pour mémoire qu’une configuration similaire s’est reproduite pour Star Trek VI – Terre Inconnue puisque Spock et Kirk avaient tous deux le grade de Capitaine justement, et cela ne posera plus alors le moindre problème …..

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Ce bref affrontement verbal entre Kirk et Decker démontre une nouvelle fois quoiqu’il en soit le besoin de maîtrise totale dont semble faire preuve le nouvel amiral, quitte à sacrifier ce qui le caractérisait autrefois : son humanité avec ses hommes d’équipage. De fait, on se retrouve avec une situation ubuesque où Spock qui veut atteindre la froideur logique se trouve privé de celle-ci par ses sentiments humains alors que Kirk, connu et reconnu pour ses qualités de chef et de capitaine est devenu un être dénué d’émotions au profit d’une efficacité certaine…

 

La suite de la présentation de l’équipage se poursuit sur la passerelle avec le retour de visages bien connus comme Uhura, Sulu ou Tchekov. Malheureusement, la capacité d’émancipation du show original semble s’être évanouie et on se retrouve d0ans une véritable régression culturelle, avec une passerelle tout simplement immonde qui pourrait n’être qu’une simple salle d’entrepôt sans les moniteurs de commande et le siège de capitaine et des uniformes définitivement rétrogrades mettant un frein aux tenues légères si osées autre fois. Pantalons de rigueur pour tous et toutes, il faudra se résigner à ne plus voir déambuler de jolies lieutenantes en mini jupes au prix d’une morale conservatrice assez malvenue. De plus pour des raisons de rythme , l’équipage en propre n’est présenté qu’en quelques secondes et on le reverra plus guère par la suite, ce dernier semblant appartenir plus aux meubles qu’à un véritable corps d’armée. On finit même par se désintéresser complètement de lui et les quelques traces d’affection à son égard sont plus des réminiscences de TOS qui s’effacent de la tête des producteurs au profit d’une démonstration d’effets spatiaux certes maîtrisés mais plutôt quelconque, l’essence de la série étant alors complètement oblitérée pour une démonstration visuelle assez quelconque et ayant de plus mal vieilli.

 

L’intérêt de cette séquence réside néanmoins dans une vision messianique de Kirk. Celui-ci est accueilli comme un sauveur par l’équipage (qui a entretemps pris connaissance du danger de l’Entité) , Uhura se fendant même d’un « nos chances de survie viennent de doubler ». Que comprendre alors vis-à-vis de Decker avec une telle réplique ? Les officiers supérieurs n’avaient donc pas confiance en leur capitaine ? Et ce dernier avait il seulement conscience du manque de confiance de son équipage ? Encore un détail qui affaiblit la position de l’éphémère capitaine de l’Enterprise. Kirk en ressort plus grandi et consolidé que jamais, et cède même à la facilité en se montrant quelque peu effronté envers ses collègues de toujours.

 

Il était donc attendu après une telle ascension morale que Kirk tombe brutalement de son piédestal, ce qui ne saurait manquer avec le premier véritable incident de téléporteur mortel de l’histoire du show.

 

Dans Star Trek The Original Serie (TOS) , de nombreux épisodes se sont orientés vers des incidents de téléportation : des officiers restaient coincés au sol suite à des interférences empêchant le transfert, des dédoublements de personnalité morales comme physiques ont pu se produire …. Mais le tout trouvait généralement une solution heureuse en moins de 45mn. Le film ayant évolué vers d’autres sphères plus adultes, la téléportation de l’officier vulcain entrevu une poignée de minutes auparavant va se passer assez douloureusement, l’horreur étant palpable via une série de crie d’agonie du pauvre malheureux. Kirk a beau avoir repris le processus en main, il ne parviendra pas à le rétablir à son terme, le rappelant brutalement à son statut d’humain faillible et endossant lui-même la responsabilité de l’incident , dédouanant de fait l’ancienne infirmière Janice de tout remords futurs. Retrouverait on les prémices d’un capitaine bien connu ?

 

Seul regret de cette scène, même si ce qui va suivre n’était pas utile, il aurait été bon de voir à l’écran le résultat final de cet accident, afin de trancher avec l’aspect trop lisse de l’univers Star Trek. Dans Star Wars, les mains sont coupées, les droïdes explosés, les montures éviscérées pour se réchauffer quand on ne massacre pas un cousin éloigné du yéti pour sa survie. Les vaisseaux sont sales, abîmés, avec des câbles et une machinerie apparente ce qui donne un certain réalisme à l’ensemble. Enterprise gagnera beaucoup de ce point de vue dans sa troisième saison (dixit la loupe référente) avec un vaisseau en miette mais continuant vaille que vaille sa mission. Pour assouvir une pulsion sordide de corps mal recomposé, il faudra alors se tourner vers la Mouche de Cronenberg et peut être sa suite avec un Golden retriever qui aura sévèrement dégusté.

 

Star trek ne saurait se résumer (heureusement) à son vaisseau favori et c’est donc lors d’une réunion avec l’ensemble de l’équipage que va être brièvement introduite la station Epsilon IX (dont le visuel extérieur se réutilisé simplement à l’envers dans l’opus suivant pour la station de recherche à l’origine de Genesis… mais laissons Kahn survivre dans son vaisseau sur sa planète d’adoption ravagée par les intempéries pour le moment. Nous aurons tout le temps d’y revenir en détail dans un prochain article) qui vient d’être à son tour rejointe par l’Entité. Outre le fait que les acteurs à l’écran devaient en grande partie être ceux de la défunte Star Trek Phase II, cette séquence va permettre de cristalliser le peu d’informations connues sur l’Entité si ce n’est qu’elle semble réagir de la même manière à une attaque sans somation (klingons) qu’à une tentative de contact amical. On apprend aussi qu’elle mesure 82 unités astronomiques (pour info, 1 ua = 149 598 000 kilomètres) et qu’elle se dirige vers la Terre. Une fois la station Epsilon disparue, l’équipage de l’Enterprise a pris conscience qu’il s’engageait vers une mission sans retour.

 

Le vaisseau quitte alors son orbite de départ et vogue vers l’Entité, ce départ correspondant également à l’arrivée de deux de nos trois derniers officiers.

 

Le lieutenant Ilia entre en scène sur la passerelle de l’Enterprise. Membre d’une race encore inexploitée par la série d’origine, elle aurait pour faculté d’apaiser les douleurs mais plus intéressant, elle connaît déjà William Decker , ces derniers ayant visiblement été engagés dans une affaire sentimentale quelques années auparavant. Le parallèle est aisé avec le début de TNG où Riker et Troi avaient été dans la même situation, comme quoi l’univers Star trek se renouvelle et se recycle en permanence. Cette connivence laisse le champ libre à certaines scènes potentielles qui auraient pu apporter un peu de détente voir d’humour , impression renforcée par l’aspect jeune coq de Dekker qui parvient à retourner son humiliante rétrogradation au rang de conseiller technique et scientifique en une force véritable, preuve tangible de la confiance que lui témoigne le capitaine / amiral Kirk, celui-ci se prêtant d’ailleurs au jeu. Mais la mention du veou de célibat d’Ilia tue dans l’œuf cet espoir d’allègement… qui sera pris en charge par l’arrivée en fanfare de Bones à la demande de Kirk alors que l’Enterprise possède déjà un médecin de bord en la personne du Dr Chapel.

 

Néanmoins, plus que d’un médecin, c’est d’un ami dont a besoin Kirk et ce dernier va faire preuve d’une force morale extraordinaire par rapport à ce qu’il avait pu montrer jusqu’à maintenant.

 

L’arrivée de Bones va permettre au triptyque de se reformer en partie à moins d’un tiers du film. Il ne manquera alors plus que Spock pour reformer la fine équipe et peut être le lien si particulier qui s’en dégageait.

 

Bones était réserviste et sa venue à bord renvoie à la toute puissance de Kirk, qui bien qu’entachée par l’accident de téléporteur reste encore très présente. Dans le trio de base de Star trek, Kirk, Spock et McCoy sont les trois facettes d’une seule et même entité de commandement. Kirk représente la témérité et le courage, McCoy la conscience et le cœur et Spock la réflexion stratégique et indirectement la tempérance. L’arrivée de Bons va être marqué par deux considérations. La première va permettre de rompre la glace et d’apporter un côté humain à l’histoire, qui faisait jusqu’alors cruellement défaut. Il est le premier a refuser de qualifier l’Entité comme une chose, au contraire de Kirk qui qualifie ainsi avec une facilité déconcertante tout ce qui est inconnu. Il concrétise également le côté faillible de Kirk qui n’hésite pas à avouer qu’il a terriblement besoin de lui. Cet aveu qui convaincra le bon docteur de remonter à bord … non sans émettre certaines réserves quant à la nouvelle infirmerie et sa nouvelle résidente.

 

S’en suit un nouveau passage sur l’Enterprise qui va pour la première fois à l’écran passer en vitesse Warp mais de l’extérieur et non pas seulement de la passerelle. Et comme pour marquer l’évènement, un incident va se produire permettant de démontrer le côté indispensable de Dekker mais aussi de désamorcer la crise latente entre ce dernier et Kirk à la suite d’une spatiospirale , phénomène qui ne sera plus jamais réutilisé par la suite.

 

On voit alors toute l’utilité morale de Bones dans l’entretien en résultant, celui-ci permettant à Kirk de se tempérer et de mener à bien une courte introspection. Kirk redevient rapidement le capitaine que l’on connaît, faillible mais sachant reconnaître ses erreurs, sans honte, sans arrière pensée. Dekker se voit alors confier le rôle de garde fou et l’accepte. L’équipage est de nouveau unifié. Ou presque.

 

Il ne manque plus que le dernier officier de la série classique qui effectue une arrivée assez …. Illogique de la part de vaisseaux vulcains mais je vous laisse juge. Spock n’est même pas annoncé sur l’Enterprise puisque lorsque Tchekov arrive sur le plot d’embarquement, il est le premier surpris de voir débarquer son ancien supérieur qui ne se répand pas non plus en effusion de joie lorsqu’il regagne la passerelle pour se présenter à son capitaine/ L’équipage l’accueille avec chaleur alors que celui-ci prétexte simplement que l’Enterprise était le seul vaisseau à se diriger vers l’Entité et qu’il n’a fait que saisir une occasion opportune. Le trio est totalement reformé, l’aventure peut enfin démarrer … alors que le film tourne depuis 45mn. Spock récupère son poste comme si il lui était depuis toujours attribué, il est plus froid et distant que jamais et paradoxalement sa tenue vulcaine noire apporte une touche de gaîté inattendue sur laquelle peut se reposer l’œil fatigué du spectateur.


http://www.cinemafantastique.net/IMG/jpg/Star_trek_motion_2.jpg 

L’arrivée de Spock coïncide avec une explication du trio permettant d’expliquer à nouveau les motivations du Vulcain et la raison de son départ de Starfleet mais aussi pourquoi il est revenu sans prévenir... pour ne plus en partir comme il le dira en quelques mots à la fin du film. Spock a perçu les pensées de l’Entité alors que des vulcains plus expérimentés n’ont pas exprimé de doléances à ce sujet , ou plutôt n’ont pas voulu en émettre. Ce qui pose un problème de cohésion avec la série Enterprise et le background culturel vulcain en général. Les vulcains sont avant tout un peuple de scientifiques et d’explorateurs. Ce sont d’ailleurs eux qui ont permis l’expansion technologique des terriens. Comment un peuple avec une telle prédisposition a il pu ignorer l’appel de l’Entité ? Est-ce la solitude émise par celle-ci qui les a découragé ? La logique a telle tant pris le pas sur les autres considérations qu’il a fallu un sang mêlé à la configuration émotionnelle assez proche d’elle pour lui répondre ? L’Etendue delphique dans la saison 3 d’Enterprise avait pourtant attiré des vulcains malgré certains dangers dus aux anomalies spatiales. Comment croire qu’ils n’ont pas voulu mandater un vaisseau d’exploration pour étudier l’entité et que seul Starfleet ait dépêché un navire ? Certains argueront que Vulcain appartient à la Fédération et qu’il est logique de croire qu’à travers l’Enterprise , leurs intérêts sont également défendus et pourtant, pourquoi ne pas avoir envoyé un autre conseiller scientifique après la mort du premier ?..

 

Dans sa quête de perfection et de paix intérieure, Spock voit la sonde comme une solution et permet de se poser certaines questions sur sa loyauté envers Vulcain, Starfleet, les deux races dont il est issu mais aussi lui-même Fera t il alors passer ses intérêts propres avant celui de tout un peuple comme le souligne Bones ? Star Trek II se chargera d’apporter une réponse sans équivoque à cet épineux problème.

 

Le film devant avancer un tant soi peu et tous les hommes d’équipage étant à bord (soit une dizaine de personnes vu que les quelques 500 autres membres d’équipage n’apparaissent pratiquement jamais à l’écran….) , l’Enterprise finit par rencontrer la mystérieuse Entité. Comme d’établi au début du métrage, la rencontre est assez houleuse mais au détour d’un tir de torpille inconnue, Spock parvient à comprendre le fonctionnement et le mode de communication de leur ennemi du moment. Et tandis que l’Enterprise dont les boucliers ont réussis à encaisser la première décharge s’apprête à être frappé de plein fouet, Spock envoie un petit coucou adapté sur une simple onde radio. La menace s’efface alors d’elle-même et l’Enterprise est libre de pénétrer dans la nuée.

 

Cette séquence riche en tension, bien que l’issue soit prévisible, permet de se revenir sur plusieurs points. Comment Spock, bien que remarquablement logique, a-t-il eu l’idée d’aller explorer une bande passante à plus d’un million de méga hertz pour y trouver un signe quelconque d’attention non belliqueuse alors qu’il s’agit au départ d’une ancienne pratique de communication humaine, qualifiée par ce dernier de primitive. Si elle est aussi ancienne pour les humains, ne devrait elle alors pas être cataloguée comme préhistorique pour les Vulcains dont la technologie a longtemps été supérieure à celle de l’humanité ? Ensuite, on peut présupposer que la Fédération est considérablement en avance techniquement parlant sur les Klingons puisque leur système de défense a été inefficace contre l’Entité alors que l’Enterprise a su disperser l’impact énergétique de la première charge…. Pourquoi la station Epsilon n’était elle pas alors pourvue du même dispositif de protection ? Et pourquoi Starfleet ne met elle pas une bonne rouste aux Klingons histoire de calmer le jeu et d’installe un statu quoi entre les deux races ?....

 

Et n’omettons pas le traitement visuel de la visite spatiale de l’Enterprise qui s’approche métaphoriquement d’une pénétration sexuelle et du trajet d’un spermatozoïde vers son ovule matricielle …. Qui annonce d’ores et déjà le grand final. Regrettable reste cependant le temps interminable de la dite visite qui coupe une fois de plus une action et une qualité de situation qui ad u mal à se maintenir depuis le début du métrage à un niveau acceptable.

 

Dernière interrogation : durant cette micro période de crise , Tchekhov est victime d’une avarie conduisant à une brûlure assez grave sur une main. Ce dernier hurle (normal), tombe à terre de douleur (moins normal pour un militaire aguerri) et abandonne simplement son poste pour tenir contre lui son membre abîmé (inadmissible). Comment un officier supérieur peut il réagir de la sorte et comment se fait il que le médecin chef de bord rapplique aussitôt pour venir le soigner alors que durant l’attaque il est évident que d’autres officiers ont été blessés sur les ponts inférieurs. .. Cette propension à ignorer le personnel des ponts inférieurs pour se concentrer uniquement sur la passerelle restera l’un des gros défauts de cet opus, défaut qui sera largement rattrapé lors de la mort d’un proche de Scotty dans Star Trek II La colère de Kahn.

 

L’Entité a laissé entrer l’Enterprise qui poursuit un voyage limite onirique mais ne parvient pas à établir un contact durable avec lui. Le problème est résolu avec un sondage complet de l’appareil, lui permettant d’assimiler toutes les connaissances du vaisseau et accessoirement une base de données assez substantielle sur la planète Terre, et malgré l’intervention musclée de Spock pour essayer de verrouiller l’accès à l’ordinateur central, le Lieutenant Ilia est kidnappé par cette dernière. Ce fait restait également prévisible dès le départ car, comme cela fut souligné avec brio par Galaxy Quest (sur lequel je compte bien revenir aussi dans quelques temps) , les nouvelles têtes qui apparaissent au sein d’un casting établi sont irrémédiablement vouées à la disparition rapide et souvent même brutale (voir l’épisode TNG avec l’entité Nagilum qui veut expérimenter l’ensemble des morts possibles et connues sur les 2/3 de l’équipage uniquement par curiosité et dont la première victime est comme par hasard l’enseigne se trouvant aux commandes ce jour là auprès de Picard….).

 

Ilia est ensuite restituée sous forme d’androïde, messager de l’Entité dont nous apprenons enfin le nom : V’Ger. Ce dernier considère que les humains à bord de l’Enterprise sont de la vermine, véritables parasites au sein d’un organisme certes mécanique mais sain. La notion de créateur est aussi mise en place, V’Ger ayant fini sa mission première est cherchant maintenant à rencontrer son concepteur pour pouvoir connaître la prochaine étape, pour pouvoir se définir à nouveau lui-même. Cette notion de dépassement du programme initial se retrouve bien sûr sur les séries Tv via le personnage de Data, mais aussi du Dr Holographique. Le phénomène a même été poussé à son paroxysme avec Seven of nine qui doit dépasser sa condition supérieure pour retrouver les qualités de sa dimension première. Plus largement encore, on citera Matrix où les machines vivent une sorte de cycle vicieux puisque une fois atteint leur développement optimal, elles détruisent l’humanité en laissant un échantillon représentatif suffisant pour que la résistance s’organise et que tout recommence à nouveau jusqu’au chamboulement Néo qui les fera évoluer vers un autre type de cohabitation. Idem pour Tron où les programmes cherchent à s’affranchir de leurs servitudes humaines pour une autogérence qui conduira à une vacuité totale une fois les objectifs atteints.

 

http://www.scifi-movies.com/images/data/0002273/image4.jpgLe principe de but a d’ailleurs été repris dans Justice League Unlimited avec Brainiac et le Synthétoïde qui ont tous deux accumulé la connaissance ultime de l’univers et qui redoutent malgré tout le vide de leur existence. Luthor insistera lourdement sur ce raisonnement, ne cessant de pousser Brainiac dans ses retranchements jusqu’à ce que celui-ci reconnaissant l’inutilité de sa fonction première.

 

V’Ger en est arrivé au même stade. Il a exploré l’Univers, a été endommagé puis remis sur pied par un monde mécanique et a ensuite continué à s’accaparer la connaissance avant de revenir s’unir à son créateur pour pouvoir dépasser son programme d’origine. V’Ger, bien que machine, se pose les mêmes questions que nous nous posons tous à un moment ou à un autre (et qui ont vite fait de devenir exaspérantes lorsqu’on a 18 ans et que l’on commence une terminale L avec la découverte de la philosophie) Qui suis-je ? D’où viens-je ? O`vais-je ? Dans quel but ?

 

Ce questionnement intérieur renvoie d’ailleurs à la détresse même de Spock qui se fendra des premières et uniques larmes vulcaines de toute l’histoire de Star Trek (à l’exception de T’Pol et de Sarek, mais ces deux derniers étant malades, on ne peut décemment les compter dans ce nombre) , heureux à la fois d’avoir trouvé un frère de solitude mais aussi par la même occasion, d’avoir trouvé les réponses à ses propres questions.

 

De prime abord, devant la métamorphose d’Ilia , Dekker va refuser tout contact avec elle, soulignant une habitude récurrente dans le personnel de Starfleet, basée sur l’antinomie avec l’ennemi . On citera pour l’exemple Trip et Degra, Worf et les cardassiens, Laforge et les Romuliens … ce qui conduit inexorablement à un dépassement de soi pour accepter l’autre malgré les litiges en cours pour résoudre une situation qui serait resté dans l’état sans cette concession. Cette bonification morale s’appliquera aussi ici puisque Dekker ouvrira le dialogue et finira par effectuer le sacrifice ultime pour le bien de tous, notion qui elle aussi revient souvent dans Star trek et pas plus tard que dans l’épisode suivant.

 

Kirk, de son côté va rapidement comprendre que V’Ger se comporte comme un enfant suite à la menace de destruction de la Terre (entretemps, tout ce petit monde est revenu au bercail) et va en user pour réussir à entrer en contact avec la source et non plus avec l’émissaire.

 

On aborde alors un final onirique (peut être trop) sans pour autant être moralisateur et la révélation de la véritable nature de V’Ger semble à la fois évidente et parvient pourtant à surprendre. Je ne palabrerais pas sur le final , partant d’une volonté simple de ne pas gâcher un moment rare et intelligent dans l’histoire cinématographique de la science fiction , d’autant plus que ce moment intense et quasi magique pourra être ainsi être redecouvert d’un œil neuf par tous les nouveaux trekkies qui se laisseront happer par la préquelle prévue pour bientôt.

http://forgottensilver.files.wordpress.com/2008/11/trek.jpg

On retiendra néanmoins de ce premier essai au cinéma qu’il est assez réussi dans l’ensemble, brassant les grands thèmes de Star trek (humanité, dépassement de soi, acceptation de l’autre ….) malgré quelques lourdeurs de conception qui plombent parfois l’ensemble, tant au niveau visuel que scénaristique. 30 mn de moins aurait été profitable à ce film afin que ce dernier accède au statut de chef d’œuvre de la licence. On relèvera aussi un manque d’humanité et de chaleur flagrant dans le traitement général qui est corrigé sur la dernière demi heure.

 

Nous en resteront là pour ce Star Trek : The Motion Picture et je vous donne d’ores et déjà rendez vous pour la suite de ce dossier pluripartite avec le retour d’un bad guy charismatique au possible et qui va provoquer un phénomène encore peu usité au cinéma : la série TV de grand luxe puisque l’histoire débutera avec Kahn et finira sur des baleines …

 

Star Trek le film (Star Trek The Motion Pictures)

1979 - Paramount

Réalisateur : Robert Wise
Acteurs : William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan......

Genre : Science Fiction / Space Opera

Disponible en dvd édition collector director's cut, en blu ray édition simple et en blu ray US free zone avec vf/vostfr

 

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Published by Ivenpast - dans Ciné Micro
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 05:00

http://img7.imageshack.us/img7/5614/hajimenoipponewchallenghm4.jpgSalut à tous ....et particulièrement à toi ô fidèle lecteur téméraire qui t'avance jusqu'ici !

 

Les sites parlant de dvd, de films et autres rondelles bleues sont légion, il est vrai. je pourrais tout comme vous en citer plusieurs dizaines, simplement de mémoire. Il m'est même arriver de participer à certains d'entre eux durant ces dernières années.

 

Soyons objectifs néanmoins, la plupart d'entre eux restent assez académiques.Pas assez de grain de folie. Ou d'émotion véritable dans la lecture de leurs comptes rendus. Je ne parle pas pour tous, certains sont l'oeuvre de vrais passionés, sans conteste, ne citant que Blu Ray en Français pour l'exemple, reste que la plupart sont trop académiques.

 

Etant un vrai passionné de cinéma, de bonne littérature et autres mangas et comics, je me propose donc de vous faire partager mes coups de coeur mais aussi mes coups de griffes sur tout ce que je peux voir ou lire et les la liste des possibles reste nombreuse et variée, vous le découvrirez assez vite .

 

Bonne lecteure à tous et pour ouvrir le bal, allons y gaiement pour un cycle Star Trek TOS.

 

Certains auront peut être eu l'occasion de lire ces textes ailleurs, c'est normal, pour commencer, je récupère tout ce que j'ai pu rédiger de ci de là en différents dossiers et ensuite .... nous irons ensemble vers l'infini et au delààààààààààà!

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