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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 18:56

Hello everybody!

 

Je crois que tout est dans le titre, après des années d'espoir déçus et de recherches sous le manteau d'Internet, Warner USA annonce l'arrivée d'une arlésienne dans la sortie de l'intégrale remasterisée en bluray de la célèbre série des années 60 avec Adam West! 

 

batman 1

 

Bon, ok, le prix est un peu élevé, mais pour une grosse poignée d'euros, car oui, le coffret est aussi commandable depuis amazon.co.uk (parfait pour éviter les grosses claques de la douane!), vous pourrez avoir : 

 

Les 120 épisodes diffusés!

Season 1 - Disc 1:

 
1. HI DIDDLE RIDDLE
2. SMACK IN THE MIDDLE
3. FINE FEATHERED FINKS
4. THE PENGUIN'S A JINX
5. THE JOKER IS WILD
6. BATMAN IS RILED
7. INSTANT FREEZE
8. RATS LIKE CHEESE
9, ZELDA THE GREAT
10. A DEATH WORSE THAN FATE
11. A RIDDLE A DAY KEEPS THE RIDDLER AWAY
12. WHEN THE RAT'S AWAY THE MICE WILL PLAY

Disc 2:

 
13. THE THIRTEENTH HAT
14. BATMAN STANDS PAT
15. THE JOKER GOES TO SCHOOL
16. HE MEETS HIS MATCH, THE GRISLY GHOUL
17. TRUE OR FALSE FACE
18. HOLY RAT RACE
19. THE PURR-FECT CRIME
20. BETTER LUCK NEXT TIME
21. THE PENGUIN GOES STRAIGHT
22. NOT YET, HE AIN'T
23. THE RING OF WAX
24. GIVE 'EM THE AXE

Disc 3:

 
25. THE JOKER TRUMPS AN ACE
26. BATMAN SETS THE PACE
27. THE CURSE OF TUT
28. THE PHARAOH'S IN A RUT
29, THE BOOKWORM TURNS
30. WHILE GOTHAM CITY BURNS
31. DEATH IN SLOW MOTION
32. THE RIDDLER'S FALSE NOTION
33. FINE FINNY FIENDS
34. BATMAN MAKES THE SCENES

Season 2 - Disc 4:

 
1. SHOOT A CROOKED ARROW
2. WALK THE STRAIGHT AND NARROW
3. HOT OFF THE GRIDDLE
4. THE CAT AND THE FIDDLE
5. THE MINSTREL'S SHAKEDOWN
6. BARBECUED BATMAN?
7. THE SPELL OF TUT
8. TUT'S CASE IS SHUT
9. THE GREATEST MOTHER OF THEM ALL
10. MA PARKER
11. THE CLOCK KING'S CRAZY CRIMES
12. THE CLOCK KING GETS CROWNED

Disc 5:

 
13. AN EGG GROWS IN GOTHAM
14. THE YEGG FOES IN GOTHAM
15. THE DEVIL'S FINGERS
16. THE DEAD RINGERS
17. HIZZONNER THE PENGUIN
18. DIZZONER THE PENGUIN
19. GREEN ICE
20. DEEP FREEZE
21. THE IMPRACTICAL JOKER
22. THE JOKER'S PROVOKERS
23. MARSHA, QUEEN OF DIAMONDS
24. MARSHA'S SCHEME OF DIAMONDS

Disc 6:

 
25. COME BACK, SHAME
26. IT'S HOW YOU PLAY THE GAME
27. THE PENGUIN'S NEST
28. THE BIRD'S LAST JEST
29. THE CAT'S MEOW
30. THE BAT'S KOW TOW

Disc 7:


31. THE PUZZLES ARE COMING
32. THE DUO IS SLUMMING
33. THE SANDMAN COMETH
34. THE CATWOMAN GOETH
35. HE CONTAMINATED COWL
36. THE MAD HATTER RUNS AFOUL
37. THE ZODIAC CRIMES
38. THE JOKER'S HARD TIMES
39. HE PENGUIN DECLINES
40. THAT DARN CATWOMAN
41. SCAT! DARN CATWOMAN
42. PENGUIN IS A GIRL'S BEST FRIEND

Disc 8:


43. PENGUIN SETS A TREND
44. PENGUIN'S DISASTROUS END
45. BATMAN'S ANNIVERSARY
46. A RIDDLING CONTROVERSY
47. THE JOKER'S LAST LAUGH
48. THE JOKER'S EPITAPH
49. CATWOMAN GOES TO COLLEGE
50. BATMAN DISPLAYS HIS KNOWLEDGE
51. A PIECE OF THE ACTION
52. BATMAN'S SATISFACTION
53. KING TUT'S COUP
54. BATMAN'S WATERLOO

Disc 9:


55. BLACK WIDOW STRIKES AGAIN
56. CAUGHT IN THE SPIDER'S DEN
57. POP GOES THE JOKER
58. FLOP GOES THE JOKER
59. ICE SPY
60. THE DUO DEFY

Season 3 - Disc 10:


1. ENTER BATGIRL, EXIT PENGUIN
2. RING AROUND THE RIDDLER
3. THE WAIL OF THE SIREN
4. THE SPORT OF PENGUINS
5. A HORSE OF ANOTHER COLOR
6. THE UNKINDEST TUT OF ALL
7. LOUIE, THE LILAC
8. THE OGG AND I
9. HOW TO HATCH A DINOSAUR
10. SURF'S UP! JOKER'S UNDER!

Disc 11:


11. THE LONDINIUM LARCENIES
12. THE FOGGIEST NOTION
13. THE BLOODY TOWER
14. CATWOMAN'S DRESSED TO KILL
15. THE OGG COUPLE
16. THE FUNNY FELINE FELONIES
17. THE JOKE'S ON CATWOMAN
18. LOUIE'S LETHAL LILAC TIME
19. NORA CLAVICLE AND THE LADIES' CRIME CLUB
20. PENGUIN'S CLEAN SWEEP
21. THE GREAT ESCAPE
22. THE GREAT TRAIN ROBBERY
23. I'LL BE A MUMMY'S UNCLE
24. THE JOKER'S FLYING SAUCER

Disc 12:

:
25. THE ENTRANCING DR. CASSANDRA
26. MINERVA, MAYHEM AND MILLIONAIRES

Disc 13 / Bonus:

Des goodies, comme Une réplique de la Batmobile signée Hot Wheels, Un livre de notes d'Adam West, un jeu de 44 cartes vintages avec des illustrations tires de la série, un guide complet de 32 pages de l'ensemble des épisodes et 3 heures de reportages (dont je vous laisse découvrir la liste en VO proposée par Warner) ! 


-> Hanging with Batman - A true slice of life in the words of Adam West

-> Holy Memorabilia Batman! - A journey into the most sought after collectables through the eyes of 3 extraordinary collectors

-> Batmania Born! - Building the World of Batman - Explore the art and design behind the fiction.

-> Bats of the Round Table - A candid conversation with Adam West and his celebrity friends, chatting all things Bat '66.

-> Inventing Batman in the words of Adam West (episode 1 &2) - A rare treat for the fans as Adam discusses his script notes on bringing Batman to life in the first and second episodes

-> Na Na Na Batman! -- Hollywood favorites stars and producers recount their favorite Batman memories

 

Warner oblige, le tout sera zone free et avec au moins des sous titres fr! Date de sortie prévue pour le moment , le 10/11/14.

 

Mais entre nous, je pense qu'on le regardera tous en vovosta celui-là! Nananananana Baaaaaaaatman! 

 

batman 2

 

EDIT : le coffret est dès à présent dispo en France sur le site de la Fnac en précommande, c'est ici , et c'est le prix le moins cher de tous les sites que je connais pour le moment! 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 05:02

Comme le cinéma, ce n'est pas que du squattage de salle (qu'elle soit publique ou avec plein de gens ou chez soi dans une chaleur feutrée et douillette) à grand renfort de blu ray et autres rondelles, je suis heureux de pouvoir vous signaler une manifestation plutôt sympathique et qui pemret d'élargir un petit peu ses propres horizons !

 

Banniere-fifma

 

2014 représente une année charnière pour le Festival du Film et Métiers d'Art puisqu'il étend pour la première fois son champ d’expression à l’ensemble des métiers d’art. Créé en 1998 par Ateliers d’Art de France, sous l’impulsion du céramiste Loul Combres, il célébrait l’argile puis le verre en images.

 

L’objectif de ce festival unique est de contribuer à développer la création et la diffusion de films issus du monde entier. Il stimule ainsi les échanges culturels et sensibilise le grand public à l’univers des métiers d’art.

 

Oh Willy

 

Oh Willy...©Beast Animation / Polaris / Il Luster / Vivement Lundi !  

 

Rebaptisé Festival International du Film Métiers d’Art, il propose pour sa neuvième édition une programmation riche d’une trentaine de films.

 

Huit thématiques interpellantes seront traitées : la transmission, la création contemporaine, les savoir-faire traditionnels dans le monde, les portraits d’artisans, les femmes dans les métiers d’art, l’histoire de l’art, le patrimoine et la politique. Autant de sujets qui, sous le sceau de la création, laisseront entrevoir la réalité des métiers d’art en France et à l’étranger. Car ce sont aussi plusieurs visions du monde qui viendront enrichir le propos.

 

Huit pays présenteront leur regard sur les métiers d’art : Belgique, Biélorussie, Canada, Corée, Etats-Unis, France, Inde et Pays-Bas.

 

C’est aussi la diversité des matières qui sera célébrée : verre, céramique, textile, papier, métal, cuir et bois .

 

Fibre et papier

Fibre et papier© Gérard Audias

 

La diversité des genres cinématographiques vient clôturer ce tryptique : des documentaires principalement mais aussi des fictions, des films expérimentaux ou encore des films d’animation prouveront l’intérêt des réalisateurs pour les métiers d’art et la création.

 

Cette année, Denis Chevalier, Directeur adjoint du MUCEM, Docteur en ethnologie et Conservateur en chef du patrimoine sera le Président du jury. Il récompensera au terme des 2 jours et demi de compétition, la créativité et l’originalité des œuvres cinématographiques qui lui seront proposées.

 

Ce festival se déroulera du 7 au 9 mars 2014 au Corum de Montpellier. Si vous êtes du coin, vous savez ce qu'il vous reste à faire !

 

 

Et pour les plus intéressés, le lien sur lequel il faut cliquer : http://www.fifma.com/


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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 09:17

J’ai été tagué ... Je ne pensais pas que j'y aurais droit un jour mais tout arrive! Je ne sais pas si je dois remercier Balmung pour ça mais la vengeance pourrait bien être terrible ! Mais à force d'intervenir dans ces pages, j'aurais dû m'y attendre.

La loi du tag étant ce qu'elle est , et même si je n'affectionne pas le principe des chaînes, je vais suivre pour une fois. Mais une fois fois n'est pas coutume, loin de là!   

 

 

Les règles sont assez simples. Elles sont résumées ainsi :

Voici les règles auxquelles tu devras te plier :
1. Lorsque tu apprendras que tu as été désigné, te réjouir tu devras. Danser la gigue et arborer le logo de ce Tag sur ton blog tu feras ... 
-> Surpris j'ai été, c'est certain. Vu que j'ai l'élégance du héron boiteux sur une livre deu beurre qaund j'esquisse un pas de marche, on dira que j'ai squizzé le pas de gigue, hein? Pour ce qui est du logo, j'ai sacrifié à la tradition. 
2. Pour remercier celui qui t’a désigné, un petit texte tu rédigeras.
-> done. 
3. Puis, les 10 internautes les plus bavards sur ton blog tu nommeras.
-> Dur pour le coup, je n'ai hélas pas tant d'audience! 
5. Les prévenir (sur leur blog) de ton méfait tu devras. 
-> c'est que ça devient pénible leur truc là! 
6. Faire ce tag UNE SEULE FOIS tu pourras.
-> Je suis condamné pour le coup là! 

Quand je regarde l'historique des commentaires de ce blog, je dois bien reconnaître qu'il n'y a pas grand monde à part les quelques fidèles du départ que je remercie chaleureusement. Faut croire que je n'attire pas grand monde (Un bien ? Un mal? Allez savoir!) ou il faut que me remette en question.... Et que je n'hésite pas à tailler dans le gras de certains films surestimés comme le font Cerberus et l'Odieux Connard

Je vais y réfléchir en tous cas. J'ai déjà stoppé la rubrique "Mes derniers achats" car après réflexion, je trouvais cela assez narcissique (et faire l'inventaire de ce que l'on achète , c'est pas très futé vis à vis de certaines personnes mal intentionnées ....) 

 

La règle étant que l'on ne peut retager son taggeur, Balmung, je ne peux pas repasser sur ton mur, pour les autres ils découvriront bien assez vite les dégâts sur leurs murs , niark niark! 

 

Allez, bonne semaine à tous! 

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 05:02

2013-05-04 071034Un petit article express, ce qui ne m'arrive pas souvent, mais simplement pour vous inviter à jeter un oeil sur le travail de cette artiste au coup de crayon numérique bien agréable.

 

On notera beaucoup de tendresse dans les traits et dans les mises en situation très japonisantes, mais aussi beaucoup de caractère. On ressent parfois  des influences style Clamp, ce qui ne gâche rien. 

 

Vous pourrez retrouver ses illustrations à cette adresse : maelis.net . Visiblement, la jeune femme propose aussi à la souscription des calendriers illustrés. 

 

2013-05-04 070819 2013-05-04 070833 2013-05-04 070855

 

2013-05-04 070913  2013-05-04 071431

 

On soulignera la présence de lithographies de style Yaoï et d'autres bien craquantes!


Vous savez ce qu'il vous reste à faire pour en apprendre plus ! Et merci à Ségolène pour cette découverte ^_^

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 05:04

Généralement, lorsqu'on évoque l'univers des princesses aux jeunes filles d'hier et d'aujourd'hui, ces dernières se réfèrent à l'univers Disney, riches en jeunes femmes cherchant leurs princes. Néanmoins, au delà de cette conception édulcorée et rose bonbon, il faut bien admettre que la princesse reste la métaphore de la femme en devenir, chacune de ses aventures revêtant le plus souvent l’allure d’un véritable parcours initiatique devant la conduire de son statut de jeune fille adolescente à celui de femme épanouie et pourquoi pas même accomplie.    

 

C’est sur ce schéma relativement simpliste que nous avons pu découvrir les premières princesses de notre enfance qu’ont été Blanche Neige ou bien Cendrillon ou Aurore. Le petit plus restant bien sûr l’adaptation de contes classiques avec quelques notes de fantastique histoire de pimenter une action qui sans cela aurait été un peu mièvre. Ainsi, en parfait némésis se sont ajoutés des sorcières, des malédictions, des méchantes fées voir des vizirs. Car l’autre fait intéressant reste que le terme de princesse ne s’applique pas qu’à nos contrées occidentales mais aussi à d’autres univers comme celui de l’orient via Jasmine voir même indien avec Pocahontas. Ces dernières ouvrant la voie à la princesse ethnique qui trouve sa concrétisation dans La Princesse et la Grenouille qui propose enfin une jeune fille autre que la classique WASP stéréotypée. 

 

Mieux encore, au-delà de ces servitudes terrestres, ce titre peut aussi s’appliquer à d’autres races, aquatiques à l’exemple d’Ariel ou même mythologique comme pour Kida Kidagakash d’Atlantide.

 

Malgré tout, ces jeunes femmes restent enfermées dans un moule usité, à la recherche d’un prince ou dans l’attente de celui-ci , le tout en défiant le plus souvent l’autorité parentale, incarné par le père, la marâtre …. 

 

Un autre point de détail, assez commun à toutes ces figures, demeure l’origine de leur statut. Car dans les contes de fées aussi bien que chez Disney, devenir princesse se résume souvent à épouser un prince (c’est fou ce qu’ils peuvent être nombreux quand on y pense) lui-même stéréotypé (grand, sportif, brun et sans reproche). En effet, que ce soit Belle ou Cendrillon, elles sont toutes deux de basse extraction, d’un milieu aisé certes, mais non noble. Le phénomène inverse est assez rare à une exception près. Dans Pocahontas, c’est Smith qui n’est qu’un simple soldat alors qu’elle est une princesse indienne.

 

Pocahontas qui représente également un cas isolé puisque à la fin, les deux héros, ayant pourtant triomphé de tous les caprices du destin, ne se marient pas et n’ont pas de nombreux enfants comme le veux l’adage.

 

L’époque contemporaine, en rapport avec ces prestigieuses « ancêtres » n’a pas non plus à rougir et nous a également proposé de nombreuses princesses. A ceci près qu’elles sont loin d’être des potiches fatalistes subissant leur sort sans broncher, tout en remettant leur vie dans les mains d’un hypothétique mâle plus proche de la figure tutélaire que de celle du grand amour (on pensera bien sûr à Gisèle pour ceux qui veulent me contredire, quoique ….).

 

Le besoin d’évasion des jeunes femmes d’aujourd’hui (et pourquoi pas des jeunes hommes qui rêvent peut être eux aussi d’autre chose que de devoir toujours venir au secours de leur belle du jour…) s’est porté vers d’autres horizons. Indépendance, force de caractère, un soupçon d’individualisme voir même des mœurs libérées sont maintenant considérées comme nécessaire et allant de soi. Interrogez une femme à différents âges dans la rue en lui demandant quelle princesse elle voudrait être si l’occasion se présentait. Les plus jeunes comme les plus âges vous diront Blanche Neige ou quelque chose d’approchant. Les adolescentes vous sortiront du Fiona et les plus rebelles du Xéna. Peu de chance pour que l’on pense à Peach, Andromède ou Guenièvre. Marianne, peut être et encore …   

 

Du cinéma en passant par la littérature et les jeux vidéo, je vous invite donc à me suivre dans ce petit trombinoscope pas piqué des hannetons sur ces jolies filles qui sous des apparences de paillettes et d’insouciance peuvent révéler un tout autre univers ….   

 

Les classiques

 


 

PRINCESSES 1Pour commencer par le commencement, dans l’univers des « Il était une fois », la princesse archétype a été mise en place par Disney à la fin des années 30 avec la mise en chantier de Blanche Neige. La jeune fille doit donc être innocente, mais pas style sacrifiable à la Buffy, son cœur doit être pur, ses pensées aussi. Ces dernières s’orientent d’ailleurs quasi exclusivement vers la venue d’un prince qui devra forcément être charmant. Quitte à être dans le conte de fée, il sera valeureux, droit et amant fidèle, bien que cet aspect particulier de la relation prince / princesse ne soit évoqué que par la fameuse phrase de conclusion « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Physiquement parlant, la jeune fille est jeune (on parle de princesse forcément), avec un teint de pêche et des cheveux ne souffrant d’aucune coloration. Certains argueront que le nom de Blanche neige n’est pas usurpé, mais force est de reconnaître que ce visage tout en rondeur avec des traits malgré tout finement dessinés va être un modèle pour de longues années, jusqu’à Cendrillon au moins qui n’apparaîtra pas avant les fifties. Car, bien que cela puisse paraître étonnant, 13 ans séparent ces deux figures emblématiques de l’écurie Disney. En effet, là où nous aurions pu croire que la firme avait mis en scène un nombre incalculable de jeunes filles à couronnes, il ressort en fait qu’il n’y en a eu qu’une …. dizaine en 70 ans (Blanche Neige, Cendrillon, Aurore, Ariel, Belle, Jasmine, Pocahontas, Kida, Giselle et la petite dernière fan de batraciens)!

 

Nos deux princesses Disney de cette période fondatrice vont donc être des filles de bonnes famille,  vivant dans un monde idyllique avant qu'une marâtre débarque et ruine leur petit cocon, que ce soit par jalousie ou par des pulsions népotiques affirmées. Évidemment, la déchéance va rapidement pointer le bout de son museau, se résumant le plus souvent à des tâches ménagères répétitives empreintes d'injustice (en particulier pour Cendrillon). Un point commun cependant demeure, c'est l'intrusion de la magie. Négative à l'extrême pour l'une qui n'hésite pas à porter les oripeaux de la vieillesse et de la laideur pour mieux affirmer sa place vaniteuse de plus belle femme et extrêmement positive pour l'autre via l'ingérence positive d'une marraine fée qui va être un adjuvant idéal pour Cendrillon malgré la mise en place de règles qui lui joueront bien des tours (mais faut bien faire avancer le schmilblick pour que triomphe l'amuuuuuuur véritable). On notera que cette même magie peut être détournée de son rôle premier et servir le côté méchant des personnages comme dans Cendrillon 3ème du nom. Mais ceci est une autre histoire.

 

 

PRINCESSES 2Cendrillon comme Blanche Neige vont donc subir un parcours initiatique qui va les conduire de la fin d'une adolescence heureuse à un coté adulte de femme accomplie , à grand renfort d'épreuves durant cette période de transition. Cela permet bien sûr un attachement plus important et quasi immédiat du spectateur, mais aussi un dénouement d'autant plus mérité qu'il est similaire (Les deux princes se ressemblent étrangement d'ailleurs).

 

Il faudra attendre Aurore et la Belle au Bois Dormant pour obtenir une histoire et une ambiance totalement nouvelle, réussissant à fusionner Blanche Neige et Cendrillon. Tout d'abord, on peut voir une princesse de sang bleu subir une malédiction avant même sa présentation dans un monde où la magie est présente et reconnue. Les marraines sont au nombre de trois , la mauvaise fée et aussi là, chef d'œuvre de méchanceté gothique quasi inespérée dans un film d'animation destiné au jeune public et comble de joie, le traitement même de la princesse va être complètement révisé. Jusqu'à présent, c'est la jeune fille qui dégustait avant de trouver son compagnon qui était quasi absent de l'histoire quand son rôle ne se résumait pas à être conseillé par son père et les ministres de celui ci. Cette fois ci Aurore et plongée avec toute sa cour et son domaine dans un sommeil sans rêve (grâce à l'intervention des bonnes fées, cela va sans dire) et c'est Philippe, amoureux de la Belle qui va devoir se battre et faire valoir ses prérogatives face à une sorcière dragon de premier ordre. L'homme se bat pour sa compagne.

 

Nous sommes en 1959. Les mentalités ont évolué vers des horizons plus modernes. Aurore , dans  son traitement graphique tranche avec ses aînées : plus grande, plus svelte et plus jeune aussi puisque censée n'avoir que 16 ans (ce qui suppose que Philippe se bat pour une adolescente alors qu'il est tout juste adulte) …. même si la jeune femme garde une image de fragilité tout en représentant un idéal romantique, Philippe et Aurore n'échappant pas eux non plus au rituel « ils vécurent heureux.... ».

 

PRINCESSES 3Trois princesses de légendes animées après avoir été des légendes de la littérature...  il faudra attendre 30 ans pour que la firme aux grandes oreilles réutilise ce schéma avec Ariel et La Petite Sirène. Coupure bienvenue qui nous permet de sortir un peu de cette route faite de chansons et d'espoir pour nous orienter vers d'autres princesses cinématographiques répondant aux critères de cette partie. Les exemples pourront être légions et je vous fais confiance , à vous , lecteurs pour nous donner vos propres images dans la partie post en bas de page. De notre côté, nous évoquerons trois autres modèles.

 

Une autre princesse a hanté notre enfance à tous puis celle de nos propres rejetons. Elle est blonde, avec une petite couronne, adore se faire kidnapper par le roi saurien du coin et saute très haut quand elle est de l'aventure, elle adore aussi le rose.

 

 

Il s'agit de Peach , la donzelle que le plombier italien s'évertue à sauver depuis le milieu desPRINCESSES 4 années 80. Elle correspond d'ailleurs à l'archétype de la damoiselle en détresse, ne vivant que pour être délivrée. Elle est d'ailleurs issue d'une longue  lignée de jeunes femmes qui ne deviendront à fortiori jamais reines et qui pullulent dans les Pomme d'Api et autre magazines jeunesse, juste prétexte à l'aventure en fait. Rien de plus. Et l'une des rares fois où elle était sélectionnable sur les consoles old gen,  elle était de plus quasi injouable. Idem pour sa cousine pas si éloignée, source par contre de RPG de légende via un petit être à la tunique verte dont le simple nom devrait vous provoquer un petit frisson de plaisir: Zelda. A la tête d'un royaume persécuté par les forces du mal, elle se fait souvent kidnappée , entraînant l'arrivée de Link. Une autre princesse mérite aussi d'être nommée pour terminer ce chapitre sur les jeunes femmes « soumises » à leur destin et qui nous permettra de nous orienter vers le cinéma fantastique , sans compter qu'un remake est en préparation en ce moment.

 

 

 

PRINCESSES 5Il s'agit d'Andromède du Choc des Titans. Amours contrariées, maudite par le destin à être sacrifiée au Kraken via les dérives égocentriques incontrôlées de sa mère , il faudra l'intervention de pas moins d'un demi dieu et d'une chimère (indirectement, c'est d'accord)  pour pouvoir la libérer de ce sort funeste et lui accorder une vie normale. Mais avant d'être délivrée, elle aura quand même assisté à l'immolation d'un nombre impressionnant de prétendants et aura failli claquer tant elle hurlait à la face du monstre de Poséidon. Remarquons tout de même qu'elle aura finalement droit à sa propre constellation... 

 

 

Les combattives


Fort heureusement pour nous , les spectateurs, les princesses n'appartiennent pas  toutes à la caste des femmes devant être sauvées par un bellâtre local ou subissant les épreuves sans broncher. De nombreuses jeunes filles ont décidé de prendre leur destin en main, quel qu'en soient les conséquences, ce qui nous permet d'enterrer  une conception ayant fait long feu et n'étant plus très appropriée pour nos esprits contemporains. Alors oui, bien sûr, on peut continuer de fondre avec son amie  lovée au creux de ses bras un soir de pluie devant sept nains prenant soin d'une inconnue (ce qui dénote quand même une héroïne entourée d'une véritable chaine de chromosomes XY) qui enchaine les péripéties avec un certain laxisme, continuant d'évoluer dans un monde qui n'appartient qu'à elle seule (l'accomplissement étant dans les tâches ménagères avec l'aide de ses amis de la forêt) mais on peut aussi apprécier le caractère volontaire et frondeur d'Ariel ou bien la douceur de Belle qui réussit à accomplir des miracles avec un cœur de pierre.

 

 

PRINCESSES 6

 

Ce n'est pas pour rien d'ailleurs que nous citerons ces deux jeunes filles. Elles marquent le renouveau Disney et  appartiennent au nouvel âge d'or de la firme. La gente féminine apparaît soudainement sous un nouveau jour. Ariel pour commencer n'est pas seulement de haute extraction, septième et plus jeune fille du roi Triton, elle appartient directement au monde des légendes, celui des sirènes et comme toutes fille de son âge, s'amourache d'un prince séduisant et droit (Eric) qu'elle n'a vu qu'une seule fois mais en action au milieu d'une tempête bravant les éléments pour sauver un membre d'équipage (scène que l'on peut revoir en quasi copié collé dans le Sinbad de Dreamworks mais pour d'autre raisons). Là où certaines veulent l'impossible (un poney le plus souvent) elle ne voudra plus qu'une chose, une paire de jambes pour devenir humaine. Mais qui dit sirène dit aussi magie, ce qui va entrainer un véritable calvaire émotionnel pour la jolie rousse, déchirée entre le défi à l'autorité paternelle et l'amour aveugle d'Eric plus à la recherche d'une voix que d'une compagne véritable (pendant un tiers du film, vu l'extraordinaire final qui renoue enfin avec une audace que l'on pouvait croire définitivement enterrée depuis la Belle au Bois Dormant).

 

Ariel est impulsive, possède un timbre peu commun,  à son propre réseau d'amis hors du cadre familial, ce qui correspond à la jeune fille type des années 90 qui cultive de surcroît un hobby pas forcément autorisé par le cadre parental mais qui ne risque pas non plus d'aller sur des sentiers illégaux (quoique) ou risquant de mettre en cause son intégrité. Elle nourrit simplement des rêves d'aventure et d'évasion mais aussi de compréhension, dissimulant à peine une ode à la tolérance... ce qui reste aussi un fait nouveau.

 

Rien de spécial avec Aurore, Blanche Neige ou Cendrillon, si ce n'est une histoire d'amour aux débuts difficiles mais qui finit bien. Avec Ariel, l'animé passe un message aux enfants comme aux parents accompagnateurs sans pour autant être lourdement moralisateur. De plus, Ariel est débrouillarde et n'a pas besoin de passer par la case « mort » ou « sommeil agité » ou « destin volé sauvé par le hasard » pour accomplir son rêve. Elle ne doit sa réussite qu'à elle même. Elle est seule pendant trois jours (Sébastien s'attirant plus d'ennuis qu'autre chose sauf pendant l'allégorique promenade sur le plan d'eau), muette de surcroit, devant faire face à un monde qu'elle ne connaît finalement que très peu (voir passage de la fourchette) et qui reste l'interdit suprême de son roi de père, avec une paire de guibolles dont elle ne connaît rien non plus. C'est elle aussi qui luttera avec Eric pour défaire Ursula. Et finalement, c'est elle qui parviendra à convaincre son père de sa véritable place tout ne lui faisant comprendre qu'elle l'aimera toujours. Pour une adolescente, admettez que le tableau reste flatteur et que son histoire d'amour, elle se sera battue pour la voir se conclure!  Une grande princesse Disney qui aura su composer avec l'ensemble des multivers d'histoire sentimentales de la firme pour une production grandiose et qui remettra Mickey sur les rails!

 

 

PRINCESSES 7Belle pour sa part va marquer un léger retour au classicisme. La version Disney va suivre le conte de base, celui même qu'aura suivi Cocteau en « emprisonnant » une fille de ferme dans la tour d'ivoire d'un prince maudit pour ses mauvaises habitudes et le peu de considération dont il eu fait preuve envers une vieille dame mendiante. Le fait est que le jeune prince égoïste a été transformé en bête et toute sa cour en objets animés (faut croire qu'elles ont que ça à faire les fées et les sorcières aussi, elles doivent quand même s'ennuyer terriblement les pauvres). La force de Belle restera d'accepter son destin tout en essayant d'adoucir la vie de la Bête. Jusqu'à voir naitre le véritable amour, une fois de plus, celui même qui pourra le délivrer du sortilège. Mais ici, pas de représentant de la caste magique si ce n'est une rose sous verre, seulement un olibrius  du nom de Gaston qui se croit imparable et le plus beau de la contrée. Un rustre de premier ordre en vérité finalement pas si éloigné dans sa description des premiers princes Disney à ceci près qu'il est extrêmement mal élevé et terriblement rustre, mélange peu avenant auquel on peut ajouter un doigt de méchanceté cruelle lorsqu'il cherche à tuer la Bête. Belle est un monument d'innocence et d'amour qui parviendra à rompre le charme et qui restera avec la Bête. Bon bilan pour elle pour une simple fille de ferme aussi jolie soit elle, les autres filles étant plus souvent jolie mais sans réelle personnalité.

 

 

PRINCESSES 8

 

Pocahontas, qui clôture l'ère des princesses des années 90 du studio, peu s'apparenter à Ariel. Elle est issue d'un autre milieu que la classique bourgeoisie et appartient  à une autre culture. Elle est aussi sous l'égide d'une autorité paternelle qui veut le meilleur pour elle et devient amoureuse de l'inconnu qui devient rapidement aussi un interdit. Quasiment traité sur le mode d'une comédie musicale, c'est également la tolérance et le respect de l'amour de l'autre qui va être mis en évidence, non sans envoyer une petite pique à la vieille Europe colonialiste et en introduisant aussi une touche de magie. Pocahontas reste une princesse fière, libre et c'est également une adulte de corps comme d'esprit à la fin du film. Elle aura changé son destin et le regard de son peuple sur le monde (et inversement pour Smith qui influence Pocahontas tout en subissant de bon gré l'influence de cette dernière). Pocahontas augure d'ailleurs des derniers changements féminins contemporains en jouant un rôle charnière en Ariel et  Kida Kidagakash d'Atlantide.

 

PRINCESSES 9Dans ces princesses dites combattives, on peut également trouver d'autres exemples frappants dans le cinéma de ces dernièers années. Blade II propose une Nyssa qui n'est ni plus ni moins que l'égale de l'anti héros éponyme. Elle sera également son seul amour sur la trilogie cinéma, nous offrant une volonté de fer pour défendre sa cause, malgré une fois encore un autorité paternelle déviante et un affrontement fratricide indirect. Le plan final dans les bras de Blade reste assurément la pose la plus marquante des trois métrages, la plus lourde de sens quand au caractère isolé du héros. Car en plus d'être un individu à part entière avec sa propre histoire et ses propres leitmotiv, elle parvient à révéler des aspects méconnu du Daywalker, aspects qu'il ignorait d'ailleurs lui même, lui offrant l'espace d'un instant une fenêtre sur un avenir qui lui sera refusé (et ce n'est pas Trinity qui va le remettre sur ce chemin).

 

 

 

PRINCESSES 10Quitte à rester dans le monde des adaptations de comics, on pensera aussi à Nuala, de sang royal pur cette fois, dans Hellboy II. Destinée maudite de par les ambitions de son frère Nuada qui veut régenter le monde (comme c'est original) après l'avoir rendu aux créatures de la nuit. Elle tentera de le contrer en le fuyant, en lui dissimulant la précieuse relique permettant d'obtenir le contrôle des légions d'or puis prendra le contrôle dans un final attendu mais très émouvant (et réussi graphiquement de plus, merci Del Toro). Ajoutons à cela une beauté rare et une nature étrange, nonobstant une volonté de préserver l'ordre établi au déni de sa propre origine, et on obtient une fois encore une princesse forte qui aurait du être reine.

 

 

PRINCESSES 11On terminera cette partie avec l'évocation de la femme du pharaon, Anck-Su-Namun, princesse par alliance qui trompera son mari pour les yeux (puis le corps ?) d'Imhotep. Véritable athléte, dotée d'une force peu commune de caractère et d'une fidélité sans faille, elle luttera à travers les millénaires pour retrouver son amant, se frottant de nouveau à sa Némésis pour finalement abandonner Imhotep à une damnation éternelle. Un monstre d'orgeuil dissumulant une montagne d'égoïsme. Elle cachait bien son jeu, surtout quand on pense aux sacrifices consentis par Imhotep pour la retrouver....


 

Les modernes


Dans cette évolution logique , allant de la femme image d'Epinal à la femme assumant ce qu'elle est , il était normal d'arriver à une image de la femme moderne, celle qui se bat avec sa moitié tout en exprimant ses propres ressentiments face à ce même individu, tout en envoyant ad padres les conventions et en rendant folle l'image paternelle. Amusant de constater que les princesses Disney sont toutes soumises ou dépendantes de cette image. Blanche Neige et Cendrillon doivent leur statut à la disparition de leur père peu de temps après la mort de celui ci, Aurore est maudite suite à une erreur de jugement parentale, Belle est prisonnière de la Bête pour sauver la vie de son père suite aussi à une erreur et Pocahontas doit « subir » la bienfaisance paternelle et rester dans le chemin de ses ancêtres. Quand à Ariel, Triton devrait pouvoir se passer de commentaires...

 

 

PRINCESSES 12Jasmine correspond à cette nouvelle représentation de la jeune femme moderne. Fille de calife, ancrée dans la réalité politique, elle veut malgré tout trancher avec le protocole et sait mettre à jour la véritable personnalité de Jafar. Elle partagera avec Aladdin les mêmes idéaux et même si la magie est de mise dans le film, c'est tout de même elle qui fuguera du palais pour découvrir le monde extérieur, ce qui aura manquer de lui coûter la vie pour une simple erreur de jugement démontrant la vaillance de son innocence (autre point commun que partage toutes ces princesses d'ailleurs). C''est aussi cette dernière qui découvrira la véritable identité d'Aladdin, pas l'image sociale mais ce qu'il recèle au fond de lui. Il sont destinés au mariage mais celui ci n'est pas prêt d'être prononcé. Tout comme pour Pocahontas, ces princesses modernes n'ont plus le droit à la sempiternelle ritournelle du « ils vécurent.... ». Smith retourne sur le continent blessé, Jasmine et Aladdin vivent encore nombres d'aventures tout au long d'une série et de deux autres métrages avant de conclure. La princesse moderne a de nouvelles ambitions, une nouvelle façon de concevoir sa vie et n'a donc plus à suivre les dictats d'autrefois. Ce qui n'est pas un mal. L'image masculine suit d'ailleurs le mouvement et s'adapte à ces nouveaux caractères. Il serait dur d'imaginer un prince Philippe tomber amoureux d'une Pocahontas comme de concevoir un Smith jeter un regard mielleux à Blanche Neige. Les époques changent. Les publics changent. Il faut faire avec cette mouvance. Quitte à aller vers des extrêmes à la Atlantide.

 

 

 

PRINCESSES 13Avec cette ultime production, Disney clôture son bal des princesses avant de se diriger vers une innovation radicale après près d'un siècle d'existence en proposant une princesse black dans  La Princesse et la Grenouille (merci au vent de liberté introduit par Lasseter qui a déjà du faire face à des détracteurs l'obligeant à changer certaines choses avant même le premier tour véritable de manivelle). Atlantide reprend le fameux mythe (tout en piquant des idées , même si cela n'est pas reconnu, à l'animé Nadya) en intronisant à sa tête un roi vieillissant mais millénaire et sa jeune fille, véritable miroir des adolescentes d'aujourd'hui, Le film datant des années 2000 et devant toujours suivre à ce niveau une modernité sans faille. Pocahontas et Jasmine , respectivement en 1995 et 1992, coexistaient à jeu égal en temps de présence et en enjeu dramatique avec leur pendant masculin. En 2001,  Kida prend l'avantage et même de le dessus  sur toute une troupe de mâles testostéronés et sur le fragile Milo qui à son tour vivra un parcours initiatique donnant un jeune homme beaucoup plus sûr de lui en fin de film (c'est un peu lui la princesse classique pour le coup, la boucle étant alors bouclée dans les rapports et dominantes hommes/ femmes). Kida recèle à elle seule la destinée de son pays, de sa succession et reste le principal ressort dramatique du film. De plus, elle est très extravertie, curieuse et touche à tout et intelligente pour ne rien gâcher. Visuellement proche d'un trait de mangaka, elle est à la fois un parangon de jeunesse et de maturité future. Un accomplissement en soi. Terminer les fariboles et les fanfreluches du début, les belles robes et autres bijoux classiques. Kida arbore des motifs tribaux, est sportive et prend les devant pour un rafraichissement total. Et autre révolution, la figure du père disparaît tragiquement certes mais pour lui laisse la place. Elle investit donc tous les rôles dévolus à d'autres hommes pendant si longtemps.

 

Le traitement des princesses Disney étant quasiment achevé, on se tournera à nouveaux vers d'autres métrages pour trouver des princesses emblématiques, des femmes modernes, entreprenantes voir parfois masculine.

 

 

PRINCESSES 14Comment parler d'un tel sujet sans citer la princesse Leïa, reine parmi les reines dans le cœur encore vivace d'adolescents aujourd'hui trentenaires? Avant gardiste dans le premier opus de la première trilogie Star Wars (on se basera sur les dates de sorties et non sur des histoires de chronologie svp)(et je laisse de côté le rôle de Portman, reine  d'un seul cycle ) puisque responsable politiquement mais aussi dans la résistance contre l'Empereur Palpatine. Elle confirmera son statut par la suite acquérant même la possibilité d'être elle même l'une des dernières Jedi encore en vie et sera au centre d'une lutte vaudevillesque entre Solo et Skywalker. Son  engagement, sa détermination sans faille et le fait qu'elle obtienne à l'égal des hommes une autorité sans borne dans le mouvement résistant font d'elle un fer de lance de ce changement latent mais réel de perception de la femme dans un monde dominé par l'homme.La Marianne de Robin des Bois est également digne d'être citée comme une femme forte et combative (version Kevin Costner). Astucieuse, elle a su rester fidèle à ses principes tout en gardant une semi liberté de façade mais rallie le mouvement résistant initié par Locksley dès qu'elle le peut avant de se joindre ouvertement à lui. Le prix à payer pourra paraître élevé mais quand il s'agit de liberté.... 

 

PRINCESSES 15Elle n'est certes pas princesses mais les intentions planant autour d'elle, sa noble ascendance et son mariage final lui en donne le statut.On peut être une princesse maudite mais aussi appartenir au monde de la magie. Fiona en est la parfaite représentation et son côté ogresse lui permet d'afficher une modernité de tous les instants sans pour autant dénigrer les conventions. Elle est caractérielle, elle rôte, tance vertement Shrek et l'âne mais est souvent de bon conseil. Son évolution est intéressante tout au long de la trilogie. Le premier épisode donne énormément d'importance aux apparences (cf Lord Farquad) mais verra triompher l'amour véritable qui passera au dessus de ce que tout le monde attendait logiquement. Fiona passe alors du statut d'adulescente (autre nouveauté) à celui de femme véritable, rôle qui trouvera son prolongement dans le second opus où Shrek par amour pour elle essaiera d'être humain pour entrer dans le moule sociétal. Mais l'amour triomphera encore.  Son rôle prend encore de l'ampleur dans le dernier chapitre en date puisqu'elle devient mère d'une floppée de petits diables fortement attachants.

 

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Et contradictoirement, c'est aussi dans cette dernière ehure et demie que le monde des princesses connaît une véritable révolution. Fiona sait se battre, on l'a toujours su et Trinity n'a rien à lui apprendre ou inversement. Mais elle entraîne aussi toutes ses cousines dans la bataille, pastichant (dernier stade d'évolution du traitement du personnage « princesse », le retour flatteur au temps jadis avec une goutte d'ironie folle) l'ensemble des productions Disney avec une Blanche Neige qui utilise dans un but de destruction massive les êtres de la forêt, une autre qui envoie des boomerangs et même sa mère qui donne des coups de boule dévastateurs! A la fois inattendu, idiot et complètement jubilatoire, cette révolte des princesses reste même l'un des meilleurs moments de la quête pour Arthur!

 

PRINCESSES 17A côté de cela, nous avons aussi des princesses qui ne vont pas forcément grandir, bien au contraire. Les profondeurs de l'océan ne contiennent pas que des princesses de haut standing comme Ariel... A côté du roi Triton, on aura aussi le roi Neptune et sa fille la princesse Mindy. Parfaite enfant gâtée et moralisatrice en plus (!)faisant effectuer à son père ses quatre volontés, elle va en faire voir des vertes et des pas mûres au pourtant méritant Bob l'éponge et à l'inénarrable Patrick. Néanmoins, elle restera un adjuvant de valeur. Mais de là à faire une satyre au vitriol des gamines d'aujourd'hui, il n'y a qu'un pas (qui est opportunément franchi d'ailleurs).

 

 

Il reste évidemment d'autres princesses potentielles dans cette catégorie mais ce trombinoscope est loin d'être exhaustif : de Sû de Love Hina à l'héroïne maudite de Scrapped Princess en passant par Guenevièvre  et Arthur ou bien encore Rebelle de Pixar, il y a encore de quoi faire et nous comptons sur votre participation un peu plus loin!

 

Les icônes et les cas particuliers

 

Parmi les princesses que nous n'avons pas encore abordé, il reste les cas particuliers et celles que l'on pourraient considérer comme des icônes. Représentatives d'un courant de pensée, d'une conception métaphorique ou tout simplement atypique de par leurs origines, leur âge ou leur destinée, elles ont également marqué l'écran, grand ou petit, de leur empreinte voir les esprits d'une partie de la population lors de leur passage fugace à la postérité. Je vous propose donc de clôturer ces quelques lignes avec ces derniers portraits.

 

Nous avons vu les princesses de conte de fée chez Disney, ces dernières ayant également connue d'autres adaptations fort nombreuses, nous en avons omis volontairement d'autre parmi lesquelles la Peau d'âne de Demy aurait parfaitement eu sa place d'ailleurs, nous en avons même citer une pouvant se battre avec Fiona. Mais ce n'est pas la seule dans ce cas.

 

 

 

PRINCESSES 18Deux autres princesses ayant une source mythologique quasi commune ont hanté nos petits écrans des années durant , défouraillant les bad guys et les dieux à tout va. Xena a été une révolution télévisuelle pour l'image de la femme réussissant en plus à supplanter la série d'origine dont elle était issue, Hercule. Pour la première fois, une femme en remontrait aux hommes, était même craint par eux et par les dieux, réussissait à être une image maléfique en quête de rédemption tout en permettant d'aborder le thème encore tabou de l'homosexualité dans les rapports troubles entretenus au fur et à mesure avec Gabrielle (alors que les liens unissant Iolas et Hercule étaient explicitement amicaux et rien d'autre), le tout dans des costumes capable d'émoustiller la gente masculine tout en étant visuellement réussis et à priori justifiés vu les nombreux combats menés.

 

 

 

PRINCESSES 19A côté de Xena, on songera sans malice à Wonder Woman dans au moins trois adaptations. La première avec la belle Lynda Carter, lui donnant ses lettres de noblesse mais aussi un caractère parfois infantile mais toujours honnête et sincère dans ses actes. Elle apparaît aussi comme fragile car cette version se fait quand même assez souvent malener voir perd ses pouvoirs car faisant montre d'une trop grande confiance à autrui. Le statut de princesse est justifiée de par son rang de fille unique de la reine Hyppolite.

 

La seconde mouture se voit dotée de pouvoirs supplémentaires , et d'une force égale à celle de Superman, pour une détermination égale. On pensera bien évidemment à la Wonder Woman animée de Bruce Timm, membre régulier de la Justice League. Le pseudonyme de princesse guerrière n'est ici plus usurpé tant les racines de la jeune femme transparaissaient dans certains épisodes clefs, y compris ceux mettant à mal Hawkgirl. La dernière version en date reste celle du film de DC animation encore inédite chez nous (mais dispo partout en z1 avec une excellente piste de sous titres français. Jetez vous dessus, pour les fans de DC Comics, c'est un must!) réussit le parfait mélange des deux premières, portant à l'écran une fusion judicieuse des deux origines pour offrir une princesse sans autres super héros, impliquée dans des conflits divins concernant Zeus, Ares et Hades. Le statut de Diana , sa fierté , son arrivée dans le monde mortel des humains et sa rencontre avec Steve Trevor (increvable quelque soit son époque) font d'elle une guerrière accompli, le sens du devoir et du sacrifice étant au coeur de la mythologie amazone. Le combat final contre les armées d'Arès est d'ailleurs tout simplement inespéré et purement jouissif (une secrétaire au président US : une armée de top models en armure nous a sauvé). L'OAV est vif, non dénué d'humour et respectueux du matériel original. Que demander de plus?

 

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Dans une moindre mesure, on citera  Mononoké, princesse elle aussi guerrière, fille héritière d'un monde qui se meurt et maillon de ce dernier avec le monde nouveau celui des hommes. Forte personnalité, fluidité exceptionnelle à l'écran pour une humanité malgré tout à fleur de peau sous un masque tutélaire, elle aura représenté un tournant pour l'animation japonaise et mondiale tout en consacrant (enfin) le génial Miyazaki.

 

 

PRINCESSES 21Plus posées , d'autres princesses apparaissent comme des êtres inaccessibles qui vont confier leur destin ou celui de leur royaume à un individu Particulier. Arwen (la noble dame), magnifique princesse elfique sacrifiera son immortalité à Aragorn après avoir pris une part important dans la lutte contre Sauron (du moins dans la trilogie de Jackson, intercédant même à la protection passagère des Hobbits) tandis que la contrée de Fantasia sera sauvée par sa princesse qui en aura conserver quelques fragments à l'abri du redoutable néant, et comptant sur un mortel du nom de Bastien et sur son imaginaire qu'il devra débrider pour tout reconstruire. Deux princesses à priori inaccessible et qui joueront pourtant un rôle clé dans la vie de nos héros en proie longtemps au doute avant qu'ils ne s'accomplissent à travers elles.

 

A côté d'elles, on pourra réserver une place aux princesses martyres. Nous n'en citerons que deux. La première est issue d'un film et non pas d'un animé Disney et c'est d'ailleurs la seule qui aura eu droit à un traitement aussi mature. Personne ne se souviendra du nom d'Elspeth, princesse de la contrée d'Urland. Et pourtant. C'est la seule princesse qui s'opposera publiquement à la volonté injuste de son père. Pour assouvir la volonté du dragon Vermithrax, ce dernier procédait tous les ans au sacrifice d'une jeune vierge issue de  la population mais en prenant soin de ne pas mettre dans l'urne du hasard le nom de sa fille. Quand celle ci se rendit compte de la supercherie, elle n'hésita pas l'année suivante à remplacer tous les noms par le sien, se condamnant par là me^me à une mort affreuse et certaine (la dernière qui plus est, Galen prenant soin de participer à l'élimination du Dragon du Lac de Feu). Le sacrifice de la princesse est montré dans ce qu'il a de plus cru. Elle est attachée, le dragon la dévore et ses restes sont à leur tour dévoré par les bébés de ce dernier. Voir à l'écran dans un film Disney des morceaux de jambes à la chair sanguinolente dans la gueule de reptile, il fallait oser, et rien que pour cela, elle méritait d'être ici citée, elle qui donna sa vie pour sauver celle de l'un de ses sujets, en toute connaissance de cause. On est loin de l'Andromède du Choc des Titans.  

 

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Cette transition mythologique nous permet d'ailleurs de rebondir sur l'une des princesses les plus exaspérantes de la japanimation, passant le plus clair de son temps à se poser en martyr sacrificiel pour être sauvée in extremis d'une mort certaine (tantôt par une flèche, tantôt en étant vidée de son sang, c'est qu'elle a de l'imagination de la douleur) le tout pour sauver l'humanité. Nous parlons évidemment de Saori, l'égérie de Seiyar dans les Chevaliers du Zodiaque. Bien sûr la première fois, dans sa grande toge blanche, une flèche dans le cœur en une douzaine d'heures pour la sauver révélant en cela l'existence de non pas un mais douze chevaliers d'or, cela avait son charme et a été riche en révélations pour nos adolescents chevaliers, mais à la longue, on se demande encore pourquoi Seiyar veut toujours la sauver, surtout après la volte face de l'Oav Abel... Mais l'amour est aveugle (et dans son cas singulièrement bouché à l'émeri). De plus on peut sérieusement douter qu'une réincarnation d'Athéna puisse réellement être aussi mièvre et refuser toute action contre d'autres dieux qui n'hésitent pas eux à tout détruite de Poséidon à Hadès, le seul contre qui elle interviendra finalement en personne, revêtue de sa propre armure.

 

 

PRINCESSES 23Enfin pour finir notre petite vadrouille au pays des princesses, nous avons gardé le petit grain de folie Disney pour la fin avec cette brave Gisèle, archétype fondamentale du côté un peu mièvre et si touchant de toutes les femmes citées jusqu'à maintenant. Le monde de Gisèle , première princesse terrestre Disney rousse de surcroît dans un univers dominé par les blondes et les brunes  (Ariel étant un cas à part , puisqu'appartenant d'abord au monde aquatique et la couleur flamboyante de sa chevelure renvoyant principalement à son caractère, dixit les bonus du dvd) est un paradis du nom d'Andalasia. Belle, pure, innocente, focalisée sur son prochain mariage avec un prince dont elle ignore quand même absolument tout , elle a aussi le don de parler aux animaux. Si l'on ajoute sa marâtre maléfique (à croire qu'elles le sont toutes ! A quand un beau père tyrannique? ), on obtient un parfait mix qui va vite désenchanter lorsqu'elle va arriver dans le monde réel, triste et sans couleur qu'est notre bonne vieille Terre. Car après avoir exploré en film et en animation tous les chemins possible, il ne restait plus qu'un mélange heureux de ces deux conceptions du cinéma pour nous offrir en plus un spectacle touche à tout de haute volée maîtrisant parfaitement son sujet, car la brave Gisèle est restée entière en changeant d'apparence. Les animaux l'écoutent toujours et elle a la capacité par son simplicité à transmettre l'amour à ceux qui l'approchent.

 

Jusqu'à même réveiller le cœur zombifié d'un dr Mamour de passage tandis que le vrai prince , totalement superficiel finira avec la femme superficielle du film, celle qui n'a aucune importance nia aucune contenance. La justice de Cupidon a bien fonctionné et les obstacles bien qu'éculés sont restés nombreux des tentatives de pommes empoisonnées à l'intervention finale de la belle mère elle même métamorphosée en dragon abattu par un …. écureuil revanchard et fidèle qui terminera auteur à succès dans le pays des contes de fée!

 

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Merci pour votre lecture attentive et à très vite!

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Published by Ivenpast - dans Divers
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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 04:03

 FEES 1En cette période propice de surmédiatisation d'une certaine Fée Clochette (le 4° bluray de ses aventures sort actuellement), j'ai trouvé de bon ton de revenir quelque peu sur la grande famille des fées au cinéma mais aussi dans les univers dérivés que sont la littérature et la parodie respectueuse.

 



Néanmoins, avant de m'engager plus en avant sur cette voie de briques jaunes , il serait intéressant d'essayer de définir ce qu'est une fée. Avant touche chose, quelque soit sa forme ou ses origines, la Fée reste une créature fantastique de source le plus souvent populaire, qu'elle soit littéraire ou fantastique. Souvent représentée seule, il faut aussi admettre qu'elle peut et même sait parfaitement vivre en communauté, formant « le bon peuple des fées ». Le terme générique peut regrouper tout un ensemble de créatures fantastiques. La petite luciole avec une paire d'ailes et un soupçon prononcé d'espièglerie à la manière de Clochette reste l'image la plus forte  dans l'imaginaire collectif, merci Disney.


               

 

FEES 2

Cependant, elle peut aussi s'appliquer à toute créature féminine (les fées masculines étant moins souvent mises en avant) possédant un soupçon de magie, ainsi, un individu qui ne se définit pas comme sorcière mais qui est capable de voler, de lancer des sortilèges ou bien encore d'avoir une incidence sur le futur (ou le passé!) peut prétendre à ce titre . Le mélange des légendes, les influences multiples de la fantasy à Harry Potter ont conduit à cet amalgame.  

 


De plus, bien qu'essentiellement ressentie comme une valeur positive, il existe , comme dans tout univers dichotomique, de mauvaises fées, ou des chemins de traverse leur permettant de justifier de mauvaises actions (pas forcément maléfiques d'ailleurs) selon leurs propres critères. Clochette, aussi adorable soit elle (elle reviendra souvent en exemple, ce sujet lui étant un peu dédié) n'a t elle pas essayé de tuer Wendy puis Jane? N'a t elle pas conclu un pacte avec l'ennemi Crochet? La fée de Shrek elle même, star parmi les stars, n'est elle pas une simple manipulatrice ? Les exemples pourraient être légion.


C'est ce caractère partagé qui rend intéressant ces êtres particuliers, car soumis aux même libre arbitre que les simples mortels au contraire d'une licorne qui aussi belle soit elle ne commettra jamais de mauvaise action (si vous connaissez des cas de licorne noire, n'hésitez pas, je suis le premier à tendre une oreille attentive).

 

Enfin, au delà de ces considérations anthropomorphes, on pourra aussi citer le dictionnaire de Furetière qui définit une fée comme « une chose enchantée par quelque puissance supérieure , des armes fées qui ne peuvent être percées » … De ce principe , des objets enchantés indestructibles peuvent être considérés comme des fées. Durandal, Excalibur et autre Stormbringer …. il y a là de quoi s'amuser un moment si on veut tous (toutes?) les recenser.

 

FEES 3Le cinéma et la télévision, en plus de piller ce patrimoine fantastique , hérité de la tradition orale et des chansons de geste  sont parvenus à passer outre, à se réapproprier ces légendes pour en crée de nouvelles. Nous ne porterons ici aucun jugement de valeur mais reconnaîtrons aisément que ce bestiaire particulier n'a depuis cessé d'évoluer et de de s'agrandir encore et encore . Et si on y ajoute les univers vidéo ludiques, on frôle alors un tsunami artistique et créatif salvateur dans notre tristounet monde réel.

 


Pour ce trombinoscope qui ne pourra être exhaustif, nous nous concentrerons sur les fées les plus connues , en passant des fées marraines aux créations d'aujourd'hui, nonobstant un petit détour par les magical girls de la japanimation. En route donc, à grand renfort de poussière de fée!

 

« Babidi, Bobidi Boo! »

 


Dans l'ensemble des contes pour enfants , que ce soit en littérature ou en live ciné/tv, une figure récurrente de la fée vient inlassablement prendre la défense du héros, il s'agit de la fée marraine. Ce personnage peut prendre de multiples apparences même si dans les esprits, elle reste souvent représentée sous les traits d'une femme (grande ou petite, cela n'a guère d'importance en fait) bénéfique un peu potelée. Ses pouvoirs restent divers mais sont réservés à l'usage exclusif de son/sa filleul/le. Une exception néanmoins, dans le très bon troisième chapitre de Cendrillon, où la marâtre parvient à mettre la main sur les facultés magiques de la protectrice de la nouvelle princesse, via sa baguette magique.

 

FEES 4
C'est alors un festival démontrant que le pouvoir en soi est une entité  pure, dont les orientations dépendent uniquement de son utilisateur. Et côté maléfices, la nouvelle venue trouve dans ce trombinoscope une place tout à fait légitime car en s'emparant de la baguette, elle devient elle même une mauvaise fée (qui a dit qu'elles devaient forcément être bonnes ?). C'est alors un festival qui se déclenche sous nos yeux, de la réincarnation de Lucifer en cocher diabolique à une remontée dans le temps fatale. Une grosse bouffée de fraîcheur aux senteurs de fiel qui régalera les plus jeunes et impressionnera les plus grands par son traitement graphique inespéré , surtout pour un direct to video.


Ce cas particulier mis de côté, la fée marraine va reste un adjuvant indispensable au bon déroulement de l'intrigue et de la destinée de ce qui se révèlera souvent (voir quasi exclusivement) être une fille qui deviendra princesse. A croire que les pauvres gueuses ne peuvent changer de condition. Ne me citez pas Cendrillon en contre exemple ou bien encore Blanche Neige car elles étaient tout de même toutes les deux biens nées. Ce sont les caprices du destin qui les ont conduite  à la misère. Un autre point important, la fée marraine intervient à un moment clef de la vie de la jeune fille, généralement pour la protéger de velléités familiales particulièrement injustes.

 

FEES 5

 

On citera bien évidemment la marraine de Cendrillon, qui n'est d'ailleurs appelée que sous ce pseudonyme et qui représente une véritable icône de la bonté : ronde, âgée mais pas trop, des formules magiques et des chansons entraînantes et agréables pour une féerie visuelle de ses pouvoirs. On pourrait presque l'apparenter à une cousine plus expérimentée de Mary Poppins. Son arrivée salutaire,bien que légèrement tardive, vu ce que la pauvre a pu subir (et subira encore après le fameux bal), permet à Cendrillon de pouvoir se rendre à une réception capitale pour son avenir. Précisons que Cendrillon insiste sur un point de détail important: les marraines fées possèdent de grands pouvoirs mais connaissent aussi leurs limites, ici temporelles. Les fées ne sont donc pas toutes puissantes.

 

 

 

FEES 6Cependant, on ne peut réduire l'intervention d'un univers magique uniquement pour offrir , même pour un temps limité, de belles robes et une livrée royale. La fée marraine peut aussi intervenir pour conjurer un mauvais sort. Aurore n'aura pas trop de plusieurs  marraines (sept chez Perrault, Treize chez Grimm contre trois dans la version Disney, chacun de ces chiffres étant sérieusement réfléchi pour être en rapport avec des symboles superstitieux ou fort dans l'inconscient collectif. 7,13 et 3 sont tous hautement symboliques, socialement comme religieusement)  pour limiter les dégâts de Maléfique qui parvint en un instant par péché d'orgueil à condamner un royaume entier. Maléfique n'existe d'ailleurs pas dans les contes classiques. Il s'agit d'une invention toute disneyienne. En fait, à l'origine, Maléfique n'est autre que la Fée Carabosse, particulièrement laide, âgée et difforme. Un exemple rare de mauvaise fée, mais démontrant que la dichotomie bien/mal usée jusqu'à la trame aujourd'hui, s'applique bien dans cet univers ci aussi. On pourra quand même lui préférer Maléfique dont l'envergure et le charisme ne trouveront plus jamais d'égal dans les productions pour enfant , si ce n'est un écho peut être avec Ursula dans La Petite Sirène


Côté bien donc, il en résultera trois petits  fées malicieuses, véritables substituts maternels, aussi attachantes FEES 7que riches en couleurs vives. Le petit plus dans cette adaptation reste qu'elles n'aident pas que leur protégée. Philippe bénéficiera aussi de leur aide pour aller vaincre le dragon dans une scène à la tension anthologique pour un animé destiné au jeune public (des réminiscences évidentes se retrouveront d'ailleurs dans le Dragon du Lac de Feu). Pour en terminer avec la Belle au bois dormant, on notera qu'en plus de défendre la vie d'Aurore, les fées se sont penchées sur son berceau pour lui prodiguer moult dons : beauté , esprit, grâce et j'en passe. C'est ici une image classique de la fée. Finalement, la fonction de la marraine fée reste ici du domaine du protecteur ou du mentor, notion assez proche de l'imagerie sociétale actuelle. Un parrain ou une marraine, c'est simplement un soutien de renfort ou de remplacement en cas de drame touchant les parents légitime.

 

Malgré une codification assez basique, on s'intéressera un instant aux figures masculines. Une quasi exclusivité des héroïnes féminines ne signifie pas pour autant que les chromosomes XY soient exclus de l'affaire. Dans le conte Riquet à la houppe, une reine accouche d'un enfant remarquablement laid. Une fée qui passait par là lui octroya en compensation l'esprit. La valse des équivalences et des parcours initiatiques entrant en jeu , cette tare et cette faculté rencontreraient leur Némésis pour donner finalement un coupe parfait et très équilibré.


FEES 8La double notion de maturité et d'évolution  est redoutablement importante dans toutes ces histoires classiques. Tous ces personnages qui recourent à l'aide des fées sont des enfants ou des adolescents en proie à la méchanceté et/ou l'incompréhension du monde des adultes. L'exemple le plus frappant reste quand même celui de Peau d'Ane qui à l'instar du Petit Chaperon Rouge est l'une des rares fables à aborder de front la sexualité dans ce qu'elle a de plus détestable. La Belle au Bois dormant ou bien encore Cendrillon renvoient à un éveil  de la conscience amoureuse et du langage du corps que l'on peut qualifier de naturel , les deux héroïnes étant toutes deux âgées de plus de 16 ans. Le prince libérateur qui viendra les emmener ne peut être qualifier de pédophile, car lui même n'est guère plus âgé. Des amours naissantes mais naturelles en somme. Peau d'Ane devra elle faire face à un père incestueux voulant l'épouser suite à une promesse faite à sa défunte épouse de ne se marier qu'à une femme plus belle qu'elle, même au détriment des trésors de son royaume.

 

La fée marraine se porte en parangon des valeurs morales et permet à l'enfant de se construire une vision constructive de son rapport à l'autre. Pour Peau d'âne, le message subliminal reste simple à l'âge du complexe d'Oedipe. On aime ses parents, on ne les épousent pas. Ces derniers ne peuvent non plus avoir envers leur progéniture des actes à priori contre nature, malgré les meilleures justifications du monde. La peau de l'animal reste elle aussi symbolique , véritable métaphore de l'impression de souillure ressentie par l'enfant. La fée marraine finit par cristalliser une conscience.  

 

Reste à préciser que le recours à la fée marraine , tout aussi populaire soit il grâce aux adaptations Disney (et leur ersatz souvent moins recommandables) n'est pas très répandu dans les histoires classiques. Il faudra attendre Perrault et ses contes de la mère l'Oye. Dans cette oeuvre, les marraines occupent une place prépondérante, apparaissant dans plus de la moitié des histoires, possèdent des pouvoirs surnaturels, et se voient même pourvues d'une baguette magique (une autre allégorie reste possible quant à son interprétation , pourquoi pas comme  contre pouvoir d'une suprématie masculine à tous les postes importants, quelque soit l'Etat concerné (du clergé au tiers, les femmes n'ont alors qu'un rôle réduit) . Une belle démocratisation du procédé. La marraine de Peau d'âne reste d'ailleurs la première de ces célèbres contes.

                                                              

 

Dans les contes traditionnels, la marraine fée est donc un personnage assez discret, n'aidant qu'un personnage FEES 9en particulier et usant généralement de sa magie qu'avec parcimonie et dans un but louable. Il était évident que les studios allaient s'en emparer tôt ou tard  pour le transformer dans une volonté d'antithèse flagrante. Le résultat aurait pu décevoir, car il est risquait de s'attaquer à des entités quasi institutionelles. Dreamworks a pourtant relever le défi avec brio en créant Marraine la Fée, personnage haut en couleur de Shrek II, venant au secours de son empoté de fils (bien adulte celui là) et ayant fondé un commerce de ses aptitudes à faire pâlir Evelyne Leclerc dans ses grands jours ! Bénéficiant d'un capital sympathie énorme dans la population de Fort Fort Lointain, surmédiatisée et quasiment injoignable si ce n'est pas un système de répondeur assez fendart, elle est en fait manipulatrice, fourbe et quasi révolutionnaire. Son show final est à la hauteur de sa démesure d'ailleurs et c'est l'un des personnages les plus fantasques de la franchise. L'archétype de la femme d'affaire style requin de notre temps. Un plaisir coupable certes mais qui reste jouissif tant il s'oppose à la mièvrerie parfois oppressante de ses prédécesseurs.


Pour le fun et les fans de Bd citons aussi en clin d'oeil les marraines fées (qui pourraient être des résidents de l'univers miroir des trois fées de La Belle au Bois Dormant) de Garulfo. Il est peut être utile de préciser que l'une d'elle est une sorcière (faute de fées véritables disponibles).

 


On terminera cette partie sur une fée célèbre qui n'est pourtant pas marraine, bien qu'en possédant certains attributs. Il s'agit de la Fée Bleue de Pinocchio. Veillant sur le pantin de bois de sa création à sa métamorphose en véritable petit garçon, elle permet à Gepetto de réaliser son rêve et à Pinocchio de s'accomplir et de mériter cette évolution. Mais elle se contente de donner l'étincelle de vie créatrice , simplement, et ne joue pas le rôle de conseillère ou d'adjuvant face à une menace d'ordre magique elle aussi.  Elle possède toutefois une baguette. Elle ne bénéficie pas non plus de caractère enjoué ou espiègle, elle ne chante pas pour illustrer de menues tâches ménagères et n'apparaît qu'en début et fin de métrage. C'est une fois encore la version Disney qui vient en premier à l'esprit lorsqu'on évoque son nom . On oubliera l'adaptation de Begnini et on se rappellera avec nostalgie d'une autre belle adaptation italienne celle là, avec Gina Lollobrigida, véritablement magnifique dans le rôle d'une Fée devenue turquoise pour l'occasion. Enfin, comment ne pas songer à Intelligence Artificielle de Spielberg où la Fée bleue occupe un rôle central bien que quasi absente à l'écran durant tout le film. C'est encore une fois elle qui va permettre l'accomplissement de la destinée d'un être qui ne se destinait pourtant pas à devenir vivant (le concept de vivant n'implique pas forcément une notion de chair, dixit Star Trek et Data par exemple) 

 

FEES 10

                                                              

Peter Banning : Je ne crois pas du tout aux fées.
Clochette : Chaque fois que quelqu’un dit " Je ne crois pas du tout au fées " Quelque part dans le monde y'a une fée qui s'éteint.
Peter Banning : JE NE CROIS ABSOLUMENT PAS AUX FEES !!!

 


Les fées marraines semblent occuper une place prépondérante mais elles ne sont pourtant (heureusement?) pas cantonnées dans ce rôle. Il serait hasardeux de croire que ces dernières ne vivent que pour aider de pauvres humains en mal de reconnaissance ou d'amour. L'homme par nature doit apprendre à évoluer et ce n'est pas en se basant sur des adjuvants magiques qu'il parviendra à accomplir sa destinée … même si ça peut s'avérer rudement utile.

 

FEES 11


Il existe une autre catégorie de fées, que l'on pourrait qualifier de compagnon.  Elles accompagnent souvent le héros , le font bénéficier de leur magie et partagent de nombreuses aventures avec lui. L'exemple frappant reste bien sûr Clochette. Je passerais rapidement sur son portrait , m'y étant consacré il y a quelques temps et en brosserait simplement quelques aspects via ses adaptations les plus fameuses. Une fois encore l'empreinte Disney a été très forte sur notre représentation du personnage de Barrie. Nonobstant une sortie bluray de ses aventures qui enfoncera encore le clou, nous sommes tous d'accord pour visualiser une adorable frimousse expressive sous un chignon blond et habillé de vert lorsque l'on pense à elle. Les adaptations ont pourtant été nombreuses de Disney à Hogan en passant par Spielberg,  mais c'est invariablement elle qui nous revient en tête. Son caractère espiègle et un peu garce revient dans chacune des actrices qui l'a interprété, la palme revenant à Ludivine Sagnier, quasi parfaite et éclipsant Julia Roberts, un brin trop bavarde et accaparant un peu trop l'écran. On peut aussi citer une retranscription plus adulte via l'univers de Loisel qui nous offre une Clochette sortant des sentiers (ra)battus, complètement exacerbée.

 

D'autres fées compagnons parviennent à co-exister à côté de cette petite peste pourtant si attachante. Dans Zelda, une fée aide souvent Link dans sa quête, bonifiant ses armes, son espérance de vie ou bien encore en lui indiquant le chemin à suivre. Ce dernier est souvent amené à capturer des fées au filet (Link's Awakening, A Link to the Past...) qui lui permettront de récupérer son énergie.

 

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Les fées ont aussi un rôle particulier dans les Chroniques de Spiderwick, accompagnant la fille du premier narrateur et lui offrant un avant goût d'immortalité.  On pourra sinon penser aux fées responsable du changement des saisons dans Fantasia, fonction qui devient l'apanage près de cinquante ans plus tard de …. Clochette et les siens! La boucle est bouclée pour le coup! 

 


« Truth, beauty, freedom, and love! »

 


Travers de notre société d'aujourd'hui, les fées ont aussi connu un phénomène de reboot et il me semblait sympathique d'en évoquer le phénomène un court moment. La fée en elle même reste un personnage extrêmement stéréotypé, codifié , n'ayant qu'un rôle ponctuel bien que marquant dans la courte vie de nos héroïnes.


Au travers des nombreuses adaptations que l'on a pu subir ces dernières années, on relèvera deux exemples. Un plutôt triste, tentative toujours plus mercantiliste de la part de Mattel d'étendre aussi artificiellement que possible le macrocosme de son égérie : Barbie . Celle ci  s'est retrouvée au centre d'une petite franchise destinée au direct to video , mais avec une qualité bien moindre que Clochette (Disney a même crée un département « Disney Faieries » pour l'occasion) : Barbie Fairytopia qui connaît déjà trois opus. L'histoire est simple au possible, au royaume des fées, la reine Elinaque les fleurs sont atteints d'un mal étrange qui empêche les fées de voler. Une quête pour trouver une fée particulière capable de les sauver commence. Ou comment recycler les atouts majeurs des contes traditionnels (quête, dichotomie et royaume menacé) pour sortir une nouvelle gamme de jouets. Passons, c'était pour l'exemple. Et on n'est pas obligé de regarder ou de l'acheter à ses enfants (sauf pour les punir évidemment).

 

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L'autre exemple est plus réjouissant car totalement fun et gratuit mais tellement sympathique. Les amateurs d'absinthe sauront aisément de quoi je parle. Dans Moulin Rouge, film ô combien nerveux et dynamique, se cache une petite perle verte interprétée par Kylie Minogue et véritable incarnation des idéaux bohèmes : la Fée Verte. La séquence est courte mais résume à elle seule toute la partie joyeuse et légèrement désillusionnée du métrage. Un vrai bout de femme moderne, parfaite descendante de Clochette, le côté aguicheur en plus!

 

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« Supercalifragilisticexpialidocious »


Les fées, aussi jolies soient elles en version miniature, ne possèdent pas forcément toutes une paire d'ailes et un regard espiègle. Une fée peut aujourd'hui être considérée comme une personne le plus souvent de sexe féminin et possédant quelques pouvoirs magiques, ne s'esprimant pas forcément avec une baguette. A ne surtout pas confondre avec une adaptation moderne de sorcières , ces dernières existant par elles mêmes, sans amalgames possibles et avec des mythologies qui leur sont propres (Charmed pour l'exemple le plus récent). De ces individus à part dont le groupe reste en fait constitué de ces femmes possédant des dons et appartenant au côté du bien, un personnage bien particulier ressort, c'est celui de Mary Poppins.... encore et toujours adapté chez Disney.


               

L'action se déroule à Londres, en 1910 et concerne deux enfants assez turbulents, enchaînant bêtises sur bêtises dans le seul but d'attirer l'attention de leurs parents, débordés par leurs activités professionnelles. Leur nounou, à bout de force suite à nouvelle fugue décide de les quitter. S'en suit le passage du remplacement. La nouvelle nounou devra compiler une quantité impressionnante de qualité pour obtenir le poste … C'est alors que Mary Poppins descend du ciel, véritable cadeau céleste. L'adaptation Disney va considérablement édulcorer le personnage original, supprimant entre autre un aspect assez superficiel et des sautes d'humeurs à répétition pour aboutir au rôle interprété par Julie Andrews , oscarisée . 

 

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Mary Poppins reprend certains des attributs des fées marraines. Elle va prendre sous son aile deux enfants en manque d'affection tout en faisant comprendre leur faute aux parents, saupoudrant le tout de rêves et de féerie. Le mélange dessin animé / scènes lives, scènes classiques et scènes chantées-dansées vont apporter un plus au côté fantasmagorique de la super nanny, remplaçant avantageusement le côté magique suranné pour un final attendu mais faisant toujours son petit effet. Mary Poppins, au même titre que Clochette ou Carabosse appartient au patrimoine culturel mondial , évoquant en chacun de nous un sentiment de délice sucré coupable. Le personnage est d'ailleurs tellement fort qu'il a été repris voir parodié à de nombreuses reprises dans des shows aussi divers que les Simpson ou Ma famille d'abord, pour un résultat toujours aussi agréable, les clins d'oeil en plus (et c'est beaucoup moins indigeste que le traditionnel épisode où l'on peut voir un clone de Santa Claus s'envoler en traîneau devant le regard estourbi du cast réuni sous la neige).

 


Une fée à caractère moderne ne veut pas forcément dire qu'elle a été crée durant le 20ème siècle. La littérature a su elle aussi prendre certaines distances avec les images d'Epinal pour nous offrir d'extraordinaires individus à la personnalité extrêmement forte. Le cycle arthurien possède son lot de personnages mystérieux et fantasques correspondant tout à fait à la description d'une fée. Viviane a d'ailleurs occupé l'ensemble des fonctions que nous avons évoqué jusqu'à maintenant. Aussi appelée la Dame du Lac (mais très éloignée, heureusement , de la version Kaamelott!), elle enleva Lancelot dans sa jeunesse , lui enseigna les arts et les lettres , faisant de lui un homme bon, riche de sagesse et de courage (rôle de la marraine au berceau ou presque jusqu'à l'âge adulte). Il en ressortira un chevalier accompli. C'est elle qui le présenta aux Chevaliers de la Table Ronde.


Elle occupera également le rôle de référent auprès de Merlin qui apprend d'elle une grande partie de son savoir légendaire, avant d'être enfermé par ses soins dans une tour de verre. Les nombreuses digressions autour de ces rapports ambigus renvoient à une relation d'amants maudits conduisant parfois à la mort de Merlin.

               

 

FEES 16La relation marraine et protectrice revient lorsqu'elle recueille Morgane, Arthur étant élevé par Merlin, avec le destin qu'on leur connaît. Le jeu des rivalités amoureuses et fraternelles débouchera sur de nombreux affrontements , Morgane devenue fée et magicienne voulant détruire l'idéal arthurien (idéal courtois et chevaleresque) alors que Viviane va tout faire pour le défendre, accédant alors au rôle d'adjuvant vis à vis d'Arthur via Excalibur entre autre. Il s'agit là d'un des rares exemples d'affrontement direct entre deux fées de valeur équivalente. On pensera dans cette optique à Carabosse contre les marraines au nombre variable d'Aurore ou même au sympathique film La guerre des Fées, mais seule le cycle de la Table Ronde possède une telle force et de tels enjeux dramatiques à une échelle aussi vaste. 


Les interprétations au ciné et à la tv de ces deux femmes ont été nombreuses. On retiendra toutefois l'interprétation fameuse de Miranda Richardson dans la mini série Merlin (avec Sam Neil), l'actrice ayant eu le rare privilège d'interpréter deux rôles, qui ne sont en fait que deux facettes dichotomiques parfaites d'une seule et unique force, d'une seule et unique représentation d'un pouvoir et d'une culture sur le déclin, celui de la Dame du Lac et celui de la Reine Mab (Morgane étant jouée par Helena Bonham Carter). 

 

 

« Par le pouvoir du prime lunaire, Transforme moi! »


Un point commun relie tous les exemples que nous avons jusqu'ici abordé : toutes ces fées ont des origines majoritairement occidentales. Et pourtant, l'Orient nous a lui aussi offert bon nombres de fées via un phénomène courant là bas et qui a fait les beaux jours du Club Dorothée de l'époque, trop heureux de pouvoir séduire un public féminin avec un animé au même titre que le public masculin avait pu l'être avec Dragon Ball Z.


Les Magical Girl représentent toutes les jeunes filles (quasi exclusivement des enfants jusqu'à l'adolescence) possédant des pouvoirs magiques , et ce , quelques soient leur origine et leur manifestation. Ces héroïnes de shojo œuvrent pour les forces du bien et on maille à partir avec les forces du mal, un tel don , une telle relation à la cosmogonie magique n'étant pas un simple cadeau mais un sacerdoce qu'elles acceptent de relever (et pourtant, vu ce qui les attends le plus souvent, à leur place, je réfléchirais à deux fois. Balancer des croissants lunaires devant un gus déguisé en Mandrake peut être sympa, se prendre des tannées par des bad guys au look douteux l'est un peu moins).

 

FEES 17


Historiquement, les Magical Girls se séparent en deux grandes mouvances dominantes: les solitaires (Creamy, Emi, Sakura) et les groupes (Sailor Moon). Ces séries originellement destinées au public de jeunes filles de l'âge de l'héroïne a su s'attirer les faveurs des Otaku mâles pour des raisons diverses. Retenons pour notre part une mythologie assez développées et des affrontements souvent de haute volée, en particulier lors de season final. Mais il serait réducteur de ne retenir que ce type de cliffhanger. Les personnages sont attachants rapidement, nonobstant certains passages qui ont été particulièrement travaillés pour aboutir à des situations inattendues conduisant à la conclusion d'un arc scénaristique parfois assez bien dissimulé. L'un des moments les plus représentatifs reste un extrait de Sailor Moon première époque (avant que toutes ces filles ne rappliquent , heureusement que le système solaire n'est pas trop étendu et que les satellites n'ont pas tous été retenus , car il y en aurait eu des escouades de Sailors dans ces conditions!) dans lequel Bourdu et Bunny sont coincés , leur vie étant directement menacée et chacun révélant ses pouvoirs à l'autre dans l'espoir de se sauver réciporquement la vie. La tension est forte car on échappe pour une fois au sempiternel évanouissement de l'un ou l'autre des partis si cher à Smallville ou au Zorro de Guy Williams (mais si, quand le héros voit son identités révélée et qu'un caillou providentiel explose le front du gars qui n'aurait pas du être là à ce moment là!).


Pour clôturer ce trombinoscope spécial fées et pour se permettre un retour sur occident inspiré de ces Magical Girls (cet univers vivant d'influentes influences) , citons bien évidemment la série italienne Winx Club qui fait les beaux jours de France 3 Jeunesse, dans lequel un groupe de jeunes filles unit ses forces au nom de l'amitié contre de sombres menaces afin de sauver à la fois la Terre mais aussi le monde des Fées sans compter une quête nécessaire pour obtenir leur Enchantix et leur Believix, pouvoir d'une fée devenue adulte. La série est riche en rebondissements et malgré un graphisme dirons nous particulier, elle parvient à effectuer une petite synthèse de l'ensemble des qualifications de leur prédécesseurs (en clair, la série pille à tout va afin de se donner une identité propre). Le tout est assez sirupeux mais comble la cible d'âge visée.

 

FEES 18

 

Les fées passées (Perrault, Grimm) , présentes (Disney)  et à venir (Japanimation et toujours Disney avec la saga Clochette entre autre) n'ont donc pas fini de nous surprendre et de nous faire rêver !    

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 00:01

Relâche aujourd'hui !^^

 

Juste une petite image et ces quelques mots pour vous souhaiter à tous un très bon et joyeux Noël que vous soyez au travail ou avec vos proches ou bien encore au chaud chez vous !

 

Profitez de cette journée , 365 jours avant la prochaine !

 

Et pas d'abus à table !

 

DC-Numero-special---Superman-et-le-pere-Noel-n-88.jpg

 

 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 05:51

 

http://img.over-blog.com/598x267/1/32/60/44/S--rie-TV/Smallville/Saison-1/Banni-re-saison-1.jpg

Nonobstant de nombreuses critiques interminables, je me permets d’ennuyer de nouveau tout le monde avec mes élucubrations sur un thème particulier que représente à lui seul Smallville (Littéralement la petite ville, ou bourg perdu ou bien encore trou du c.. du monde. Néanmoins, il s’en passe des choses dans cette bonne vieille province à moins de 20 bornes de Metropolis et dont la distance est parsemée de champs et de routes désespérément longues et ennuyeuses. Surprenant d’ailleurs qu’il n’y ait pas eu un crossover SmallvilleJeepers Creepers ! La viande kryptonienne s’est peut être révélée trop dure à son goût ?) )

Bref, pour tout fan de Superman qui se respecte, Smallville reste une drôle d’expérience.

 
Cette série au demeurant  atypique et nous présente un Clark Kent qui n’a pas encore connu l’expérience des pyjamas parties entre bons potes. Et pourtant, des copains, il en a :

→ Pete Ross (blanc dans la bande dessinée Superboy et découvrant les pouvoirs de Clark par hasard, noir dans le show TV et personnellement le perso que je supporte le moins car ne comprenant pas trop son utilité si ce n’est « Je suis un alien et alors ? J’ai des amis aussi ! » Au passage, notons que le caractère WASP cher au monde des comics (historiquement parlant, à part La panthère noire, Blade (exhumé pour raison financière avec plus ou moins de brio, la palme revenant à Trinity)  et Luke Cage, les eighties ne se targuent pas d’avoir beaucoup de représentants de cette communauté, ce qui est regrettable car on évince du même coup nombre de bons scénaris. J’ai encore en mémoire un TOP BD avec Daredevil qui tournait autour de la menace nucléaire avec un bad guy black pas piqué des hannetons ...

 

http://www.seriestv.org/wallpaper/albums/Smallville/Wallpaper_smallville_06.jpg→ Chloé Sullivan (excellent pendant de Loïs Lane, on se demande quand elle va découvrir que Clark lui cache quelque chose. Je ne peux alors m’empêcher de citer le syndrome Sudden « Hero » Death. Avez-vous remarqué qu’à chaque fois, dans une série tv avec un héros au grand cœur qui veut pas qu’on sache qui il est réellement pour protéger sa famille (en fait, je crois plutôt que c’est pour pouvoir se taper un plateau tv tranquille sans que le téléphone sonne pour aller chercher un chat dans un arbre), quand le dit héros est découvert par les méchants, ces derniers connaissent des crasses pas croyables ? Petite analyse vite fait. Dans le Zorro des studios Disney, Guy Williams est découvert je ne sais combien de fois. Et il est aussitôt sauvé par un rocher, une falaise, un coup d’épée malheureux, un cheval fou, une jalousie entre comparses… (Véridique) qui protège son secret. Pour les héros de comics, on a droit à l’amnésie, au voyage dans le temps, au suicide ou au meurtre, à l’illusion d’optique et à tous leurs dérivés (tous passés dans Smallville, en plus du séjour en hôpital psychiatrique). Et je ne compte pas les fois où le héros est surpris pendant qu’il se change où qu’il joue avec ses pouvoirs (Karen Page pour Daredevil, Peter Parker qui avoue tout à tout le monde à cause d’une vilaine grippe et Superman ! Une effigie philatélique et une ville comme Hollywood en tampon et tout le mode sait tout !)


→ Les parents Kent (logiquement tous deux vivants au début puisque nous sommes dans la jeunesse de Clark. Et de toute façons, même quand Jonathan meurt, il revient dire un truc tous les trois épisodes. Travail de deuil facile en somme. Clark avait quand même une autre allure à l’enterrement de son père dans le film de Donner)

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/series/news-series/smallville-lionel-luthor-de-retour-dans-l-ultime-saison/35272495-1-fre-FR/Smallville-Lionel-Luthor-de-retour-dans-l-ultime-saison_portrait_w532.jpg

→ Le père Luthor et son rejeton qui justifient à eux seuls de regarder cette série tant ils sontalambiqués et furieusement barrés entre pardon, coups tordus et rémissions (ils passent un tiers de leurs temps à se tuer, un autre tiers à se pardonner et le dernier tiers à se mettre des bâtons dans les roues)

→ Arrive ensuite Lois Lane, échappée d’un mélange de Charmed, Texas Ranger, Malibu et Beverly Hills (elle sait nager, se battre, être cruche et a même joué les sorcières, j’invente rien !) et qui bousille littéralement le personnage en arrivant trop tôt et en étant pas crédible pur un sou (et celle de Returns ne me semble guère carbonisé la pellicule par son charisme).

→ Krypto, qui apparaît fugacement dans la série pas des moyens détournés, reste plus convaincant (mais vu que dans le soap, on eu droit à Flash et consort , à quand l’apparition du chat de celui-ci et des autres amis du canidé issus du dessin animé éponyme ?)



Pour en revenir à Smallville en général, la première saison possède le défaut inhérent à toutes les séries de ce genre (ou de la WB) : un épisode pour un méchant qu’il faut se faire d’une manière chaque fois différente afin de grandir et de voir que les monstres c’est les autres (alors que rétrospectivement, il se serait crashé sur la lune, tout le monde aurait eu la paix et personne n’aurait été contaminé par les météorites. Bonne idée de départ dans laquelle les scénaristes parfois en mal d’inspiration se fourvoient pas le suite puisque dans tous les autres univers de Superman, le seul dommage collatéral de la kryptonite sur les humains concerne Lex qui y perd une main. Dans Smallville, via une ressucée inutile de Fast and Furious, la caillasse de l’espace est même utilisée comme super carburant ...

 

 

 

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 05:39

1Comme nous avons pu le voir à plusieurs reprises, la mort symbolise aussi le renouveau , voire une nouvelle vie, basée sur de nouvelles motivations et une nouvelle estime de soi pour ceux qui y sont indirectement confrontés. Le Punisher par exemple, ressemble en bien des points à Batman puisque lui aussi est né après le massacre de toute sa famille (dixit le film ou la bande dessinée pour un traitement assez similaire). C’est la confrontation avec la mort qui en a fait une force de mort, continuant d’exister bien après avoir assouvi sa vengeance, pour le simple idéal qu’une telle atrocité ne soit pas connue par quelqu’un d’autre. Et une fois encore, c’est ce background particulier qui fait d’un personnage somme toute humain l’un des éléments les plus instables mais aussi l’un des plus fascinants de l’Univers Marvel. De toute manière, dans les comics, ce n’est pas la somme de pouvoirs qui compte mais bien le traitement humain du personnage en lui-même, différenciation qui a longtemps joué dans la qualité des productions Marvel qui mettait en avant les soucis les plus anodins par rapport aux affrontements avec les vilains plutôt que la politique inverse chez Dc avec des histoires simples toujours basées sur le même canevas. Qui se souvient de cet extra terrestre capable de se projeter dans le plan astral et pouvant assommer Superman en faisant jeu égal avec sa force ? Logiquement personne. Par contre, la mort de Gwen Stacy …. C’est une autre paire de manche…

 

La mort peut aussi jouer le rôle de déclencheur. Dans Equilibrium, Kurt Wimmer  propose une société où la 16.jpgmoindre émotion est annihilée dans l’œuf grâce à une drogue nationalisée, le Prosium. Sans émotion, plus de guerre. Sans réaction devant la mort, plus de sentiment de haine ou de vengeance. Le hic, c’est qu’on se retrouve devant un ensemble aseptisé, sans but et sans espoir. Il faudra un accident anodin et la mort d’une femme particulière pour que Christian bale parvienne à trouver la force de se rebeller, faisant de fait évoluer son personnage sur une autre route que celle qui lui était destinée, touchant du même coup l’ensemble de l’humanité. Sans mort, pas de vie, pas de décisions réfléchies et pas d’évolution. Dans une société d’immortels, la tendance serait à la continuité passive, sans perspective d’évolution.

 

La mort peut également être l’occasion de se démarquer dans les mémoires, par la beauté de cette dernière, par ses implications tacites, révélatrices d’un certain égocentrisme ou d’un don de soi inattendu magnifiant un rôle ou un moment clef de l’histoire. Dans le Superman de Donner (et dans sa suite magnifique, dixit une analyse complète sur le site entre la version lester et cette dernière rédigée par votre serviteur, à venir elle aussi prochainement) , Kal-el est retravaillé, refondu afin de lui offrir une nouvelle génèse. Il vit une adolescence assez perturbante, devant d’ores et déjà se contenir pour ne pas mettre en danger sa famille, subit la perte de son père puis débarque à Metropolis et s’éprend de la vie qu’il s’est crée et de sa jeune collègue Lois lane. Il sauve bien sur deux chats et trois enfants, dans le respect des préceptes de Jor-El. Tout va bien dans le meilleur des mondes, puiqu’il ne doit affronter que Luthor (ce qui n’est déjà pas si mal) et qu’il encore aucune conscience de la venue prochaine de Zod. Tout est donc bleu dans la tête du Kryptonien. Mais avec un nuage présent depuis le décès de Jonathan Kent et qui va se transformer en un véritable déluge avec la mort de Loïs.

 

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Loïs décédée dans les bras de Superman : une réaction de désespoir total d’un super héros quasi divin. Cette seule image représente toute la complexité, la maestria et la poésie qu’a pu insuffler Reeve au personnage de Kal El. Plus que que le sauvetage du quart des Usa, plus que la scène de l’hélicoptère ou bien encore la récente adaptation de Bryan Singer, cette scène est LA scène qui caractérise le plus Superman au cinéma. Un moment d’anthologie avec un cri désespérément humain qui reste en tête longtemps après la fin de la projection. Mention spéciale à Arditi qui a su lui aussi retranscrire cette sensation en doublant Chris Reeve ( à l’image des non, non, ,non précédent l’envolée et qui a été massacré lors de l’adaptation de la version longue en 2001). L’ensemble est de plus renforcé par un silence oppressant, presqu’écrasant. Superman quitte alors le monde douceâtre de l’adolescence pour entrer dans de plein pied dans le monde amer des adultes, méprisant tous les préceptes de son père pour assouvir son seul désir, et ce, quitte à bouleverser l’ordre cosmique.

Sans la mort de Loïs, aurait on eu droit à une telle séquence ? Pas Certain, surtout lorsqu’on considère les suites à venir, au cinéma, comme dans les adaptations TV.

           

Autre exemple marquant de cette mort révélatrice de la noblesse d’une âme en perdition que l’on peut retrouver dans la saison 7 de Buffy (et oui, encore elle !) avec show final de près de deux heures où Spike enterre littéralement la mythologie entourant le premier vampire avec une âme, Angel pour un sacrifice énorme permettant à notre joyeux scooby gang de pouvoir s’en sortir en vie (ou presque vu la mort de certaines figures récurrentes qui auraient du être toutes aussi marquantes, mais balayées par le nombre de cadeaux offerts à nos yeux émoustillés, d’une invasion de turokans assoiffés à une Willow débordée par ses pouvoirs bénéfiques de sorcière (joli parallèle avec la saison précédente et beau clin d’œil à Charmed)  en passant à la destruction pure et simple de Sunnydale, autre forme de décès entraînant une sévère introspection quand à une suite potentielle). Le fait que Spike revienne à l’état protoplasmique dans la saison 5 d’Angel reste de fait anecdotique puisqu’il n’aura plus jamais l’occasion de se mettre ainsi en valeur. 


            La mort au cinéma où à la télévision, pour autant qu’elle soit marquante ne permettra pas forcément au personnage fictif d’avancer mais pourra également nous toucher de plein fouet tout ne nous faisant réfléchir sur nos propres angoisses. Ainsi on pourra citer la mort de Diana Rigg dans Au service secret de sa majesté. Ce passage nous donne les quelques minutes les plus dures à voir et à supporter de toute la saga cinématographique de Bond. Ces quelques images possèdent une telle puissance d’émotion et provoque une empathie si forte pour le perso de 18.jpgBond, notamment quand celui-ci l’embrasse et lui prend la main que le spectateur qui avait relâché sa vigilance au moment du mariage, suite à l’excellent affrontement entre Blofeld et Lazemby en Bobsleigh reste sonné et en larmes à l’annonce du générique final, avec ce plan lourd de sens sur le pare brisé troué d’une balle. Un moment fort de cinéma et une mort marquante tout autant pour nous que pour Bond… si blessant , si humain qu’il ne sera presque plus abordé dans le reste de ses aventures, si ce n’est au détour discret d’un dialogue murmuré. Idem pour les morts si inutiles à première vue et pourtant fondamentales dans le parcours de Rocky que celles de Mickey (qui le hantera encore dans le 5ème opus) et d’Appolo Creed qui le laissera une fois encore sans repères. Et que dire de celle d’Arthuro dans Sliders ? Il ne faudra rien moins que l’explosion d’une des Terres pour illustrer le chagrin et le vide qu’elle va représenter dans les quelques saisons restantes qui se trouveront changées à jamais et dont l’intérêt sera proche du zéro absolu. Réussir une telle symbiose entre quatre personnages aux origines si diverses pour tout massacrer de la sorte dans un sacrifice ultime, cela relève de la folie pure ou d’un courage incertain…


            Après avoir abordé la mort et l’avoir exploité sous toutes ses formes, que pouvait-il alors rester à l’Hollywood d’aujourd’hui pour encore réussir à tirer quelques espèces sonnantes et trébuchantes sur le dos de la Faucheuse ? Il n’aura pas fallu chercher bien loin, il aura effet suffit de reprendre tous les points évoqués précédemment pour ensuite les aborder du point de vue de la Mort elle-même dans une volonté d’auto-recyclage permanent.  La Mort est donc devenu un slasher avec les 5 épisodes de  Destination Finale dans lequel on essaie de nous faire comprendre avec 2plus (2nd opus) ou moins (dernier volume) de maestria que quand la Mort a décidé quelque chose, il ne fait pas bon la contredire et qu’elle finit toujours par avoir gain de cause. Fini le côté sentimental et bonjour le côté spectaculaire et surtout inventif car ces films ont le mérite de ne pratiquement jamais se répéter et de faire dans une action bien plus originale qu’un simple coup de coupe coupe…. On se souviendra d’ailleurs longtemps de la scène de l’autoroute, devenue maître étalon du genre pour un moment encore.

            Cependant , pour les fans d’une mort empreinte de surnaturel (dur de faire autrement) mais non dénuée d’un certain humour, la télévision a aussi réussi à tirer son épingle du jeu en proposant de bonnes séries à succès comme Dead Like Me ou bien encore Ghost Whisperer au principe certes pompé sur Poltergeist, Dead Zone et Charmed, mais suffisamment remanié pour parvenir à sortir un univers qui lui est propre, sans compter d’assez bons scénarios qui baladent (légèrement) le spectateur.

            La Mort peut également être détournée de son objectif premier afin de mieux nous surprendre voir de nous faire sourire comme ce fut le cas pour le cultissime Fantômes contre fantômes de Jackson avec une histoire à tiroir eux-mêmes divisés en plusieurs parties que ne renierait pas Fox Mulder ou bien encore , histoire de faire un lien avec Jeffrey Combs illuminé dans le film précité avec Re-Animator et toutes ses suites qui détourne l’idée de résurrection dans ses retranchements les plus extrêmes et les plus percutants visuellement.

            Enfin, pour ceux qui voudraient simplement découvrir un monde mortuaire toute en nuance, comment ne pas conseiller la trop rare Six Feet Under, chronique d’une famille de croque mort bien plus vivantes que certaines séries se voulant une retranscription fidèle mais drôle du quotidien….

            Reste bien sûr, afin de boucler la boucle, le cas des séries qui meurent en laissant la place et la gloire à leur spin off tout en continuant à vivre à travers elle : Les experts, Angel , Star Trek et Babylon 5 et j’en passe….

 

            La mort n’a pas fini de faire parler d’elle et sa vie promet d’être encore longue et prospère.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 05:37

1La mort peut donc être tout à la fois répétitive, aussi utile que futile tout en laissant pourtant des traces, ce qui nous permet de la lier dès à présent au principe de naissance, voir même de renaissance pour plusieurs franchises.

 

La mort est un moyen couramment utilisé par les scénaristes au même titre que la réapparition de personnages depuis longtemps disparus (souvenez vous le retour de Abby dans Côte Ouest par exemple ou bien encore celui du fils de Catherine Chancelor ou de Dany Rommalloti dans les Feux de l'Amour, les soap opéras étant les plus friands de ce genre de retournements) afin d'essayer d'opérer un électrochoc sur l'audience d'une série. A ce titre, l'assassinat par empoisonnement du président dans 24h Chrono avait permis au show d'enregistrer l'un de ses plus importants quotas de téléspectateurs.

Mais au delà de ça, doit on simplement y voir un effet d'annonce pour exciter le microcosme du buzz sur Internet et donner des couvertures potentielles à Téléstar ou bien une volonté véritable de faire avancer le schmilblick et d'apporter un plus à l'univers exposé ?

 

Prenons le cas du Batman ou du Phantom. Dans les deux cas, ces super-héros plus que mortels et sans réels pouvoirs le sont devenus à la suite de la mort tragique de proches. Bruce Wayne est réellement mort la nuit où ses parents ont été assassinés pour laisse la place à un archange de justice tandis que pour le Phantom, le poste se 12.jpgtransmet de père en fils lors du décès du Phantom en fonction. Cette base a d'ailleurs été mainte fois revisitée dans les différentes adaptations du héros de Gotham démontrant que si ses parents étaient restés en vie, Wayne n'aurait été qu'un golden Boy parmi tant d'autre. Le mythe du Batman doit naitre et être écrit dans le sang, comme un constante invariable de son univers, qu'il s'agisse des multiples fusions des différentes Terre dans l'univers DC ou de la mise en place de Terry Mc Ginnis qui clôturera de manière exceptionnelle la saison 2 de Justice League Unlimited , puisque ce dernier est un clone de Batman qui doit lui aussi connaître un traumatisme d'enfance pour pouvoir prendre conscience de la notion même d'injustice. Pour plus de détails et pour éviter les redites avec le monde Dc et le Dinyverse, je ne peux que vous renvoyer sur le prochain article concernant The Batman season 5.

 

D'ailleurs , pourquoi se cantonner aux stéréotypes des comics? Le cinéma nous a également donné de nombreux héros à la naissance violente et intimement liée à la mort. Robocop par exemple ne serait jamais devenu le cyborg que nous connaissons tous sans sa confrontation mortelle avec Clarence Bodicker. Lors de cette affrontement quasi christique où Murphy se prend une bonne centaine de balles les bras en croix, ce n'est plus le policier mais l'homme qui meurt, ayant refusé jusqu'à la dernière minute de céder un pouce de terrain à ce tueur 13d'humanité, ce qui lui coutera sa main (en parallèle avec la lance romaine) puis une véritable crucifixion autant mise en image qu'en souffrance. Et c'est cette mort qui va à la fois tuer mais aussi sauver l'essence de Murphy. Bien évidemment, la partie humaine va être réduite à une poignée d'os et de cervelle, sans compter un visage hommage non irriguée mais présentant malgré tout une belle teinte rosée, mais la partie flic et sens du devoir va être émulée au possible, tout comme le sens du sacrifice qui restera plus fort que celui de la vengeance et qui permettra, dixit Robocop II , de mettre en place un cyborg unique, non duplicable, vu qu'aucun produit de cet univers machiste et viril qu'est la police ne parviendra à surmonter la perte de tout ce qui le caractériser au profit d'une vie quasi éternelle. La mort n'est donc pas qu'une question de physique mais aussi d'âme et Murphy est malgré tout parvenu à garder la sienne ... ce qui rend caduque la version 2001 – Directives prioritaires où est crée en un épisode et demi un double black de Robocop via l'exécution d'un John Cable, alter ego de Murphy mais sans sa même force d'implication.

La vengeance reste de son côté un leitmotiv fatal faisant bon ménage avec la mort, celle ci consentant même à relâcher des victimes qui peuvent ainsi faire expier leurs pêchés à leurs bourreaux sans autres formes de procès. On pensera évidemment à The Crow mais aussi à Ghost Rider 2ème génération (comprendre pas celui avec Johnny Blaze) qui, dans une atmosphère gothique d'outre tombe court après leur rédemption tout en protégeant les innocents. Les démonstrations sont en fait si nombreuses qu'on pourra citer en vrac Spiderman et la mort de Gwen Stacy intimement liée à celle du premier Bouffon Vert, The Flash de Terre 1 dont la femme meurt avec celle de Barry Allen sur Terre II, Spawn bien sûr et autres Faust (bien que le traitement cinéma de ce dernier vire rapidement au grand guignolesque)...

 

Néanmoins, la vengeance mortelle peut aussi conduire à une reconsidération puis une reconstruction de soi, permettant de couper les liens avec une vie précédente afin de se protéger ou de protéger ce qui nous est cher. Tarantino dans Kill Bill l'a bien compris et nous offre un ballet mortel s'effectuant entre quelques membres d'une brigade d'assassins qui , suite à une cérémonie de mariage contrariée vont devoir affronter l'un de leur élément le plus actif et paradoxalement le plus pacifiste jusqu'à un final éblouissant de simplicité avec le décès de Bill qui signifie la libération complète et sans remords d'Uma Thurman. La mort permet donc de construire et pas seulement de détruire pour nous14.jpg offrir des personnages bien plus complexes et bien plus fouillés que la normale. Tous les personnages ayant la mort dans leur processus de construction sont généralement plus torturés, plus marginaux aussi, tout un chacun espérant inconsciemment ne pas avoir à l'affronter dans un futur proche. Prenez Konoha et son citoyen le plus emblématique, Naruto. Synonyme de démon enfermé et de la mort quasi totale de l'élite de son village , il va devoir vivre avec ce passif pour finalement se faire accepter de tous, transformant la mort passée en une joie de vivre communicative via une conception de Nido assez particulière. Oroshimaru, en tant que Bad Guy sera lui aussi extrêmement intéressant, au même titre que Gaara du désert , via une approche de la mort assez remarquable, l'un voulant la dépasser, l'autre lui étant intimement liée avec une motion paradoxale d'amour. Zabuza était aussi passionnant, véritable égal de Kakashi, mais c'est dans sa mort et celle de son acolyte qu'ils ont révélé leur beauté profonde. Idem pour Naruto d'ailleurs qui s'est totalement libéré en croyant assister à la mort de Sasuké et qui parvient à briser un nunjitsu génétique réputé inviolable. Il en ressort plus mature, ayant réellement compris ce qu'était l'engagement Ninja, et que la route d'Hockage serait parsemée d'épreuves.

Dans Dragon Ball, San Goku lui même préfère rester dans l'autre monde pour que le destin de la Terre ne repose plus entre ses mains mais dans celle de la relève. Ainsi, la mort peut être un véritable symbole de renouveau et pas un arc caricatural ou une fin en soi comme le pensait à tort le Masque de Mort du Cancer de Saint Seiya.

 

On achèvera ce chapitre sur le décès de Lionel Luthor dans la saison 7 de Smallville , poussé dans le vide par un Lex avide de pouvoir et embrassant totalement son côté obscur. C'est par la mort des autres qu'il y sera parvenu, éliminant même psychiquement son bon côté pour n'être que noirceur absolu. Paradoxalement, dans ce dernier plan sur le visage de John Glover, on peut entr'apercevoir un lueur d'apaisement, d’accomplissement conduisant au rachat des péchés de Lionel qui parvient alors à dépasser les dernières paroles de son fils : j'ai grandi dans ton ombre, tu périras dans la mienne. C'est tout le contraire, Lex a effectivement grandi dans l'ombre de Lione15.jpgl mais l'âme de Lionel noiera à tout jamais celle de Lex dans la lumière. Mais un tel personnage ne part pas sans laisser de traces. C'est tout le casting de la série qui va se retrouvé affecté par cette brutale disparition, preuve encore une fois que la mort peut être source de redéfinition. Clark a perdu son émissaire kryptonien et un allié de poids, Lex son père (et a trouvé accessoirement une fortune considérable à ajouter à la sienne), la série un contre poids équilibrant les forces du centre à la fois bonnes et mauvaises, le côté Janus de ce Luthor n'existant pas dans les autres rôles. Plus fort encore, l'assassinat de Lionel va conduire à une nouvelle mise en abîme de son souvenir et laisser une impression de changement de personnalité après laquelle il aura couru durant ses dernières années.

 

On finira aussi par citer la série Scrubs dans laquelle John Dorian perdra une grande partie de son innocence suite au décès du personnage interprété par Brendan Fraser, décès qui changera aussi la conception qu'on sur la vie Cox et consort, le show devenant subitement plus mature en cette fin de saison assez dramatique dans sa mise en scène. La mort, plus qu'un moment d'abandon peut donc être retranscrite comme une étape dans la vie des survivants.

 

Suite et fin Lundi prochain!

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